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Graham Masterton

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Masques de Venise
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MessageSujet: Graham Masterton   Lun 16 Mai - 9:15



Parmi les adeptes de littérature fantastique, très rares sont ceux qui ne rendent pas un culte à Howard Philip Lovecraft. Mais, parmi les écrivains qui font dans le fantastique, encore plus rares sont ceux qui ont su rendre hommage au « Solitaire de Providence » tout en restant fidèle à son univers. L’Ecossais Graham Masterton est de ceux-là, ce qui confère à son roman « Apparition » une saveur et une logique lovecraftiennes tout à fait exceptionnelles.

Tout commence dans une vieille demeure victorienne de l’île de Wight que le héros, David Williams, a accepté de restaurer pour le compte d’un couple de millionnaires, les Tennant. Dès le départ, nous nous trouvons face à un homme perclus de problèmes : son épouse l’a quitté pour fuir avec un autre mais elle lui a laissé leur fils, Danny. Déboussolé et ayant abandonné sa petite entreprise de décoration d’intérieur, David espère que cet été consacré à relever une maison et son parc leur donnera à tous deux le temps de « souffler » un peu et de voir venir.

Mais le lendemain-même du jour de leur emménagement, il est réveillé à l’aube par une espèce de grattement frénétique :fk: provenant du grenier. Bien entendu, notre héros n’hésite pas à se lever et à s’en aller aux renseignements. Cependant, à part une sensation de peur glaciale qu’il ne parvient pas à s’expliquer et qui s’empare de lui lors de son exploration du grenier, il ne décèle là-haut rien de particulier.

Après leur petit-déjeuner, les Williams père et fils sortent découvrir leur nouveau domaine. Mais comme ils se retournent machinalement pour avoir une vue d’ensemble de Fortyfoot House, quelle n’est pas leur surprise de constater que la façade de la maison leur apparaît en excellent état ! Certes, il y a dans cette vision quelque chose de mal ajusté, une espèce de flou qui leur rappelle une photo du lieu prise dans les années 1880 et qu'ils ont eu tout loisir d'observer dans le hall. Mais l’illusion reste impressionnante. Les jardins eux-mêmes semblent retaillés à la française alors que, en cette fin des années 1990 où se situe le début du roman, la Nature les a largement récupérés ... :fhelp:

Et voici que, sortant de cette maison « rajeunie », un homme de haute taille et vêtu de façon carrément anachronique, s’éloigne à grandes enjambées vers le bois voisin sans se soucier des appels que lui adresse David ...

A peine l’étrange personnage a-t-il disparu que, poursuivant leur tour du propriétaire, ils tombent sur une espèce de chapelle aux murs envahis par la végétation. Entre deux rameaux de lierre, émerge çà et là un détail : un pied, le bas d’une jupe, puis un visage de femme, beau mais peu sympathique. Poussés par une curiosité compréhensible – le thème de cette fresque déconcerte dans un lieu en théorie consacré - ils dégagent la silhouette peinte et constatent qu’elle porte sur son épaule une espèce de gros rat ...

Enfin, en quittant la chapelle, le père et le fils débouchent parmi les stèles et les croix d’un petit cimetière où n’ont été enterrés que des enfants, tous décédés très jeunes et, chose pour le moins curieuse, à la même date … :jdange:

Bien sûr, tout cela est couru d’avance et l’on peut trouver pareille situation dans n’importe quel film d’épouvante. Mais ce que l'on n'y trouvera pas - peut-être parce qu'il n'y a, si mes souvenirs sont bons, qu'un seul cinéaste qui ait jamais osé s'attaquer à Lovecraft - c'est la récupération que fait ici Masterton de Brown Jenkins, personnage apparu dans « Les Rêves dans la Maison de la Sorcière », l’une des nouvelles les plus fameuses de l'écrivain de Providence. Pas plus qu'on n'y trouvera la diabolique habileté avec laquelle Masterton rentre de plein pied dans le mythe fabuleux inventé par l'auteur américain, celui des Grands Anciens - la tentative cinématographique dont je parle plus haut se solda par un échec : filmer Lovecraft est impossible, même quand on s’appelle Roger Corman.

