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Martha Grimes.

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Masques de Venise
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MessageSujet: Martha Grimes.   Dim 28 Mai - 11:08



The Man with a load of Mischief
Traduction : Didier Sénécal


Martha Grimes est, avec Elisabeth George, la plus british des romancières américaines. Si vous ne connaissez pas encore son univers, procurez-vous "Le Mauvais Sujet", premier volume des aventures de son tandem fétiche : l'inspecteur principal Richard Jury et l'aristocrate oisif Melrose Plant.

Beaucoup de ses intrigues se déroulent à Long Piddleton, village perdu du nord de l'Angleterre qui n'en regorge pas moins de personnalités pittoresques . Première d'entre elles, Melrose Plant, châtelain d'Ardry End qui, pour avoir refusé de siéger à la Chambre des Lords, a renoncé du même coup à son titre nobiliaire. Séduisant et célibataire, Melrose est aussi, ce qui ne gâte rien, d'une intelligence aiguë doublée d'un sens de l'humour typiquement britannique. Petit détail révélateur : il est capable de trouver les solutions des mots croisés du Times en 15 minutes.

Dans son orbite, traîne presque toujours sa tante par alliance, Agatha Ardry. Née américaine, la malheureuse n'a pas été gâtée par sa créatrice qui, avec une bonne humeur contagieuse, l'a chargée de défauts impardonnables : vulgarité de parvenue, degré zéro de l'humour, snobisme enragé, obsessions de pique-assiette, orgueil de dindon se rengorgeant en pleine basse-cour, etc, etc ... Sans oublier une curiosité de pie voleuse qui lui vaudra parfois pas mal de désagréments.

Son neveu ne la supporte absolument pas et l'une de ses distractions favorites est de la faire tourner en bourrique.

Autre personnage récurrent : Marshall Trueblood, l'antiquaire, dit "Marsha", qui se veut homosexuel même si, laissé à lui-même, il pratique plutôt une bisexualité bien comprise.

Enfin, c'est dans "Le Mauvais Sujet" (qui n'est autre que l'enseigne d'une auberge) qu'apparaît pour la première fois le grand amour de Richard Jury, Vivian Rivington.

Signalons encore Mrs Withersby, "cas social" de service, qui a un faible pour les proverbes sentancieux et pour le gin.

Dans ce petit monde, débarquent un jour, en provenance de New Scotland Yard, Richard Jury et le sergent Wiggins (grand hypocondre devant Esculape), venus résoudre ce qui ressemble fort aux agissements déments d'un tueur en série aux mobiles indéchiffrables.

Un premier cadavre, celui d'un client de passage nommé William Small, vient en effet d'être découvert dans la cave à vins du "Mauvais Sujet." L'homme avait été étranglé avec un morceau de fil de fer, puis on lui avait enfoncé la tête dans un tonneau plein.

Peu après, le corps d'un autre client, également de passage mais cette fois-ci à "La Forge", avait été déposé en lieu et place du pantin de bois figurant un forgeron qui forme la moitié de l'enseigne de cette auberge. Etranglé lui aussi selon le même modus operandi. Dans son lit, on avait trouvé le pantin.

L'arrivée du Yard ne mettra pas fin à l'hécatombe. Mieux : on découvrira le corps, cette fois-ci enterré, de l'employée de maison du pasteur et on acquerra vite la preuve que la mort de la malheureuse avait précédé les autres meurtres. Mais que sont devenus le bracelet dont elle ne se séparait jamais et le journal intime auquel elle confiait ses multiples exépériences sexuelles ?

Bref, un roman alerte, sans prétention, où le lecteur s'amuse tout en se creusant les méninges. Que demande le peuple ?
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MessageSujet: L'Auberge de Jérusalem.   Dim 18 Juin - 16:33



Jerusalem Inn
Traduction : Dominique Wattwiller


Encore un nom de pub pour un roman à mon avis mineur. Pourtant, ce n'est pas là mais dans un cimetière enneigé, à l'époque de Noël, que Richard Jury, en partance pour Newcastle où il compte faire acte de présence auprès de sa cousine pour les fêtes de fin d'année, rencontre Helen Minton, une jeune femme "[évoquant] les figures longilignes sur les affiches des années 20."

Toujours célibataire mais toujours gentleman, notre inspecteur de Scotland Yard est bien décidé à la revoir après les vacances. Mais si son souhait se réalise, ce sera de manière bien cruelle car, quand il la revoie, elle est morte. Empoisonnée.

