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Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Paul Harding. Sam 24 Juin - 17:24 | |
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The House of the Red Slayer Traduction : Anne Bruneau/Christiane Poussier
Paul Harding, je l'ai découvert par un hasard vraiment comique. Le bureau de mon mari se situant en sous-sol, il lui arrive souvent de voir les grandes poubelles désormais d'usage dans les immeubles, en attente dans le couloir menant aux caves. Or, sur ces poubelles, certaines personnes déposent parfois les livres auxquels elles ne tiennent plus.
... Et mon mari me les ramène puisque, avec moi, tout livre fait bibliothèque, si j'ose dire.
Au début, j'étais peu emballée : avec le roman de Harding, il y avait un Tremayne. Je ne connaissais ni l'un ni l'autre et une action qui se situe au Moyen-Age, franchement, cela me semblait douteux ...
Mais il ne faut jamais dire : "Fontaine, etc ..."
Si le style de Tremayne continue à me faire un peu tousser, en revanche, avec Harding, ce fut le coup de foudre. Certes, son héros est encore un religieux, frère Althestan, un frère-prêcheur de l'ordre des Dominicains, ayant fait voeu de pauvreté. Mais non seulement ce frère voue un amour platonique à une jeune femme (qui est veuve, foin des mauvaises pensées !), Bénédicta, mais il oeuvre comme "secrétaire" du coroner du lieu, le trépidant, époustouflant, rabelaiso-shakespearien Sir John Cranston.
L'action se situe à Londres, mais le Londres du XIVème siècle qui n'a encore qu'un seul pont, où les piloris fleurissent sur les places publiques, entretenus par les dizainiers (sortes d'officiers de police chargés de faire appliquer les sentences prononcées par le coroner), où les mendiants sont à pied d'oeuvre nuit et jour dans des rues mal pavées, où les ordures sont rassemblées en tas tandis que grouille autour d'elles tout un menu peuple d'artisans, d'ouvriers et de petits-métiers oubliés depuis des lustres.
Qui mieux est, Harding (accessoirement professeur d'histoire médiévale tout de même) est de ces écrivains qui parviennent, avec les mots, à vous dépeindre un lieu, une atmosphère, une époque et leurs personnages comme le ferait le pinceau d'un peintre. Ici, on pense à la fois à Jérôme Bosh, aux "Très riches Heures du duc de Berry" et même aux tarocchi du Moyen-Age qui préfigurèrent notre jeu actuel dit du "Tarot de Marseille" - je pense au fastueux Tarot Visconti et, bien sûr, à tous ceux qui s'inspirèrent des euvres de Pétrarque.
En un mot, c'est un Moyen-Age débordant de vie qui vous accroche avec ces "riches et navrantes aventures de frère Athelstan."
Dans "Le Donjon du Bourreau", nous sommes très précisément en 1377 et l'hiver est terrible. La Tamise est gelée et il est impossible de sortir de Londres (ou d'y rentrer). Comment, dans ces conditions, lorsque sir Ralph Whitton, gouverneur de la Tour de Londres, est retrouvé assassiné dans sa chambre fermée de l'intérieur, ne pas suspecter avant tout les membres de sa maison et les invités qu'il avait conviés pour la Noël ?
Sir John Cranston est appelé à enquêter, entraînant dans son sillage frère Athelstan. Pourtant, les deux hommes, eux aussi, ont leurs problèmes personnels : l'un s'imagine que sa femme - qu'il adore - a un amant et l'autre doit faire face à une sombre affaire de cadavres profanés dans le cimetière de sa paroisse.
En ces temps où le Diable est une réalité vécue au quotidien par un peuple qui a du mal à faire la différence entre foi et superstition, l'affaire n'est pas mince.
Pendant ce temps, bien entendu, les assassinats sauvages se succèdent à la Tour de Londres, tous aussi mystérieux que celui de Sir Ralph. L'une des victimes se verra même décapitée et châtrée post mortem et le meurtrier aura l'obligeance de déposer le tout à la porte du coroner.
Un roman de bout en bout palpitant. Sauf si vous n'aimez ni l'Histoire, ni le Moyen-Age, évidemment.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Dernière édition par le Lun 13 Aoû - 12:42, édité 3 fois |
|  | | Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


   Age : 38 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 3311 Localisation : Autres dimensions... Emploi : Ecolière... Loisirs : Le rêve...
| Sujet: Re: Paul Harding. Sam 24 Juin - 18:56 | |
| Ca m'a l'air bien passionnant. Je note.
