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 Le maitre:Stephen KingVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Séraphine
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Sam 3 Mai - 13:25

Bon, je me suis faite avoir !

Bande de voyoux !
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Sam 3 Mai - 22:44

Au fait, tu dis que tu n'as pas aimé ?
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Jeu 15 Mai - 21:00

Coucou Séraphine !


Fini Blaze.
J'ai bien aimé l'introduction ds laquelle King remet ce roman ds le contexte Bachman/King. J'ignorais d'ailleurs que Bachman ait eu du succès avant King, ce qui est quand même assez paradoxal - mais pas surprenant car Bachman est plus "classique" que King.
Un bon Bachman au demeurant, je dirais même peut-être le meilleur, toutefois je n'ai lu les Bachman qu'une seule fois chacun (et peut-être pas tous en plus) et n'en garde qu'un souvenir un peu imprécis (j'avoue). Je remets donc les Bachman ds ma LAL.
Blaze, donc. C'est drôle, en français ça m'évoque "balèze", or c'est comme ça qu'est ce héros : un balèze pas très futé, encombré d'une carrure hors du commun et d'un intellect inversement proportionnel.
Il est à noter que Bachman emprunte un thème que King développera très souvent par la suite, celui de l'enfance victime de la violence des adultes.
Un roman efficace, qui se lit avec intérêt jsq à la fin, une fin pas vraiment surprenante, et même plutôt ineluctable au vu du parcours de ce pauvre garçon.
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Ven 16 Mai - 15:44

Donc, du coup, tu as eu de la compassion pour le héros ?
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Ven 16 Mai - 19:07

Non. Je m'endurcis avec les années ! Mr.Red Et puis je me doutais bien que ça finirait mal. D'ailleurs, cela pouvait-il finir autrement ?

Au fait, pourquoi tu n'as pas aimé Brume ? Je l'ai bcp aimé, avec son ambiance bien affreuse, ses monstres bien horribles, un délice d'horreur ! je l'ai trouvé très réussi.
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Ven 16 Mai - 21:20

Brume ne m'a tout simplement pas fait peur.
Aucune émotion.
J'ai trouvé cela caricatural, sans grand effet.

Plat.

Quant à Blaze, si ce n'est pas de la grande littérature, j'aime bien les sentiments ambigüs qu'il génère.

T'as mis longtemps pour le lire ?

Moi, j'avais dévoré.
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Sam 17 Mai - 17:17

Deux soirées m'ont suffit.

Tiens, c'est quand même bizarre cette différence d'effets d'une personne à l'autre !
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MessageSujet: Christine   Mar 1 Juil - 18:00



Christine
Traduction : Marie Milpois


Il était une fois, dans la petite ville de Libertyville, en Pennsylvanie, deux amis d'enfance qui avaient traversé ensemble la maternelle, le primaire et le collège et qui, selon toute vraisemblance, s'achemineraient ensemble sur la voie de l'Université. Le premier, Dennis, vivait dans une famille soudée et, malgré les problèmes de l'adolescence, était plutôt bien dans sa peau. Le second, Arnold, dit Arnie, était fils de profs, (de ces profs qui avaient milité activement contre la guerre au Viêt-nam et prônaient encore la non-ingérence des USA dans les affaires de la planète même si, chez eux, leur fils unique n'avait pas le droit de faire un pas de travers sans leur assentiment), un couple où la mère dominait en menaçant de dévorer tous ceux qui faisaient mine de s'opposer à elle.

Dennis et Arnie étaient comme les deux doigts de la main. Dennis était introverti et Arnie, tout le contraire. Dennis était un crack au base-ball, Arnie restait toujours sur le banc de touche. Dennis était populaire et aucun malabar ne se serait risqué à l'attaquer, Arnie avait servi et servait encore de punching-ball à certains si l'occasion s'en présentait. Dennis ne savait pas encore très bien quelle carrière il choisirait, Arnie, bien sûr, ses parents voulaient le voir prof, comme eux mais lui, son plaisir, il le prenait surtout quand il réparait les moteurs cassés des automobiles.

Car Arnie, en mécanique, était un vrai génie : il avait le Don.
Evidemment, comme tout jeune de 17/18 ans, Arnie rêvait d'avoir sa voiture à lui. Evidemment, ses parents étaient contre : "L'argent, c'est pour tes études, Arnold ..."

... Et arriva le jour où, se promenant avec son vieux copain Dennis, Arnie LA vit : elle, Christine.

