
Nota Bene Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Histoire, Cinéma, Edition en Ligne Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Mièvrerie, Extrémistes & Trolls Ne Sont Pas Les Bienvenus |
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Vieux_Renard
Piège à Vieux Corbeaux.



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Sujet: Patricia Highsmith. Lun 16 Jan - 17:08 |
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 Éditeur : Calmann-Lévy (2000) Collection : Calmann-Lévy suspense Format : Broché - 297 pages
Quatrième de couverture : Herbert Greenleaf, richissime armateur américain, charge le jeune Tom Ripley de retrouver son fils Dickie, parti depuis deux ans goûter aux douceurs de la dolce vita. Une aubaine pour le très cynique, très intelligent et très immoral Mr. Ripley, prêt à tout - vraiment à tout - pour connaître lui aussi richesse et vie facile. Arrivé en Italie, Ripley rencontre effectivement Dickie, trouve son existence extrêmement séduisante et commence à échafauder un projet diabolique : prendre sa place...
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Vieux_Renard
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Sujet: Re: Patricia Highsmith. Lun 16 Jan - 17:21 |
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Comment sombrer peu à peu dans la folie meurtrière jusqu'au point de non retour ? C'est la question que pose Patricia Highsmith en nous racontant l'histoire de Tom Ripley.
C'est bien écrit et plaisant à lire, mais la véritable force de ce roman réside selon moi dans la personnalité de Ripley, anti-héros par excellence. Rien n'est prémédité à la base et les doutes qui ébranlent son esprit au fur et à mesure qu'il échaffaude ses plans diaboliques le font ressembler au commun des mortels. Ca change du tueur ultra organisé au sang froid implacable ! J'ai adoré.
Outre le film (assez moyen, selon moi) d'Antony Minghella sorti en 2000, une 1ère adaptation (Plein Soleil) du roman, réalisée par René Clément, avait déja vu le jour en 1956. Alain Delon y donnait la réplique à Marie Laforêt. A noter toutefois qu'il s'agissait d'une adaptation plus morale mais moins fidèle au livre que celui de Minghella puisque le héros se faisait prendre à la fin.
_________________ Merci de ne plus m'envoyer de MP (adresse messagerie internet absolète).
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Masques de Venise
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Sujet: L'Inconnu du Nord-Express. Mar 28 Fév - 16:55 |
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Strangers on a train Traduction : Jean Rosenthal
C'est le premier Highsmith que je lis - comme quoi, ne désespérez jamais. Bien sûr, comme tout le monde, je connais le film d'Hitchcock, réalisation brillante où, aux côtés d'un Farley Granger qui convient admirablement, je trouve, au caractère veule et influençable de Guy Haines, on se rappelle surtout le prodigieux Robert Walker.
Mais Hitchcock avait pris des libertés avec l'intrigue de base. Sa victime par exemple, Miriam Joyce, il la transforme carrément en garce pas si sotte que ça et odieusement intéressée et manipulatrice. Haines est aussi joueur de tennis alors que, dans le roman, il est en fait architecte. De même, le personnage de Gerard, le détective privé, a été oublié.
Car dans le roman de Highsmith, il n'y a évidemment pas de happy end et Haines commet bel et bien le meurtre que lui a réclamé, en échange de celui de Miriam, le jeune et riche étranger croisé dans le Nord-Express.
Pourquoi finit-il d'ailleurs par s'introduire dans la maison de Bruno Sr et pourquoi l'abat-il de deux balles de révolver ? Highsmith met le paquet sur le harcèlement que, après avoir rempli sa part du contrat tacite qui, croit-il, le lie à Guy Haines, Charlie Bruno fait subir à ce dernier. Mais là où elle se montre proprement diabolique, c'est que, malgré son talent, qui est immense ; malgré son sens poussé d'une analyse psychologique qui confine à la véritable traque des sentiments, les bons et les moins bons, Highsmith ne cherche pas en fait un seul instant à nous convaincre.
Ce qu'elle veut que nous comprenions, c'est la fascination que Guy Haines, héros à peine un peu moins falot dans le roman qu'il n'est représenté dans le film, se met peu à peu à ressentir envers Bruno. Une fascination étrange, incontrôlable, qui va crescendo et qui, en parallèle avec la faiblesse de caractère de Haines, révèle les hésitations de sa sexualité.
