gemini Littérophage Notabéniste Avec Mention Spéciale.


   Age : 42 Inscrit le : 11 Juil 2007 Messages : 1537 Localisation : mouais Emploi : cosmonaute Loisirs : lecture
| Sujet: Pascal Garnier Jeu 3 Avr - 15:44 | |
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La théorie du Panda
En une page d’ouverture, la gare puis l’hôtel, Pascal Garnier construit un monde tout autour de son lecteur, le place côte à côte avec son personnage. Les descriptions courtes sont porteuses d’images fortes. La suite confirme cette impression, l’histoire et le style m’ont conquise. « Il ne dit rien. Il attend que José finisse de s’effacer le visage en se frottant à deux mains les yeux et les joues hérissées de poils noirs. » Des êtres sans lien les uns avec les autres se rencontrent ; tous autour de Gabriel, personnage errant dans cette ville qui ne dira son nom qu’à la fin. On perçoit les échos de souffrances, des bonheurs perdus craintivement retrouvés. Il y a dans l’église cette petite vieille qui avoue avoir empoisonné son chien, derrière le comptoir de l’hôtel la réceptionniste en mal d’amour, au bar ce patron seul et désemparé ; et tous nous installent dans une ambiance quasi douillette. « Le poireau-pomme de terre est le meilleur ami de l’homme qui s’est penché trop près du bord. » Les instants partagés sont forts. Mais, ici ce n’est pas le monde d’Amélie Poulain. La noirceur pèse, la noirceur gagne. Aussi entouré soit-il, le solitaire explose sous la douleur. Malgré un final un peu déconcertant (SPOILER : le triple meurtre casse tout à mon goût), c’est un parcours parfait, et pour moi l’envie de lire les autres romans de cet auteur attachant. |
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gemini Littérophage Notabéniste Avec Mention Spéciale.


   Age : 42 Inscrit le : 11 Juil 2007 Messages : 1537 Localisation : mouais Emploi : cosmonaute Loisirs : lecture
| Sujet: Re: Pascal Garnier Sam 19 Avr - 16:39 | |
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Est-ce parce que Pascal Garnier peint qu’il réussit de si justes descriptions, qui apparaissent instantanément sous nos yeux ?
« Un brave petit soleil dépourvu d’imagination mais plein de bonnes intentions donnait au paysage l’apparence d’une peinture naïve. Les arbres étaient verts, les fleurs roses, jaunes, rouges, le ciel bleu et l’ombre mauve. »
Comment va la douleur ?, c’est comme une fin alternative pour le Martin Terrier de Manchette, comme s’il était encore en vie et proche de la retraite. Il s’appelle Simon, il a peu d’indulgence pour le genre humain et cherche sa fin. Bernard, un jeune naïf amputé, croise sa route.
« - Et puis lorsqu’on est fatigué d’une île, on reprend la mer et c’est comme repartir à zéro. - Pourquoi vous voudriez repartir à zéro ? Vous avez l’air d’avoir bien réussi dans la vie. Moi, j’arrive pas à en décoller, du zéro. Sans doute par association d’idées, Bernard prit une île flottante en dessert. »
La force de Pascal Garnier, c’est une noirceur mêlée à une grande tendresse, et un sens incroyable du détail. Assis avec Bernard au bord de l’eau, vous découvrez ce qui a fait sa vie, et en même temps une truite et une mouche se mêlent au portrait. Sous sa plume, les objets prennent une autre dimension ; il trouve tout de suite l’angle qui va déclencher une sensation chez le lecteur.
« Il n’avait toujours pas entamé sa glace qui peu à peu prenait l’aspect d’une bouse de vache hépatique. »
Ricochets au bord de l’eau, la plage le soir maculée des empreintes de pied, bouteille de rhum... Petites choses de rien, odeurs et personnages, tout contribue à l’ambiance. Usant du contraste et du non-dit, d’une discrète analyse sociale et de poésie, Pascal Garnier enchante son lecteur par la force de son écriture. |
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