Bien que non concerné, territorialement parlant, par ce décès abrupt, Jury fait des pieds et des mains pour que l'inspecteur Cullen, en charge de l'affaire, admette qu'il vienne marcher sur ses plates-bandes. Indice par indice, il va s'apercevoir qu'une piste intéressante mène tout droit au manoir de Charles Seaingham, célèbre critique d'art londonien.

Je ne vous conterai pas par le menu comment Melrose Plant et son épouvantable tante par alliance, Agatha Ardry, flanqués de Vivian Revinton, finiront par se retrouver aussi chez Charles Seaingham, en compagnie de Jury. L'intrigue est copieusement alambiquée et, bien qu'on sourie souvent, paraît parfois un peu trop artificielle. La fin d'autre part m'a parue tirée par les cheveux.

Malgré tout, l'univers créé par Martha Grimes tient toujours la route. Il se trouve simplement que, comme toujours avec des personnages récurrents, surtout dans un roman policier, l'inégalité soit au rendez-vous.

Que cela ne vous détourne pas de Grimes : je compte relire tous ses romans et en parler régulièrement sur Nota Bene et je vous assure qu'il y en a quelques uns (comme le "Vilain Petit Canard") qui valent vraiment le détour.
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MessageSujet: L'Inconnue de la Crique.   Dim 18 Juin - 16:54



The Lamorna wink
Traduction : Alexis Champon



Ca débute sur des chapeaux de roue avec un Melrose Plant décidé à acquérir ou louer une résidence en Cornouailles et une Agatha Ardry bien résolue à se faire agent immobilier (oui : inutile de rire, cette femme est imperméable à l'humour !)

Finalement, Melrose jette son dévolu sur le manoir de Seabourne, somptueuse demeure des Bletchley, lesquels ont renoncé à y vivre après qu'on eût retrouvé sur la plage, noyés, les deux jeunes enfants de la famille : Noah et Esmé. Le crime n'avait jamais été résolu, au grand dam de l'inspecteur Macalvie, autre personnage récurrent de l'univers de Martha Grimes qui a planté quelques unes de ses intrigues dans ces Cornouailles anglaises qui inspirèrent à Agatha Christie ce chef-d'oeuvre absolu qui s'appelle : "Dix Petits Nègres."

La tragédie qu'a vécue Seabourne pèse encore sur le village où le grand-père, Morris Betchley, s'est retiré après la mort des enfants pour y fonder une institution pour vieillards. Américain et bussinessman redoutable ayant bâti un véritable empire de fast-foods où l'on mange bien (Grimes est elle-même américaine et émet ici un voeu pieux que partagent nombre d'Européens), Betchley est l'une des figures les plus sympathiques du roman.

Bien sûr, toute cette histoire intrigue Melrose qui entreprend de faire son curieux. Pour une fois, Richard Jury, retenu en Irlande par une mission spéciale ayant trait aux agissements de l'IRA, n'arrivera pour le soutenir qu'à la toute fin du livre. Fort heureusement, Plant s'entend plutôt bien avec Macalvie.

Il flâne donc de-ci, de-là dans le village qui est bientôt à nouveau troublé par l'annonce de la découverte d'un corps de femme dans une petite crique. Chris Wells, propriétaire du restaurant du coin, s'est en effet évanouie dans la nature il y a quelques jours, laissant son neveu, Johnny, dans le plus grand désarroi : se pourrait-il que ce nouveau cadavre et Chris ne fissent qu'un ... ?

Il y a une chose qu'on ne peut nier : c'est que l'intrigue est bien enlevée et titille en abondance la curiosité du lecteur. J'ai cependant trouvé, là encore, que la fin où interviennent les snuff movies, péchait par son invraisemblance.

Mais, une fois de plus, c'est l'atmosphère et la chaleur des personnages familiers qui priment. Je vous recommande tout particulièrement les passages londoniens où l'on voit les collègues de Jury et le chat Cyril se morfondre dans l'attente de son retour.

Ceci ne reste bien évidemment qu'un avis personnel. Si vous lisez "L'Inconnue de la Crique", peut-être ne le partagerez-vous pas. N'hésitez donc pas à venir l'écrire ici.
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MessageSujet: Le Collier Miraculeux.   Lun 19 Juin - 14:18



The Anodyne Necklace
Traduction : Didier Sénécal



Martha Grimes poursuit sa tournée des pubs anglais aux noms insolites puisque, ainsi qu'elle nous en fait part dans une petite note placée en tête de ce roman et avec fac-similé à l'appui, la City a réellement abrité un débit de boissons portant le nom qui donne son titre à l'ouvrage. Pour les besoins de l'action, elle l'a simplement déménagé jusqu'à l'East End, quartier évidemment infiniment moins reluisant.