Dès leur rencontre, Bruno est présenté comme un assez joli garçon qu'un furoncle, poussé au beau milieu de son front, défigure provisoirement. Or, ce furoncle luisant et qui inspire à tout lecteur ayant conservé le souvenir de ses années d'adolescence, une étonnante impression de souffrance, ce furoncle hypnotise presque Guy.
Comme l'hypnotiseront peu à peu - et pour longtemps - les manières de fils à papa déjanté et alcoolique qui sont celles de Bruno. Plus encore, comme l'hypnotisera probablement à tout jamais l'incroyable force de caractère du personnage.
Car le héros, c'est bel et bien Charlie Bruno. Oui, il boit comme une outre ; oui, les femmes le répugnent ; oui, il voue une adoration quasi mystique à sa mère, Elsie ; oui, c'est un éternel insatisfait, un éternel Oedipe qui ne conçoit pas qu'il ne puisse pas tuer ou faire tuer son père-rival ; oui, il est complètement cinglé et, avant que la mode des psychopathes ait envahi le polar américain, il présente les principaux traits de caractère de ces meurtriers si particuliers.
Mais Charlie n'en reste pas moins la seule valeur sûre de l'histoire, un petit garçon que le comportement des adultes qui l'ont élevé ont condamné à s'enfermer dans le mensonge et l'alcool et cependant un homme incapable de redouter la Mort.
A côté de lui, Guy Haines fait décidément bien pâle figure et le lecteur est heureux lorsque, un peu malgré lui, il finit par passer aux aveux. Mais Charlie est déjà mort depuis quelque temps à ce moment-là et dans un sens, cela vaut mieux parce que Guy entend bien obtenir moindre peine en rejetant la responsabilité de ses actes sur lui.
Comme le ferait, ma foi, le survivant d'un banal couple d'hétéros assassins.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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Dernière édition par le Mar 24 Juil - 17:07, édité 1 fois
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Masques de Venise
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Sujet: Patricia Highsmith. Dim 4 Fév - 20:04 |
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Rarement un écrivain se basant sur des intrigues policières pour exprimer son univers aura su y parvenir avec autant de profondeur dans l'étude des personnages. Et c'est si bien fait que le lecteur ne s'en rend pratiquement pas compte. A noter que le succès de Highsmith fut toujours plus grand en Europe qu'aux USA où elle était née en janvier 1921.
Après de bonnes études à New-York, où elle fut élevée par sa grand-mère, Mary-Patricia Plangman se tourna vers les scénarii de BD et puis commença à plancher sur le manuscrit de "L'Inconnu du Nord-Express", brillante variation sur le thème du meurtre mutuel qui allait inspirer à Alfred Hitchcock l'un de ses meilleurs films.
Cinq ans plus tard, Mr Ripley fait son apparition sur la scène de l'édition et connaît un succès phénoménal. Mais Highsmith, qui est lesbienne, se sent un peu à l'étroit dans son pays natal et émigre en Europe. Jusqu'à sa mort, en 1995, elle n'a cessé d'écrire, entourée de ses chats mais assez loin des humains et des mondanités.
Comme elle le disait elle-même, elle n'avait guère de goût pour le roman policier classique. Voilà pourquoi ses romans, en dépit des apparences, n'en sont pas vraiment. Certes, on y croise des meurtriers mais ce qui intéresse Highsmith se tient toujours bien au-delà : pour elle, le meurtre n'est qu'un incident dans une histoire beaucoup plus vaste qui revêt parfois des intonations purement sadiennes.
Les amateurs de thrillers purs et durs seront donc déçus. Les autres, par contre, seront ravis de découvrir son oeuvre, romans et nouvelles. 
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Masques de Venise
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Julie
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Sujet: Re: Patricia Highsmith. Mer 23 Jan - 12:11 |
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J'ai vu une biographie de Highsmith à la librairie anglaise hier, mais comme j'avais déjà les bras chargés et que je n'ai pas encore lu Ripley... mais la vie de cette dame m'intéresse. Et la biographie a l'air très fouillée, retraçant à la fois la vie et les influences de la romancière.