Car, hanté comme il l'était par l’idée de dimensions parallèles et de distorsions du Temps qui, à la faveur de quelques passages protégés – des angles bizarres, en règle générale – permettent ainsi à l’initié de voyager sans problème au travers des siècles et de l’espace, Lovecraft aurait sans nul doute apprécié la façon dont s’y prend Masterton pour faire cohabiter à la fois plusieurs mondes et plusieurs époques dans l’espace en apparence limité et bien concret de Fortyfoot House.

En revanche, Masterton rompt avec la tradition lovecraftienne des fins malheureuses et particulièrement épouvantables. Après près de 360 pages qui maintiennent le lecteur en haleine, « Apparition » se termine de façon heureuse et même logique. Attention ! Ce que je vous en dis là n’est pas une raison pour utiliser ce roman comme un calmant de vos insomnies ! :insom:

Enfin, et c’est là, je pense, le plus grand compliment qu’on puisse faire à Masterton, ce livre ne peut qu’inciter ceux qui ne connaissent pas encore l’œuvre de Lovecraft à s’y plonger sans coup férir. Jelisavecplaisir
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Séraphine
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MessageSujet: Le portrait du mal - G. Masterton   Jeu 6 Avr - 23:19

J'avoue que je trouvais la réputation de cet auteur surfaite quand je lisais : "héritier de Lovecraft". Et puis quoi encore ! Le maître est intouchable ! Quand j'ai eu en main cet ouvrage, j'ai été découragée dès les premières pages très "gore".
Et puis, ma bonne conscience de lectrice a pris le dessus. J'ai continué. A raison. Le livre "décolle" vraiment au bout de 50 pages.
Intrigue : 12 personnes vivant depuis des siècles cherchent à récupérer un tableau dans lequel elles sont représentées, afin de se libérer d'une malédiction : celle de vivre toujours en souffrant la décrépitude des siècles. Seul moyen de survie : renouveler sa peau en volant...celle des êtres humains. Particulièrement horrible et vicieux. Je vous passe les scènes de ces "vols"...
Mais l'histoire n'est qu'un prétexte pour rendre un hommage magistral au grand Oscar Wilde, qu'on devine en filigrane dès la moitié du bouquin. Nombreuses allusions au "Portrait de Dorian Gray" et réflexions sur la Peinture. Rappelons qu'elle a toujours été considérée comme un reflet "magique" de l'âme humaine. Et dans ces considérations là, G. M. est bon, vraiment bon.
Je n'en dis pas +. Si non que pour les amateurs de Wilde, c'est à lire. (Accrochez-vous pour certains épisodes très durs...).
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Masques de Venise
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 9:26

Masterton a été l'un des meilleurs. J'écris "a été" parce que son "Rituel de Chair" par exemple, je l'ai trouvé inepte au dernier degré.

"Le Portrait du Mal" a été le premier de ses livres qui m'aient vraiment accrochée, plus que "Manitou." C'est vrai que les premières pages sont presque insoutenables mais peu à peu, le roman prend de la vitesse et s'avère d'une rare complexité - d'une ambiguïté rare aussi puisque, à la fin, on se demande tout de même qui était le véritable responsable de tout ça : les gens du portrait ou le peintre ?

Sinon, de Masterton, j'ai beaucoup apprécié "Walhalla", qui n'est pas sans évoquer "Shining" de King mais dont le sujet similaire est traité de façon tout à fait différente ; "Démences", un renouvellement de la hantise là-encore, de même que "Le Démon des Morts" ; "Hel", "Le Miroir de Satan" et "Sang Impur." Sans oublier "Kathie Mc Guire" qui tient plutôt du polar.

Mais des trucs comme "Corbeau", "Tengu", ... en revanche, je les ai trouvés inférieurs au reste de sa production.

