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La mort du Roi Arthur

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Lydia
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MessageSujet: La mort du Roi Arthur   Dim 27 Déc - 14:43

La mort le roi Artu est un roman du XIII°s qui, bien que formant un tout, n'est pas indépendant. Il s'inscrit dans la continuïté de La Queste del Saint Graal et la conclusion du Lancelot en prose. Il appartient au cycle de la Vulgate, appelé également Lancelot-Graal.

Les premières lignes de ce roman déclarent que l'auteur de ce roman est Gautier Map. La dernière phrase le nomme encore, cette fois, comme l'auteur de tout le Lancelot en prose. Cependant, cette attribution à l'archidiacre d'Oxford, auteur du De Nugis Curialium et familier du roi Henri II Plantagenet, est une supercherie, comme l'indiquerait sa date de décès, 1209. Or, la composition du Lancelot en prose est estimée être entre 1215 et 1220 et celle de La mort le roi Artu, vers 1230.

Les auteurs sont inconnus, et quelques minces détails prouveraient qu'ils seraient d'origine champenoise.


L'histoire en est la suivante:

Revenu de terres aussi lointaines que celles de Jérusalem, Bohort, l'un des trois élus de la Queste, annonce à la cour, réunie à Kamaalot, la mort de ses compagnons, Galaad et Perceval. Arthur s'afflige d'avoir perdu trente-deux de ses chevaliers, et, dans l'espoir de faire renaître les aventures, il décide qu'un tournoi aura lieu prochainement à Wincestre.
Cependant Lancelot est retombé dans son péché avec la reine Guenièvre. Les amants dissimulent si mal leur amour qu'Agravain, frère de Gauvain, connaît leur secret et le révèle à son oncle. Arthur ne veut pas croire à la trahison, mais le soupçon est entré dans son coeur. Au tournoi de Wincestre, où il s'est rendu incognito, Lancelot est blessé par son cousin Bohort. Sa blessure le retiendra éloigné de la cour pendant deux mois environ. Une suite de circonstances pousse Arthur et Gauvain à croire que Lancelot s'est épris de la belle demoiselle d'Escalot, elle même folle amoureuse de ce dernier. De son côté, Guenièvre, certaine de l'infidélité de son amant, est déchirée par la jalousie jusqu'au jour où une nacelle mystérieuse fait son apparition sous la tour du palais, à Kamaalot. Dans cette nacelle se trouve le corps sans vie de la demoiselle et une lettre où elle reproche à Lancelot d'avoir causé sa fin prématurée en ne répondant pas à son amour. Entre-temps, les soupçons d'Arthur se sont aggravés au cours d'une visite imprévue au château de sa sœur, la fée Morgane. Il a vu les images que Lancelot, lorsqu'il était prisonnier, avait peintes sur les murs de sa chambre en retraçant, pour calmer son tourment, l'histoire de ses exploits chevaleresques et de son amour. De plus, un terrible danger pèse sur la reine injustement accusée d'avoir fait périr un chevalier en lui offrant un fruit empoisonné. Elle est sauvée par l'arrivée de Lancelot, vainqueur dans le combat qui l'opposait à Mador de la Porte, le frère du mort.
La passion des amants réunis de nouveau ne se modère plus. Une machination d'Agravain, à laquelle se prête Arthur, permet de les surprendre. Lancelot réussit à s'échapper et à délivrer la reine conduite au bûcher. Il se réfugie avec elle et délivre ses amis au château de la Joyeuse Garde. Le Roi vient l'assiéger: des mêlés terribles n'aboutissent à rien. Sur l'intervention du Pape, Arthur consent à reprendre la reine, mais il entend poursuivre la guerre contre Lancelot, qui se retire avec son frère Hector et ses cousins Bohort et Lionel dans son royaume de Gaunes, au-delà de la mer. Au printemps suivant, le roi confie la garde de la reine et de ses trésors à Mordret, frère de Gauvain, et il passe la mer avec une puissante armée. Il met le siège devant la cité de Gaunes, vaguement située dans l'ouest de la Gaule. Cette guerre se termine par un combat singulier entre Lancelot et Gauvain, qui anime contre son ancien ami une haine implacable depuis la mort de ses frères Gaheriet, Agravain et Guerrehet, tués par Lancelot dans la bataille livrée autour du bûcher de la reine. Gauvain est vaincu et si grièvement blessé qu'on craint de le voir mourir. Le roi lève le siège et va séjourner à Meaux pour attendre la guérison de son neveu. Soudain, un messager apporte la nouvelle que les romains s'avancent contre lui et ont déjà envahi la Bourgogne. Arthur marche contre eux, est vainqueur, mais, au moment même où il savoure sa victoire, un message de Guenièvre lui apprend que Mordred vient de se faire proclamer roi. Arthur se hâte d'aller combattre ce dernier, qui est en réalité son fils, né de l'inceste avec Morgane, et non son neveu. Il débarque à Douvres. Gauvain, dont la blessure s'est rouverte, meurt en arrivant.
Le roi s'avance vers l'armée du traître. La bataille s'engage dans la plaine de Salesbieres. La destruction du monde arthurien est engagée. Les plus vaillants chevaliers succombent. Enfin, Mordred et Arthur se retrouvent face à face. Le Roi transperce de part en part son fils mais ce dernier, avant de rendre son dernier soupir, blesse mortellement Arthur à la tête. Celui-ci a quand même la force de s'éloigner et se dirige vers la mer qu'il atteint le lendemain, en compagnie de Girflet, un chevalier de la Table Ronde. Sur l'ordre de son seigneur, Girflet va jeter dans un lac l'épée Escalibur qu'une main sortie de l'eau saisit et emporte. Puis, une nef, où sont Morgane et d'autres dames, s'approche du rivage. Arthur monte à bord avec son cheval et ses armes. La nef regagne aussitôt le large.
Quelques jours plus tard, Girflet trouve à la Noire Chapelle la tombe d'Arthur, dont le corps a été apporté par les dames mystérieuses. Les fils de Mordred s'emparent du royaume. Par crainte de leur vengeance, Guenièvre devient moniale dans l'abbaye où elle s'était déjà réfugiée. Elle y mourra. Avertis des événements, Lancelot et ses amis franchissent la mer, combattent les fils de Mordred qui sont tué tandis que Lionel est également abattu.
Lancelot, Hector et Bohort achevèrent leur vie dans un ermitage.
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MessageSujet: Re: La mort du Roi Arthur   Dim 27 Déc - 14:54