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Julie
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Sujet: Le Talentueux M. Ripley Jeu 27 Mar - 12:34 |
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J'ai lu M. Ripley moi aussi, et j'ai beaucoup aimé. Le roman n'est pas très épais et j'avais peur qu'il ne soit pas assez creusé, mais il l'est, tant les sous-entendus sont riches chez Highsmith. Comme le dit Vieux Renard Ripley n'est pas un tueur de sang-froid et on s'identifie à lui jusque dans ses accès de panique lorsqu'il ne sait pas quoi faire d'un cadavre. Il est à la fois attachant et répugnant, monstrueux et ordinaire, et surtout très séduisant. Highsmith excelle à décrire des sentiments imprécis et des relations bizarres (homosexualité latente et vol de personnalité entre Ripley et Dickie Greenleaf, relation ambiguë entre Dickie et Marge, une jeune romancière américaine qui vit dans le même petit village d'Italie). Son style est précis et fluide, son sens de la psychologie très aigu (elle s'est passionnée pour le sujet toute sa vie) et le scénario de ce roman est impeccable. On est content de pouvoir retrouver Ripley dans d'autres oeuvres de cet auteur.
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gemini
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Sujet: Re: Patricia Highsmith. Jeu 27 Mar - 12:41 |
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J'ai vu le film "Le talentueux Mr Ripley" et j'ai bien aimé, ce n'est pas un chef d'oeuvre mais l'histoire est bonne. Patricia Highsmith a incontestablement trouvé le moyen d'attirer son lecteur. D'elle j'ai lu un recueil de nouvelles très fort en ambiance, ça m'a beaucoup marquée. Il faudra que je continue d'explorer sa production.
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Ipomée
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Sujet: Re: Patricia Highsmith. Mer 14 Mai - 10:16 |
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Ayant lu toute l'oeuvre de Patricia Highsmith, je suis d'accord avec les commentaires précédents. Sans les paraphraser: c'est un auteur qui donne ses lettres de noblesse au polar et font que ce genre littéraire est aussi et parfois de la littérature à part entière, n'en déplaise à ses détracteurs, à ceux qui voudraient cantonner le polar dans le domaine des romans de gare et de la sous littérature du pauvre.
Patricia Highsmith domine le Top 50 des plus grands écrivains de polars selon le classement publié par le “Times” le 18 avril.
Comme il faut bien ranger les livres sur des étagères et les éditer dans des collections, Highsmith a été rangée dans les polars, elle qui disait n'avoir jamais lu de polars d'investigation, type Sherlock Holmes ou Agata Christie. On peut la classer dans le polar, ou le roman noir, il y a meutre, enquête, victime, assassin, mais ce n'est pas que ça. Je la mettrais plutôt aux côtés de Dostoïevski et d' Henry James. Ce n'est pas un écrivain pour amateurs de polar-distraction-du-moment, et elle n'a rien à voir avec le genre Higgins-Clarke ou Patricia Mac Donald, auxquelles on l'assimile parfois, seulement quand on ne l'a pas lue.
Petit tour du Net à propos de Patricia Highsmith: Je recommande pour les lecteurs pressés la petite bio d'un excellent site consacré au polar. "Toutes les mamies qui trempent leurs plumes dans le sang sont forcément baptisées "reines du crime". Sévère bousculade donc sur le trône. Il en est une pourtant qui mérite vraiment les joyaux et la couronne : Patricia Highsmith, souveraine au rayon suspense et perversité. Une femme d’angoisse et de mystères...[...] polars.org: http://www.polars.org/spip.php?article33
J'ai cliqué sur ton lien, Masques de Venise, et j'en ai recherché d'autres:
Sisyphe.org : http://sisyphe.org/article.php3?id_article=1695 La Bibliothèque Nationale Suisse: http://www.nb.admin.ch/slb/aktuelles/ausstellungen_und_veranstaltungen/00820/01075/index.html?lang=fr Les Carnets de JLK: http://carnetsdejlk.hautetfort.com/patricia_highsmith/
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