Du point de vue de l'hommage à Lovecraft, le meilleur, c'est "Apparition" avec la figure de Brown Jenkins. Tu l'as lu, Séraphine ?
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 10:53

Eh non, je l'ai pas lu. J'avais tenté Tengu et laissé tomber. C'est un miracle si j'ai poursuivi le portrait du mal. Je me disais hier soir après avoir posté le message que ce genre d'écrivain est réellement sous l'emprise de son éditeur et de la deadline qu'on lui impose. Ce gars là publie à un rythme d'enfer (ça doit être stipulé dans son contrat).

On voit bien que pour débuter un roman, c'est "laborieux". Après, il rentre dans son univers mental et c'est de bon niveau. Je vais suivre ton conseil, c'est à dire sélectionner le "meilleur". Mais lire tout, non merci. Par exemple, Anne Rice me paraît d'un niveau bien supérieur avec le thème du vampirisme qu'elle a si bien su renouveler (chapeau bas).

Quant à Lovecraft, solitaire et amoureux des chats comme moi, j'ai du mal à accepter la comparaison. Ce type était unique, son oeuvre, sa vie (triste...). J'aime l'écrivain et l'homme. Bref, touchez pas à Lovecraft, bande d'épigones !!!!

Je profite de ce message pour poser une question philosophique, mais j'attends ton avis. Peut-on dissocier l'oeuvre de l'homme ? Doit-on le faire ? En d'autre termes, puis-je parler d'un auteur excellent dans ce forum mais au parcours trouble dans les années 30 (certaines accointances nazies à un moment, accointances avec occultistes douteux...). Pourtant, sa "patte" littéraire est indéniablement talenteuse. Euh... J'attens ton conseil. Bien entendu, ce genre de pb concerne bien d'autres grands ( J. Verne et P. D'Ivoi bien connus pour l'antisémitisme. Faut-il jeter leurs livres ? Ou doit-on considérer qu'ils étaient les produits "conditionnés" d'une époque ? Bref, censurer ou pas ?) Je me suis souvent posée la question avec les peintres : Caravage qui était un voyou notoire par exemple, Cellini un voleur... Qu'en penses-tu ?
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Julie
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 11:25

Ton message ne m'est pas adressé, Séraphine, mais comme je trouve que c'est une question très intéressante, je me permets de mettre mon grain de sel...

J'ai un avis assez tranché là-dessus, et je ne sais pas ce que les autres en penseront (Il serait intéressant d'avoir une discussion à plusieurs sur ce thème), mais je crois qu'il faut dissocier l'homme de l'oeuvre si celle-ci a autre chose à apporter que des incitations à la haine ou des idées douteuses. L'histoire se charge de toute façon en général de faire le tri : Brasillach n'est plus beaucoup lu aujourd'hui par exemple mais je ne crois pas que Céline bénéficierait d'un tel rayonnement s'il n'avait publié que ses essais anti-sémites. D'ailleurs, ce sont ses romans que les gens lisent, pas ses essais (dont certains n'ont même pas été republiés depuis leur première parution, me semble-t-il). Les accidents de parcours politique ou idéologique ne sont pas rares chez les écrivains, mais je ne pense pas que ce soit une raison suffisante de se priver de leurs livres s'ils en valent la peine... (Mais ça n'est pas moi qui décide de ce qui est publié sur le forum : à toi la parole, Masques de Venise !)
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Séraphine
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 12:13

Merci Julie. Sur le fond, je te suis. Car nous sommes tous sujets aux erreurs et au conditionnement. Qui peut échapper à son époque ? Chaque moment a son lot de manipulateurs publics qui éloignent l'être humain de sa conscience intime, généralement beaucoup plus pure... Etre artiste, c'est aspirer à l'élévation. C'est intermittent, certes, mais je pense qu'au moment où l'homme CREE, il devient AUTRE. Il devient supérieur à ce qu'il est d'ordinaire. Bref, la littérature est une transcendance comme une autre. Mais bon je comprends aussi que certains parcours peuvent choquer et on dira toujours : tiens, elle lis ça, donc elle EST ça...

Appliquons le conseil de Verlaine :
"De la nuance,
Encor de nuance"...

