Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14347 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Douglas Preston & Lincoln Child Lun 29 Aoû - 11:30 | |
| Un film de série B, tout dégoulinant d'hémoglobine ketchupisée, où retentissent moult cris d'horreur sur fond d'apparitions éclair d'une créature à laquelle on ne croit pas une minute, a été tiré par Hollywood de ce petit roman qui méritait pourtant un autre traitement.
Est-ce à la formation scientifique de Douglas Preston que "Relic" doit la crédibilité qui sourd de ses pages ? Ou alors à la sobriété des descriptions qui nous sont données çà et là de la Créature ?
Quoi qu'il en soit, "Relic" est en son genre un petit bijou qui revisite avec bonheur le thème classique de "la-Créature-qui-vient-du-fond-des-âges-pour-mieux-te-manger-mon-enfant."
En apparence cependant, le lecteur pressé pourrait ne voir là-dedans qu'une énième resucée de l'exploration amazonienne qui ramène dans un grand musée (ici new-yorkais) des caisses recelant une mystérieuse et épouvantable (on s'en doutait) créature pré-historique dont le but ultime (et à bien y regarder le seul) dans l'existence est de dévorer tous les êtres humains qui lui tombent sous la griffe - le tout en répandant un maximum de sang, de cervelle et d'entrailles sour l'intégralité des murs dudit musée.
Mais il aurait bien tort de passer son chemin sans approfondir. Car :
1) les auteurs ont décidé d'éviter le gore à tout prix ;
2) leur scénario est aussi solide que leur Créature - lisez bien l'introduction, surtout ;
3) et la "chute" est amenée de façon insidieuse et démoniaque - si bien même qu'à l'instant où l'on croit avoir tout saisi, on découvre qu'en fait, on n'avait pas bien réalisé l'identité réelle de la Créature.
Un roman qui n'est pas un chef-d'oeuvre mais qui change un peu, par la qualité de sa construction et de ses idées, du tout-venant habituel. Il fallait le signaler. Voilà qui est fait. Maintenant, si ça vous intéresse, lisez-le.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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Masques de Venise Mécréante Suprême


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| Sujet: Re: Douglas Preston & Lincoln Child Jeu 17 Jan - 17:58 | |
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The Cabinet of Curiousities Traduction : Sébastian Danchin
Preston & Child ont rencontré le succès. Alors, par la force des choses, il leur faut produire, produire, produire ... Et la belle inspiration de "Relic" s'évanouit. De lassitude, je suppose. Dans le domaine délicat de la terreur et de l'épouvante, on peut toujours reprendre les vieux épouvantails mais il faut les habiller d'originalité. Sinon, ils ne font plus peur à personne.
Notez bien que ces carences n'empêchent pas de lire "La Chambre des Curiosités" jusqu'aux petites heures du matin. Le lecteur lambda et facile à contenter attend la fin d'une intrigue un peu longuette à planter son décor mais abondamment servie en rebondissements. Le lecteur fin gourmet, lui, trouve que, si ça démarre fort avec la découverte de trente-six corps murés dans des niches, au fond d'un souterrain sur lequel tombent par hasard (semble-t-il en tous cas ) les pelleteuses des promoteurs, très vite, ça fait du surplace avant de sombrer sans espoir dans un mélange abracadabrant d'intrigue à la Fu-Manchu ou à la Harry Dickson (et encore, pas les meilleures productions de Sax Rohmer ou de Jean Ray) et de scénario de série Z des années 50.
Si la fin de "Relic" relance la partie avec brio, celle de "La Chambre ..." est lamentable et l'on n'y croit pas une seule minute. On suit cependant, avec un amusement profond, rien que pour voir comment diable les deux auteurs vont s'en tirer. La formation scientifique de Preston continue à les soutenir du mieux qu'elle peut mais il est des cas où cela ne suffit pas, surtout si elle gomme au final toute trace de surnaturel.
En outre, on a du mal - enfin, j'ai eu du mal - à croire au personnage de l'inspecteur Pandergast. Je le regrette d'autant plus que ce dandy esthète dont on ne sait trop pourquoi il est entré au FBI promettait somme toute beaucoup. Simplement, déjà qu'il est difficile de s'imaginer un type du FBI roulant en Rolls et habitant l'immeuble new-yorkais du Dakota - le même où fut assassiné John Lennon et qui avait auparavant inspiré Ira Levin pour "Rosemary's baby" - il est pratiquement impossible de participer sans sourire aux espèces de voyages astraux auxquels se livre fréquemment Pandergast et qui lui permettent de recréer sans coup férir le New-York des années 1880.
Si encore un certain humour englobait le tout. Mais non : pas une seule miette ...
Bref, lisez "Relic" mais oubliez "La Chambre des Curiosités."  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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