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Antonio Tabucchi - (Italie)

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rotko
Invité



MessageSujet: Antonio Tabucchi - (Italie)   Sam 2 Juil - 8:45

Tabucchi, nocturne indien, Christian Bourgois.

Un jeune homme voyage en Inde et recherche, de lieu en lieu, un ami proche. Il fait diverses rencontres qui le font s'interroger sur lui-même et l'existence en général. En résultent deux oeuvres intéréssantes, le livre de Tabucchi bien sûr, et le film d' Alain Corneau
Le film de Corneau est très proche du livre de Tabucchi. Peut-être que le film est plus explicite, dans la mesure où il propose un sens, là ou l'oeuvre écrite laissait ouvert l'eventail des possibilités. Voyons l'histoire : Le narrateur s'aperçoit que son ami lui manque, et représente donc in fine une part de lui-même qu'il voudrait retrouver. De son côté cet ami a pris son identité, ce qui montre son désir de ressembler à son ancien compagnon. Quand le narrateur écrit une lettre à une amie(Isabel), il en vient à modifier ensuite l'en-tête (chère Magda), car cette lettre pourrait s'adresser aux deux personnes, mais plus particulièrement à la seconde.
Nous aurions donc des identités incomplètes et décevantes, tel ce médecin au début du livre :"je suis cardiologue, mais personne ici n'est malade du coeur". Nous voyageons sous des "apparences" et nos identités seraient des valises ephémères, dit en substance le Jaïn.
A la fin du film, le narrateur voit que son ami n'a pas cherché à le recontacter au restaurant, tout en lui signalant sa présence, et en le remerciant par un geste de courtoisie : payer sa note. Aurait-il enfin trouvé une identité satisfaisante, et il n'aurait plus besoin de son ami ?
Il me semble qu'à plusieurs reprises le narrateur parle de Fernando Pessoa. Le patronyme signifie "personne" en portugais. Or cet écrivain a passé son temps à multiplier ses identités, notamment par des pseudonymes, des vies inventées et rêvées.
Tabucchi a été fasciné par Pessoa, et les textes en épigraphes - une citation de Maurice Blanchot, et une note liminaire de Tabucchi se présentant comme "un voyageur immobile", reflètent bien cette parenté intellectuelle.
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Calou
L'Ivre de Lecture


Nombre de messages: 283
Date d'inscription: 11/05/2005

MessageSujet: Antonio TABUCCHI   Dim 17 Juil - 0:20

Cet auteur italien que tout le monde connaît est un amoureux du Portugal. Chose qui ne doit pas surprendre donc, il s'est payé le luxe et le plaisir d'écrire en portugais et non pas en italien un livre, "Requiem", qui est un hommage au maître Pessoa.

Ce genre d'auteur bilingue est assez rare. On a plus l'habitude des échanges entre anglais-français-allemand-espagnol. Donc voilà, je tenais à le saluer.
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rotko
Invité



MessageSujet: Re: Antonio Tabucchi - (Italie)   Ven 5 Aoû - 17:04

Antonio Tabucchi, Tristano meurt, Gallimard.
ISBN:207077192X


prix mediterranée étranger 2005,

Ce livre était, selon le magazine Lire, le meilleur de l'année.

La couverture de Gallimard, bien belle, fait penser à "Mort à Venise", le roman de Thomas Mann adapté au cinéma par le génial Visconti.

Tristano, sentant sa fin prochaine, fait venir un écrivain qui a raconté son histoire.

"Tu l'as [mon histoire] reconstruite dans un livre , tu as même gagné un prix, je me trompe ? [...] toi qui as fait tous ces kilomètres pour venir ici m'écouter dans cette odeur de phénol et de gangrène, et moi au moment le plus fort, je perds le fil"...

C'est effectivement le problème de ce roman "déconstruit" où le passé et le présent, le raconté et le vécu, se mêlent dans la fièvre de Tristano qui évoque et confond divers personnages et différentes époques. Il s'en rend bien compte, Tristano !

" J'ai pensé que le récit que je te fais, et qui te semble peut-être dépourvu de toute construction, est comme une partition musicale où il arrive de temps en temps qu'un instrument parle à sa guise, avec sa voix, et il y a une baguette qui dirige toute la musique, sauf qu'on ne voit pas le chef d'orchestre, et tu sais qui tient la baguette ? d'après moi, c'est la Frau."
La Frau, ancienne préceptrice allemande du jeune Tristano, devenue régente de sa maison et garde-malade. Tous les soirs, depuis des années, elle lui lit un poème délibérément choisi à son intention.

Le récit se ressent des délires de Tristano," même si [son] délire, c'est encore [lui]." En arrière-plan, des réflexions sur la Révolution et l'idéal, sur la manière de raconter.

Mais soyons franc, j'ai lu la première moitiè du livre, je m'y suis perdu car sans fil principal auquel me raccrocher. En fin de volume, Tabucchi évoque les circonstances de la composition, une multitude de cahiers et de réflexions pooursuivies sur un long laps de temps.

Moi j'ai decroché -avais-je même accroché ?, du montage final.

Si vous avez de ce livre une autre expérience, et une autre opinion, merci de la donner.
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rotko
Invité



MessageSujet: Re: Antonio Tabucchi - (Italie)   Lun 22 Aoû - 9:16

Antonio Tabucchi, le fil de l'horizon, Christian Bourgois.
2267005557
Rêveries urbaines.

L'arrivée d'un cadavre non identifié suscite l'intérêt de Spino, gardien de la morgue. Partant de maigres indices,il va remonter la piste et tenter de définir l'identité du défunt.

Entre le mort et l'enquêteur une réflexion jette le pont : " Avec une barcbe et vingt ans de moins, ce pourrait être toi", dit son épouse. Indices réels, interventions du hasard, voire souvenirs personnels vont nourrir les rêveries de Spino et conduire ses déambulations dans la ville de Gènes.

Rêveries, promenades aussi pour le lecteur, jamais en possession de tous les éléments. On suit, rêvant à notre tour, et nous interrogeant sur les menus objets du quotidien qui renvoient à un "moi" disparu.

Une fois faite la lecture chronologique de ces courts épisodes, on a envie de revenir, au hasard, sur telle scène urbaine, sur telle rencontre, pour nourrir notre propre rêverie. Spino évoquerait Spinoza pour Tabucci ; moi je verrais plutôt dans cette histoire les rêveries d'un promeneur solitaire.
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Antonio Tabucchi - (Italie)

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