Mais on sait bien tous sur ce site que ce monde est devenu manichéen, donc ridicule de mensonge car on efface justement toutes les "colorations" intermédiaires. Bref, je bavarde, je bavarde, attendons l'opinion de MDV..
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 14:36

Je pense quant à moi que l'être humain est bien trop complexe pour que, chez l'artiste, on ne dissocie pas l'homme (ou la femme) de l'écrivain, par exemple.

Le cas de Céline est évidemment celui qui vient tout de suite à l'esprit. "Voyage ..." est pour moi un grand livre où Céline renvoie tout le monde dos à dos : pour ce Céline-là, non seulement il y a des salauds partout mais encore son Bardamu - son double ou pas ? - met toute son énergie à se définir lui-même comme un salaud intégral.

En revanche, je n'ai jamais lu ses pamphlets anti-judaïques, tout d'abord parce que ça ne m'attire vraiment pas, ensuite parce que le style pamphlétaire est toujours difficle à manier et à lire.

Dans le cas de Céline, la tendance au manichéisme forcené qui nous vient des horreurs de la Seconde guerre mondiale (mais qui culmine à mon avis pour la dernière fois en ce début de siècle tend à faire de lui un épouvantail) : qu'il s'agisse d'un épouvantail révéré par ceux qui apprécient l'écrivain, ou d'une espèce de Guy Fawkes bon à passer sur le bûcher pour ceux qui ne veulent retenir de lui que ses écrits anti-judaïques.

A mon avis, aucune de ces deux visions n'est exacte.

Le cas se pose, à un degré moindre, pour Lovecraft et je crois me rappeler une discussion animée qui m'avait opposée sur la question avec deux membres de NB : un qui n'en fait plus partie et un autre qui ne poste plus depuis que j'ai soutenu que la traite négrière islamique et pré-islamique avait fait plus de dégâts que la traite atlantique.

Pour "le Solitaire de Providence", je trouve inadmissible que l'on préjuge d'une attitude qu'il n'a pas pu avoir puisque, si mes souvenirs sont bons, il est mort soit en 37, soit en 39. Lovecraft l'anti-judaïque a tout de même épousé une juive - mais chut ! il ne faut pas le dire ou, en tous les cas, ça ne prouve rien, paraît-il. La seule chose dont ces deux messieurs semblaient sûrs, c'est que Lovecraft aurait pris fait et cause pour les camps de concentration s'il avait connu leur existence !

Que Lovecraft ait eu tous les préjugés du WASP, c'est pour moi évident. Mais il n'était pas le seul à l'époque. La chose existe toujours aux USA. De plus, le racisme, lui, n'a pas de couleur : témoin, ce racisme anti-occidental contre lequel je m'insurge hautement.

En bref, l'Occidental, WASP ou pas, n'a pas - hélas ! - le monopole de la xénophobie.


Tu peux donc, Séraphine, poster comme tu l'entends sur des auteurs "à polémiques." Si tu le souhaites, tu peux le faire dans "Les Auteurs qui dérangent." Le forum est en lecture libre mais ne peuvent y poster que ceux qui souhaitent y participer. Si tu me donnes ton aval, je t'en donne l'accès.

J'ai voulu ces forums semi-privés afin d'éviter les posts malencontreux de trolls et d'internautes militants. Cela ne signifie pas pour autant qu'on ne puisse pas, sur ces forums, exprimer son opinion pourvu qu'on le fasse avec courtoisie et sans faire l'apologie des extrêmes, politiques et/ou religieux.

Le forum "Les Auteurs ..." est encore bien petit mais il n'y a pas de raison pour qu'il ne grandisse pas : il est tout neuf et plus il comptera de participants, mieux cela vaudra.

Quant à la question philosophique, pas de problème non plus : Dinou, grande lectrice elle aussi, doit certainement avoir son opinion elle aussi.Wink
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 14:47

Je te relis et je souris en complétant : "elle lit Céline par exemple, dont elle est fasciste, nazie, etc, etc ..."

Le plus souvent, cette tournure d'esprit fonctionne d'ailleurs dans un seul sens : si tu lis Gorki, personne, parmi ceux qui te conspuent en raison de ton intérêt envers Céline, ne criera que tu es partisane de Staline.

Pourtant, Staline n'a-t-il pas fait autant de mal qu'un Hitler (et il a duré plus longtemps, lui) ?

