 Nota Bene Forum Littéraire Résolument Atypique Tapissé de Mots, de Livres, de Littérature ... Exclusivement Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés mais Non-enclins à la Mièvrerie |
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Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14347 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Thomas Tryon. Lun 31 Juil - 21:38 | |
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Harvest Home Traduction : Mireille Davidovici.
Je l'ai lu quand j'avais 14/15 ans et j'en étais sortie horrifiée. Aujourd'hui, avec l'âge, je le vois surtout comme une sorte de contraire des "Femmes de Stepford" d'Ira Levin mais je continue à le trouver extrêmement misogyne (il y aurait beaucoup à dire, de toutes façons, sur le matriarcat américain) mais aussi inférieur au "Visage de l'Autre", du même auteur.
Théodore (dit Ned) et Bethany (dite Beth) Constantine (nom d'origine grecque qui constitue une sorte de clin d'oeil affreusement noir, on s'en rend compte à la fin du roman) ont une fille d'une douzaine d'années, Kate, que la vie citadine (et certains différends entre ses parents) ont rendue allergique à presque tout. Aussi décident-ils de s'installer à la campagne, très précisément à Cornwall Coombe, petit village retiré de la Nouvelle-Angleterre. Ils y achètent une maison superbe à la postière du coin, Tamar Penrose, descendante des fondateurs de la communauté.
A vrai dire, comme c'est d'ailleurs le cas dans nombre de villages, américains ou non, quelques grandes familles se partagent l'histoire du lieu. Avant tout ici les Penrose, lesquels semblent s'être unis au cours des siècles à pratiquement toutes les autres familles de Corwall.
Autre figure représentative du lieu : la veuve Fortune, qui gère seule la ferme que lui a léguée son mari, mort il y a déjà pas mal d'années. Aimable, énergique, posée, se promenant toujours avec une large paire de ciseaux pendue à sa ceinture afin de couper là une mauvaise herbe, ici tout bêtement un bout de tissu ..., la veuve Fortune fait beaucoup pour que les Constantine finissent par s'adapter au village - ou, plus exactement, pour que le village s'adapte à ces nouveaux venus.
C'est elle qui, la première, leur explique certains rituels propres au bourg comme, par exemple, la foire d'Agnès, qui doit son nom, selon la légende, à une jeune fille qui osa un jour maudire la récolte. Sous le poids du remords, l'esprit d'Agnès - qui avait trouvé la mort entretemps - revint plus tard donner aux malheureux villageois une recette qui les garantirait à jamais de la détresse et surtout de la Famine.
Pourtant, treize ans auparavant, Ned l'apprend le premier, quelque chose s'est passé qui aurait pu ramener la pénurie. Quelque chose ayant un rapport avec l'élection du Seigneur du Maïs - un jeune homme que l'on désigne tous les sept ans - et son "mariage" rituel avec la Dame du Maïs lors de la traditionnelle Fête de la Moisson.
Esprit trop curieux, qu'étonne peu à peu des incidents survenus çà et là ainsi que des propos contradictoires entendus au hasard de ses flâneries, Ned n'aura de cesse de connaître la véritable histoire de cette Fête des Moissons qui tourna si mal. Et quand il commencera à se faire une idée exacte de ce que dissimulent en réalité les rituels agricoles de Cornwall Coombe, il signera ainsi non son arrêt de mort mais bien pire.
Un bon roman d'épouvante, très bien mené mais dont les ficelles paraissent tout de même infiniment plus grosses que celles utilisées dans "Le Visage de l'Autre." A titre anecdotique, son auteur, Thomas Tryon, qui débuta en tant que comédien, tint le rôle-clef dans "Le Cardinal" d'Otto Preminger.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Dernière édition par le Ven 28 Sep - 19:07, édité 3 fois |
|  | | Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


   Age : 38 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 3311 Localisation : Autres dimensions... Emploi : Ecolière... Loisirs : Le rêve...
| Sujet: Re: Thomas Tryon. Mar 1 Aoû - 20:04 | |
| Je n'ai pas lu ce livre mais celui que tu cites "Le visage de l'autre".
Je dois ici confesser que je n'ai strictement rien compris. Mais à un point rarement égalé...
 _________________ "Connais-toi toi-même." |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14347 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Thomas Tryon. Ven 28 Sep - 19:28 | |
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The Other Traduction : Colette-Marie Huet
Aïe ! Séraphine ! Si je te raconte tout ici, je dévoile tout ! ... Et ce serait dommage !
"Le Visage de l'Autre" se présente sous la forme d'un journal tenu par un pensionnaire d'asile psychiatrique. Ce narrateur évoque son enfance et en particulier les faits qui ont marqué sa famille après la mort accidentelle de son père. A partir de là, tout semble être allé à vau-l'eau, comme si une étrange malédiction s'abattait sur les survivants.
Nous entrons de plein pied dans le vaste domaine familial où errent et s'amusent Niles et Holland, les fils jumeaux du disparu et où résident par ailleurs leur oncle George, leur tante maternelle, Vee, leur cousin, Russell, leur demi-soeur Torrie et son mari, Rider, et, bien entendu, leur grand-mère, Ada. Leur mère, Alexandra, vit pratiquement recluse dans sa chambre depuis le décès de leur père - le lecteur le comprendra assez vite, la malheureuse s'est mise à boire.
Il apparaît bientôt que, en dépit de leur bonne entente, les deux jumeaux possèdent des personnalités très différentes l'une de l'autre. Celle de Holland présente des coins d'ombre inquiétants. Mais Niles, bien entendu - et comme tout le monde - adore son frère, même si celui-ci tire trop souvent la couverture à lui ...
Et puis, soudain, les accidents reprennent : le cousin Russell tombe en jouant sur une fourche qui traînait dans une meule de foin, la vieille voisine a une crise cardiaque alors qu'elle recevait un visiteur dont on ignorera toujours l'identité ...
... et, ce qui est peut-être pire, Eugénie, le bébé que vient d'avoir Torrie, disparaît aussi ...
Le climat de ce roman évoque un curieux mélange d'après-midis dorés et insouciants et de forêts singulièrement oppressantes. Ou encore un paysage bien vaste, bien net dans lequel, inexplicablement, le spectateur perçoit quelque chose qui se déplace sans cesse mais sur quoi il a bien du mal à mettre le doigt.
Au contraire de Robert Bloch dans "Psychose", l'auteur ne triche pas et nous révèle bien des choses sur son narrateur avant la chute finale. En ce sens, "Le Visage de l'Autre" est largement supérieur à l'oeuvre de Bloch et on ne peut que regretter qu'Hitchcock n'ait jamais eu l'occasion d'en tirer un film.
Un livre incontournable, à mon sens, pour tous ceux qui aiment les histoires horribles. (Et de plus, ce n'est vraiment pas gore ... ) _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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