Le roman est disponible, en moyen français, sur Gallica.

Je prends la traduction d'Anne Berthelot
:

Alors le roi appelle Girflet et lui dit : « Allez à ce tertre, où vous trouverez un lac et jetez-y mon épée, car je ne veux pas qu'elle reste en ce royaume, pour que les mauvais héritiers qui y demeureront n'entrent pas en sa possession. — Sire, fait-il, j'obéirai à votre commandement, mais j'aimerais bien mieux, si vous le vouliez, que vous me la donniez. — Je ne le ferai pas, dit le roi, car elle ne serait pas bien employée en vous. Alors Girflet monta sur le tertre, et quand il fut près du lac, il tira l'épée du fourreau et se mit à la regarder. Et elle lui parut si bonne et si belle qu'il pensa que ce serait grand dommage de la jeter en ce lac, comme le roi l'avait commandé, car ainsi elle serait perdue ; mieux vaut qu'il y jette la sienne et dise au roi qu'il lui a obéi ; alors il détache son épée et la jette dans le lac, et il repose l'autre dans l'herbe ; alors il revient auprès du roi, et lui dit : « Sire, j'ai fait votre commandement car j'ai jeté votre épée dans le lac. — Et qu'as-tu vu? demande le roi. — Sire, je n'ai rien vu, qui ne soit bon. — Ha ! fait le roi, tu me tourmentes ; retourne là-bas, et jette-la, car tu ne l'as pas encore fait.» Et Girflet retourne au lac et tire tout de suite l'épée du fourreau, et commence à se lamenter sur elle très fort, et dit que ce serait vraiment dommage de la perdre ainsi ; et il pense alors qu'il va jeter le fourreau et gardera l'épée, car elle pourrait bien encore servir à lui ou à un autre ; ainsi il prend le fourreau et le jette rapidement dans le lac, puis il reprend l'épée et la dépose sous un arbre, et revient en hâte au roi et lui dit : « Sire, j'ai fait votre commandement. — Et qu'as-tu vu ? fait le roi. — Sire, je n'ai rien vu que je n'aurais pas dû voir. — Ha ! dit le roi, tu ne l'as pas encore jetée; pourquoi me tourmentes-tu tant ? Va, jette-la, tu sauras ainsi ce qui se passera, car elle ne sera pas perdue sans un grand prodige. » Quand Girflet voit qu'il faut qu'il obéisse, il revient là où était l'épée, il la prend et commence à la regarder avec chagrin et à se lamenter sur elle, et il dit : « Bonne et belle épée, quel dommage que vous ne tombiez pas entre les mains d'un homme de valeur ! » Alors il la lance dans le lac, le plus loin qu'il peut ; et à l'instant où elle s'approcha de la surface de l'eau, il vit une main qui sortit du lac, et apparut jusqu'au coude, mais il ne vit rien du corps auquel appartenait la main ; et la main prit l'épée par la poignée, et se mit à l'agiter trois ou quatre fois vers le haut.
Quand Girflet eut vu cela bien clairement, la main rentra dans l'eau avec l'épée, et il attendit sur place un grand moment pour savoir si elle ferait une autre apparition ; et quand il vit qu'il perdait son temps pour rien, il quitta le lac et vint auprès du roi ; et il lui dit qu'il avait jeté l'épée dans le lac et il lui raconta ce qu'il avait vu. « Par Dieu, fait le roi, je pensais bien que ma fin était toute proche. » Alors il s'absorbe dans ses pensées, et dans cette réflexion les larmes lui montent aux yeux. Et quand il a passé un grand moment à cette réflexion, il dit à Girflet : « II faut que vous partiez d'ici et que vous vous sépariez de moi, si bien que vous ne me verrez plus jamais de votre vivant. — A de telles conditions, dit Girflet, je ne me séparerai de vous à aucun prix. — Vous le ferez, dit le roi, ou vous encourrez ma haine mortelle. — Sire, fait Girflet, comment cela pourrait-il être, que je vous laisse ici tout seul et que je m'en aille ? Et en plus vous me dites que