Moi qui ai beaucoup apprécié certains livres de Soljenitsyne, on m'a couramment traitée de "fasciste" là encore. Comme si les souffrances subies par l'écrivain n'expliquaient pas (sans les justifier) l'extrêmisme nationaliste dans lequel il sombre.

En revanche, parmi ces critiques, personne pour se soucier du cynisme d'un Lénine : "On ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs !" ou de mégalomanie d'un Staline. Dans ce cas-là, même en 2006, tous ferment les yeux et haussent les épaules.

Deux mesures pour un même poids et toujours, comme vous le soulignez, toi et Julie, ce manichéisme inepte qui place "les gentils" d'un côté et "les méchants" de l'autre. Avec ce genre de raisonnement, il n'y a de place ni pour la nuance, ni pour la mesure, il n'y a plus qu'une chose dont j'ai horreur : les étiquettes.

Tout demeure au niveau "Dr Jekyll & Mr Hyde", un roman d'épouvante qui est une petite merveille à mon sens mais à qui les progrès de la science tels que les a connus Stevenson ne permettaient pas encore d'atteindre le niveau que, à mon sens, Stephen Frears a atteint avec son "Mary Really." Dans cette adaptation du célèbre roman, Frears se fonde sur l'antinomie Jekyll (Surmoi)/Hyde (Ca) mais il a la grande habileté de montrer toutes les souffrances du Ca, si terrible qu'il soit par ailleurs. Du coup, la morale victorienne, et la morale tout court, s'effondrent car si le Ca est capable de souffrir (de cela, j'en suis sûre), cela ne signifie-t-il pas que l'esprit est encore plus complexe qu'on ne peut l'imaginer ?
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Ven 7 Avr - 16:58

MDV, tes messages me rassurent et m‘enchantent. Je réalise combien je ne me suis pas trompée de « forum » car nous pouvons exposer nos points de vue, sans censure (omniprésente à l’heure actuelle en France) et avec une grande lucidité. En lisant tous tes messages, notamment ceux sur la politique et les faits divers, je me rends compte que nous sommes d’accord.
Aussi, je laisserai le manichéisme aux esprits soumis et indolents. Je continuerai à tout lire, tous genres confondus et tous parcours confondus. On voit rarement les poètes sur les champs de bataille et quand on les voit, c’est qu’ils ont été victimes et non bourreaux… (Combien on en a perdus …).
J’irai parler de mon écrivain dans la rubrique indiquée et maintenant, je vais faire une notice sur Elio Vittorini, dont je viens de dévorer un bouquin et qui, justement, a su habilement déjouer la censure mussolinienne au début du 20è. Un grand écrivain se tiendra toujours loin de l’oppression (en général, tous les « ismes »…).
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MessageSujet: Walhalla - Graham Masterton.   Mar 8 Aoû - 10:52



The House That Jack Built
Traduction : François Truchaud


Craig Bellmann, brillant avocat en droit international, est un homme surbooké, un self made man certes amoureux de sa femme, Effie mais qui court volontiers le guilledou avec des maîtresses de 19 ans qu'il entretient sur un grand pied. Oh ! oui ! Craig Bellmann sait compartimenter sa vie.

Craig est aussi un homme irascible. Un soir de pluie, après une dispute avec un chauffeur de taxi d'origine orientale, il plante là le bonhomme et tente de se rendre à pied à un rendez-vous important. Mal lui en prend : appelé au secours par une voix de femme, il se fait dépouiller par deux malfrats drogués dont l'un lui écrase un testicule avec un marteau.

Craig sombre alors dans des abîmes de dépression. Ce qui peut se comprendre, évidemment. Pour l'en sortir (ou essayer), Effie l'entraîne pour de courtes vacances dans la vallée de l'Hudson, là où elle vivait jadis avec son père.

Et c'est là, au détour d'un virage, tout au bout d'un panneau en mauvais état mentionnant "Walhalla", le nom du Paradis des dieux scandinaves, que la vie de Craig Bellmann va basculer complètement.