D'abord, il ne sut pas qu'elle avait un prénom. Il ne l'apprit que lorsqu'il eut versé les arrhes à Roland D. LeBay, le septuagénaire crasseux qui vendait sa voiture, une antique Plymouth Fury 1958. Mais quand il le sut, Arnie sut aussi qu'il était tombé amoureux de Christine et que, entre Christine et lui, ce serait à la vie, à la mort ...

Avec un génie unique, Stephen King a consacré toute sa vie d'écrivain spécialisé dans le fantastique à reprendre les vieux thèmes du genre et à en donner sa version personnelle. Rarement, celui de la possession, combiné avec celui de la hantise, aura atteint le niveau qui est celui de "Christine", histoire d'amour, d'amitié et de mort à la progression implacable dont la modernité, aussi rutilante que la carrosserie de Christine, se vit pourtant comme une tragédie grecque.

"Christine" ... Son obstination ... Sa fureur sans fin ... Elle vous hantera jusque dans la tombe, les amis ...
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MessageSujet: Shining   Mar 1 Juil - 19:00



The Shining
Traduction : Joan Bernard


En matière de maisons hantées, les références de Stephen King sont impressionnantes : "Maison Hantée" de Shirley Jackson ; "La Maison d'A-côté" d'Ann Rivers Siddons et "Dis-moi qui tu hantes" de James Herbert. On connaît aussi sa volonté de façonner à son échelle les mythes de l'épouvante. Avec "Shining", on n'est pas déçu.

A la classique maison hantée, King substitue un palace cinq étoiles, le légendaire Overlook Hotel qui, perdu dans les montagnes du Colorado et souvent livré au blizzard, n'ouvre qu'au printemps et en été pour accueillir célébrités et grosses fortunes. Dès sa création, diverses histoires ont couru sur l'Overlook mais à partir du moment où le richissime Horace Derwent (personnage visiblement inspiré de Howard Hughes) le racheta, dans les années trente, il est passé à la vitesse supérieure.

Tout cela, Jack Torrance, le nouveau gardien de l'hôtel pendant la saison morte, va l'apprendre en partie dans un mystérieux album relié en cuir blanc, abandonné dans la chaufferie où son travail l'amène régulièrement. Pour le reste, il mène sa petite enquête personnelle dans les archives du journal local de la petite ville de Boulder, lorsqu'il y descend pour faire d'ultimes provisions avec sa femme, Wendy, et son fils, Danny.

Par nature, Jack est curieux - écriture oblige. Pour l'instant, à peine sorti d'un alcoolisme qui a miné sa vie sociale et grandement menacé sa vie familiale, il travaille sur une pièce de théâtre qu'il désigne simplement sous le nom de "la Pièce." Mais l'idée d'écrire un livre sur l'Overlook vient peu à peu parasiter sa volonté, réelle, de travailler.

C'est que, des parasites, il y en a un nombre impressionnant, à l'Overlook. Enfant medium que son "compagnon imaginaire", Tony, a déjà mis en garde contre l'hôtel, Dany s'en est rendu compte dès l'instant où il est entré dans la première chambre, à la suite d'Ullman, le gérant qui, conformément à l'usage, faisait visiter les lieux à la famille Torrance avant de les abandonner à leur solitude pour tout l'hiver. Taches de cervelle sur le mur, taches de sang, cadavres depuis longtemps emportés qui encombrent encore les tapis, etc, etc ...

Le gore est pourtant peu présent dans "Shining." King n'y a mis que le nécessaire, se sentant probablement incapable de ne pas s'attarder aux horreurs de la chambre 217.

Mais la puissance du livre, c'est dans l'exposition des caractères, la complexité du triangle père-mère-fils, la trame serrée de l'intrigue et enfin dans la maestria avec laquelle King taille, recoud et renouvelle des thèmes aussi vieux que l'espèce humaine, qu'elle réside. Bien plus dangereux que les spectres entrevus dans les chambres, l'ascenseur, etc ..., un malaise, glauque, épais, étouffant, rampe vers le malheureux lecteur avec des sournoiseries dignes de l'énigmatique extincteur placé dans le couloir de la chambre hantée. On ne saura jamais si Horace Derwent était le mal incarné pas plus qu'on ne saura quelles cérémonies il a pu ordonnancer à l'Overlook - en admettant qu'il l'ait fait. On ne saura pas non plus ce qu'il se passe ou s'est passé sur le terrain de roque, avec les animaux de buis et la maison de poupées réplique exacte de l'Overlook. Il y aura en fait beaucoup de choses qu'on ne saura pas mais c'est bien ça qui fait la grandeur du livre. En ce sens, Stephen King s'est élevé aussi haut que Shirley Jackson - et n'est-ce pas le meilleur compliment qu'on puisse lui faire sur son "Shining" ?
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MessageSujet: Salem   Mar 1 Juil - 21:26



'Salem's Lot
Traduction : Christiane Thiollier et Joan Bernard


King s'attaque ici au vampirisme en l'associant au thème de la maison hantée. La sauce toutefois, en ce qui me concerne, a toujours autant de mal à prendre.

