mile
Littérophage Aloysiusbertranophile




Nombre de messages: 2406
Age: 60
Localisation: Bourgogne
Emploi: neant
Loisirs: poesie, musique
Date d'inscription: 24/08/2009
|
Sujet: Charles CROS Mar 15 Sep - 6:46 |
|
|
Charles CROS (1842-1888) est un génie. Véritable autodidacte, il réussit son bac à 14 ans et en sait assez pour enseigner le sanscrit et l'hébreu. L'exposition universelle de 1867, le verra présenter un télégraphe automatique. Il s'intéresse à l'électricité, la photographie en couleur, l'acoustique. Il invente le parléophone proche du phonographe d'Edison ; il étudie les moyens de communication entre les planètes. Il sera, par ailleurs, auteur de deux recueils de poésie : "Le coffret de santal " en 1873 et "Le collier de griffes", posthume.
" Elle s'est endormie un soir, croisant les bras, Ses bras souples et blancs sur sa poitrine frêle, Et fermant pour toujours ses yeux clairs, déjà las De regarder ce monde, exil trop lourd pour Elle.
Elle vivait de fleurs, de rêve, d'idéal, Ame, incarnation de la Ville éternelle. Lentement étouffée, et d'un semblable mal, La splendeur de Paris s'est éteinte avec Elle.
Et pendant que son corps attend pâle et glacé La résurrection de sa beauté charnelle, Dans ce monde où, royale et douce, Elle a passé, Nous ne pouvons rester qu'en nous souvenant d'Elle."
SONGE D'ETE
"A d'autres les ciels bleus ou les ciels tourmentés, La neige des hivers, le parfum des étés, Les monts où vous grimpez, fiertés aventurières Des Anglaises. Mes yeux aiment mieux les clairières Où la charcuterie a laissé ses papiers, Les sentiers où l'on sent encor l'odeur des pieds Des soldats avec leurs payses, la presqu'île De Gennevilliers, où croît l'asperge tranquille Sous l'irrigation puante des égouts... On ne dispute pas des couleurs ni des goûts."
HIEROGLYPHE
"J'ai trois fenêtres à ma chambre : L'amour, la mer, la mort, Sang vif, vert calme, violet.
O femme, doux et lourd trésor !
Froids vitraux, cloches, odeurs d'ambre. La mer, la mort, l'amour, Ne sentir que ce qui me plaît...
Femme, plus claire que le jour !
Par ce soir doré de septembre, La mort, l'amour, la mer, Me noyer dans l'oubli complet.
Femme ! femme ! cercueil de chair !"
|
|