Pour cette demeure formidable - au sens hugolien du terme - il a un coup de foudre immédiat. Les réparations représenteront une quantité astronomique de dollars ? Qu'importe : Craig vendra sa part dans son cabinet d'avocats. Effie se sent mal à l'aise dans les ruines de Walhalla ? Ce n'est pas grave : elle l'aime toujours, il la convaincra.

Il achète cependant la maison sans le lui dire, la mettant ainsi devant le fait accompli.

Surtout, il se passionne pour les réparations. Son énergie, que l'ablation du testicule écrasé avait expédiée au trente-sixième dessous, ressuscite mais en dix fois, en vingt fois, en cent fois, semble-t-il, plus intense. Son goût pour le sexe également. Son optimisme ne craint plus rien. Craig se sent fort, terriblement, merveilleusement fort ...

Pendant ce temps, Effie entend des sanglots de femme dans l'une des chambres jadis réservées aux amis de celui qui fit construire Walhalla, le milliardaire Jack Belias. Dans l'escalier, elle aperçoit un homme qu'elle n'identifie pas. Et elle sent l'angoisse, le malaise qui montent, qui montent ...

Avec cela que, brusquement, à New-York, une épidémie de meurtres touchant des personnes ayant eu un rapport avec Craig (ou étant suspecté d'en avoir eu) se met brutalement à sévir : son associé d'abord, découvert mort dans le lit de l'ancienne maîtresse de Craig, morte également ; un chauffeur de taxi ; et trois jeunes délinquants, deux garçons, une fille, assassinés à coups de marteau. A chaque fois, sur les lieux du crime, comme une signature : un neuf de carreaux - une carte qui, ainsi qu'Effie l'apprend en fouinant un peu, tint un rôle précis dans l'existence de Jack Belias.

Le pire, c'est qu'il y a des moments où, dans la pénombre par exemple, il semble à Effie que les traits de son mari se transforment subtilement. La texture de sa peau elle-même ...

Que se passe-t-il à Walhalla ?


L'un des meilleurs romans jamais écrit sur la hantise et aussi l'une des meilleures oeuvres de Masterton. Lisez, vous verrez bien.
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MessageSujet: Manitou - G. Masterton   Dim 26 Nov - 15:22

Un classique de l'auteur, qui ouvre une trilogie sur le thème de la magie Améridienne.

Une femme se découvre atteinte d'une tumeur inconnue et incurable, qui s'avère être un foetus à la nuque, porteur de l'âme ancestrale d'un ancien "homme-médecine" Indien.

Une légende rapporte en effet que les anciens Indiens hommes-médecine étaient capables de fuir leur époque pour se réincarner ailleurs et plus tard.

Ce "manitou" (esprit) revient donc 3 siècles après la colonisation de l'Amérique par l'homme blanc pour se venger de ces envahisseurs barbares.

Il s'ensuit une course effrénée pour chasser ce "revenant" et sauver la vie de la femme, qui bien malgré elle, héberge son esprit.

Le rythme est haletant, le style concis, les références à la mythologie Améridienne passionnantes.

Ajoutons qu'en toile de fond, se dessine une confrontation entre une société magique antique et la force technologique moderne de l'homme blanc.

Masterton a écrit une petite merveille avec ce titre, un de ses plus connus, si non le plus connu.

Je ne manquerai pas de finir la trilogie.
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Dim 26 Nov - 15:47

Oh, Joli Chaton, tu me donnes envie de l'acheter ! je ne connaissais pas ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Lun 27 Nov - 14:11

C'est l'un des premiers Masterton que j'ai lus et, effectivement, il donne envie d'avancer dans l'oeuvre de cet auteur.

Il y a donc bien une trilogie, Séraphine ? Eh ! bien, je n'ai pas encore trouvé les deux autres volumes, c'est tout dire !

Je crois qu'un film a également été tiré de ce livre.
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MessageSujet: Re: Graham Masterton   Lun 27 Nov - 20:17

L'ombre de Manitou et la Vengeance de Manitou.

Tiens, je viens d'acheter Shirley (La maison hantée) que tu nous avais conseillée... On va voir...
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Graham Masterton

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