je ne vous reverrai jamais ! — II faut, dit le roi, que vous fassiez ce que je vous dis. Allez-vous en vite d'ici, car il n'est pas question de vous attarder ; et je vous en prie au nom de l'amour qui a été entre vous et moi. » Quand Girflet entend qu'il l'en prie si doucement, il répond : « Sire, je ferai ce que vous me commandez, tout en étant plus triste que personne ne l'a jamais été ; mais, s'il vous plaît, dites-moi au moins si vous croyez que je vous reverrai jamais. — Non, dit le roi, soyez-en sûr. — Et où avez-vous l'intention d'aller, beau seigneur ? — Cela, je ne vous le dirai pas, dit le roi.» Et quand Girflet voit qu'il ne pourra rien faire de plus, il monte à cheval et se sépare du roi ; et, tout de suite après son départ, une pluie se mit à tomber, très violente et merveilleuse, qui l'accompagna jusqu'à un tertre éloigné du roi d'une bonne demi lieue; et quand Girflet fut arrivé au tertre, il s'arrêta sous un arbre pour attendre que la pluie soit passée et commença à regarder du côté où il avait laissé le roi ; alors il vit venir sur la mer une nef qui était remplie de dames ; et quand la nef toucha la rive là où était le roi, elles s'approchèrent du bord ; et la plus importante parmi elles tenait Morgane, la sœur du roi Arthur, par la main, et elle commença à appeler le roi, pour qu'il entre en la nef ; et le roi, dès qu'il vit Morgane sa sœur, se leva en toute hâte du sol où il était assis, et il entra dans la nef avec ses armes, en tirant son cheval après lui. Quand Girflet, qui était au tertre, eut regardé tout cela, il revint en arrière de toute la vitesse de son cheval, et arriva enfin à la rive ; et quand il fut arrivé, il vit le roi Arthur au milieu des
dames, et il reconnut bien Morgane la fée, car il l'avait vue maintes fois ; et la nef en peu de temps s'éloigna de la rive de plus de huit portées d'arbalète ; et quand Girflet vit qu'il avait ainsi perdu le roi, il mit pied à terre sur la rive, et manifesta la plus grande douleur du monde ; et il resta là tout le jour et toute la nuit sans boire ni manger, et il ne l'avait pas fait non plus le jour précédent.
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MessageSujet: Re: La mort du Roi Arthur   Dim 27 Déc - 14:59

(BNF)
William Camden (1551-1623)
La croix du tombeau d'Arthur
Gravure dans : William Camden, Camden's Britannia newly translated into English. Londres, printed by F. Collins for A. Swalle and A. and J. Churchil, 1695 Rennes, Les Champs Libres, bibliothèque de Rennes Métropole, Inv. 2003
En 1191, les moines de l'abbaye de Glastonbury mettent au jour une tombe
qu'ils pensent être celle d'Arthur et de Guenièvre. Elle est surmontée d'une croix de plomb, dont il ne reste aujourd'hui aucune trace. On connaît sa physionomie grâce à la gravure de Camden. L'inscription dit ceci : "Ici gît enseveli l'illustre roi Arthur dans l'île d'Avalon".

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MessageSujet: Re: La mort du Roi Arthur   Dim 27 Déc - 15:02


La Mort du roi Arthur
Giflet jetant Excalibur dans le lac

Roman du XIIIe siècle
Manuscrit copié dans le centre de la France vers 1470

BnF, Manuscrits, Français 112 (3) fol. 229v
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MessageSujet: Re: La mort du Roi Arthur   Dim 27 Déc - 15:12



La Mort du roi Arthur
Retour de Bohort l'Essillié à Camelot où il raconte la quête du Graal au roi ; Arthur interroge Gauvain sur les crimes qu'il a commis.
Roman du XIIIe siècle Manuscrit copié à Ahun, par l'atelier d'Evrard d'Espingues, vers 1470
BnF, Manuscrits, Français 116 fol. 678
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