Mais alors, soit dit entre nous, savoir que des gens jettent des livres, c'est pour moi incompréhensible !!!!
Moi aussi j'en ai récupéré des tas dans des cartons exposés par terre dans la rue et voués aux ordures. Le fait qu'on me regarde de travers m'importe peu. Je me drape dans ma dignité et arbore le plus profond mépris pour les ignorants qui ne savent pas qu'un livre...c'est un trésor !!! (Les pauvres...)  _________________ "Connais-toi toi-même." |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: La Galerie du Rossignol. Lun 26 Juin - 20:58 | |
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The Nightingale Gallery Traduction : Christiane Poussier & Anne Bruneau
Tel est le nom d'une galerie menant aux chambres des maîtres dans la demeure de sir Thomas Springall. Ce nom poétique, elle le doit à un plancher finement boisé où il est impossible de marcher sans se faire entendre.
Pourtant, personne n'a rien entendu alors que sir Thomas se mourait dans son lit pour avoir bu un gobelet d'hypocras porteur d'un poison invisible mais qu'on identifiera plus tard comme un mélange de belladone et d'aconit. Ni sa belle épouse, lady Isabella, avec laquelle il faisait chambre à part. Ni son frère, sir Richard. Pas même leur mère, lady Ermengilde à qui d'habitude échappent cependant bien peu de choses.
Au début, l'affaire paraît donc des plus simples : sir Thomas s'était disputé avec Brampton, son intendant. En guise de réconciliation, celui-ci a été vu (et entendu) qui portait le fameux gobelet dans la chambre de son maître. A partir de là, plus rien. Si ce n'est le cadavre de Brampton, retrouvé pendu dans le grenier. Un plus un faisant ordinairement deux, il est évident que l'intendant, désireux de se venger de sir Thomas, a empoisonné celui-ci puis, pris de remords, s'est donné la mort.
Bien qu'ils n'aient pas de preuve de ce qu'ils pensent tous deux, sir John Cranston et son secrétaire, frère Athelstan, dont c'est ici la toute première aventure, pressentent là-dedans une entourloupette qui sent encore moins bon que le breuvage empoisonné. Et les faits ne vont pas tarder à leur donner raison puisque l'un des invités de sir Thomas le soir fatal, Théobald Vechey, dont le comportement s'était subtilement modifié depuis le meurtre, est découvert lui aussi pendu à une arche du pont de la Tamise.
Une ambiance toujours aussi prenante, un livre où s'anime tout le Moyen-Age au fur et à mesure que nous nous y enfonçons avec, en prime, le début de l'amitié qui présidera aux relations de sir John et de son clerc. Et, ce qui ne gâte rien, un coupable inattendu.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
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|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Paul Harding. Dim 4 Fév - 11:41 | |
| Paul Harding n'est qu'un pseudo parmi tous les autres (C.L. Grace, Michael Clynes, Anna Apostolou, Ann Dukthas) du romancier brittanique Paul Charles Doherty.
Né en 1946 à Middlesbrough, il envisage un temps d'entrer dans les ordres avant de se lancer dans la préparation d'un doctorat d'histoire médiévale qu'il obtient à Oxford. Lorsqu'il n'enseigne pas cette matière qui, visiblement, le passionne - il suffit de le lire pour s'en convaincre, il écrit différentes séries policières se déroulant très souvent au Moyen-Age et caractérisées par des intrigues serrées et la réapparition des héros.
Pour les amateurs, rappelons qu'il est aussi l'auteur de la série du juge Ameroptkê, qui se passe, elle, dans l'Egypte antique. _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Paul Harding. Dim 4 Fév - 11:51 | |
| Très difficile de trouver quoi que ce soit sur Paul C. Doherty, alias Paul Harding, sur le Net ! Soit que l'homme soit discret par nature, soit que ses romans, solidement documentés, ne tentent guère le vulgus pecum.
Je reviens donc de ma quête avec ce seul lien :
http://www.chez.com/andreys/index.html
Encore est-il partagé avec deux autres auteurs de romans policiers historiques et ne traite-t-il que des aventures de sir Hugh Corbett. De plus, il date un peu - bientôt dix ans.
De mon côté et dès que je le pourrai, je placerai sur Nota Bene un fil sur les personnages récurrents dans l'oeuvre de Harding. Mais ne connaissant pour l'instant que frère Athelstam, je préfère me réserver.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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