Ce roman souffre d'un déséquilibre flagrant dans la construction.
La première partie, qui s'étend à peu près jusqu'à ce que Mike, le fossoyeur, cherche refuge chez le Pr Burke, est royale : elle pose avec efficacité l'action, les personnages ainsi que les histoires qui courent sur Marsten House. Malheureusement, à partir du moment où le Pr Burke appelle Ben Mears en catastrophe, à deux ou trois heures du matin, pour lui relater tout ce qu'il a vu et entendu dans la chambre où il avait abrité Mike pour la nuit, il y a, pour moi, comme une rupture : dans le ton mais aussi dans la trame des faits.

Plus grave encore : la facilité avec laquelle les personnes à qui se confient Burke et Mears acceptent l'idée que plusieurs morts-vivants rôdent le soir dans leur ville est confondante.
Il est difficile d'y croire. Personnellement, il m'a été impossible de le faire. Et je me rends compte que j'ai lâché le mot "facilité" alors que King est à mes yeux synonyme de difficulté et de complexité. C'est là, j'en ai peur, que le bât blesse.

De surcroît, les vampires qui s'installent peu à peu à Salem's Lot apparaissent comme des caricatures sans réelle profondeur. Le "seigneur" qu'ils servent lui-même n'a pas plus de consistance : censé incarner le Mal, il ressemble à un pantin qui répèterait, en tentant de les mettre au goût du jour, les pires dialogues des films de série B sur le vampirisme.

Dans "Christine", dans "Shining", il n'y a pas un seul personnage, de premier ou de second plan, "bon" ou "mauvais", qui ne jouisse d'une dimension psychologique finement travaillée. Dans "Salem", seul Ben Mears - prototype de cet écrivain hanté qui suivra King dans tant de ses romans - est le seul à tirer son épingle du jeu avec, peut-être, le jeune Mark : l'homme et l'enfant, un binôme qu'on retrouvera très souvent chez le romancier car quand il écrit, King gère à la fois l'enfant qu'il fut et l'adulte qu'il est devenu, personnalité double perpétuellement "branchée" sur ses ténèbres intérieures. Et ce n'est pas un hasard si Ben et Mark sont les seuls survivants sains de Salem, si ce sont eux qui, au final, se résolvent solennellement à éradiquer toutes les cachettes où les vampires ont pu trouver refuge.

A tort ou à raison, je vois dans "Salem" le brouillon encore assez balourd de l'un des grands livres de King : "Bazaar." Mais les défauts de l'oeuvre ne sont pas rhédibitoires au point de m'empêcher de la relire de temps à autre ...

... Et puis, comment ne pas fermer les yeux sur les inégalités de tel ou tel roman de King quand on sait que c'est lui qui, avec Lovecraft, Machen, Jean Ray et quelques autres, vous a donné la clef de quelques uns de vos plus extraordinaires cauchemars ? ...
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MessageSujet: Re: Le maitre:Stephen King   Mer 2 Juil - 8:38

Bravo pour ces critiques !

Salem, avec Bazaar, est un de ceux sur lequel j'accroche le moins, le côté humain y étant moins présent, or c'est ce que j'aime bcp chez King. De ce point de vue là, l'amitié entre Dennis et Arnie (Christine) est bien rendue, notamment l'éloignement de deux jeunes gens quand leurs centres d'intérêt divergent, comme ça devient souvent le cas lsq on devient adulte. J'ai également bcp aimé la transformation d'Arnie. Ce que j'aime chez King c'est cette infime alchimie si semblable à la réalité, Arnie par ex gagne en maturité et en affirmation de soi, mais ce qui pourrait être positif est en fait l'expression (la partie visible de l'iceberg) des transformations négatives qui s'opèrent en lui. Comme souvent, King se révèle extrèmement doué dans ce texte relativement court.

Si Salem m'attend ds la PAL à côté de mon lit, c'est en fait Cujo qui, en ce moment, me fait de l'oeil sur une des étagères de ma bibliothèque...
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