Car c'est dans le métro londonien que débute "Le Collier Miraculeux", à la station Stepney Green où la toute jeune Kathie O'Brien (16 ans) joue un ou deux airs de violon afin de se faire un peu d'argent pour s'acheter ces robes à la mode qu'elle aime tant mais que sa mère lui refuse. Hélas ! Concentrée sur son instrument, elle ne remarque pas une silhouette menaçante et s'effondre, victime de ce que l'on appelle "le coup du lapin."

Kathie était originaire de Littlebourne, un "village assez banal situé à une soixantaine de kilomètres de Londres." Un village tranquille également où la présence du Yard, en la personne du commissaire Richard Jury et du fidèle sergent Wiggins, est cependant requise afin d'enquêter sur le corps d'une femme découvert par un chien dans les bois de Horndean. Détail macabre et en apparence incompréhensible : deux des doigts de la malheureuse avaient été sectionnés, puis rejetés sur l'herbe.

Ajoutez à cela une curieuse histoire de lettres anonymes écrites aux crayons de couleur, puis expédiées en vrac dans un grand sac plastique à la poste du coin afin que la préposée les distribue sans autre forme de procès aux habitant de Littlebourne et vous aurez une idée assez exacte de l'intrigue.

S'étant débarrassé non sans ruse de sa tante Agatha, Melrose Plant débarque à Littlebourne pour y donner un coup de main à son vieil ami Jury. Ce sera pour lui l'occasion d'y croiser une foule de personnages pittoresques : la tribu Bodenheim, une famille de hobereaux horriblement snobs qui tiennent absolument à demeurer les seuls "aristocrates" du coin ; Polly Pread, écrivain spécialisée dans les romans policiers et dont l'un des passe-temps favoris est de s'exercer à ce dur métier en couchant sur le papier les mille-et-une morts qu'elle imagine justement pour les Bodenheim ; les soeurs Craigie, Ernestine, ornithologue distinguée et tyranneau en jupons, qui a découvert le corps, et sa soeur Augusta, "grise comme une souris," dont l'existence est si morne qu'elle se glorifie de l'unique lettre anonyme qui lui a été adressée ; et bien sûr la petite Emily Louise Perk, authentique garçon manqué et lad unique et favori des Bodenheim, qui n'a pas son pareil avec les chevaux et qui occupe ses rares moments de loisirs à consommer citronnade sur citronnade et à colorier ses albums de dessins.

Face à ce déploiement rural, les personnages londoniens appelés à jouer un rôle déterminant dans l'affaire ne sont pas en reste, qu'il s'agisse des habitués qui se réunissent au "Collier Miraculeux" pour jouer au jeu "Sorciers & Guerriers" ou encore de Ash Cripps (dit "Ash le Flash") et de sa famille.

L'un des meilleurs livres de Grimes :
contrairement à "L'Inconnue ..." et à "L'Auberge ...", tout s'y tient, du début jusqu'à la fin. Le rythme ne faiblit pas et même sans Agatha mais grâce à la triple performance des Bodenheim (les parents, notamment), de Polly Pread et de la petite Emily-Louise, on s'amuse bien.

La note romantique est superbement assurée par Cyril Mecenary, le professeur de musique de Kathie, lorsqu'il apprend la mort de la jeune fille.

L'assassin enfin est vraiment insoupçonnable jusqu'au chapitre ...

Non, je ne vous dirai pas le numéro : achetez "Le Collier Miraculeux", vous verrez bien.
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MessageSujet: Le Vilain Petit Canard.   Lun 26 Juin - 20:37



The Dirty Duck
Traduction : Philippe Rouard


Afin de parer aux sombres manoeuvres de sa tante Agatha, avide de lui imposer pour les vacances et, si possible, à Ardry End, toute une nichée de cousins américains répondant au nom poétique des "Randolph Bigget", Melrose Plant s'est offert une villégiature à Stratford-on-Avon, ville natale du Grand Will. Il s'y rend avec d'autant plus d'empressement qu'il compte y retrouver Richard Jury, à nouveau dépêché par Scotland Yard sur une nouvelle affaire. Malheureusement, c'est une affaire qui, il faut bien le dire, regorge de touristes américains.

La première victime, Gwendolyne Bracegirdle, a été retrouvée égorgée et éventrée dans l'une des rues paisibles de Stratford. Elle participait à un voyage organisé par la Compagnie du Chèvrefeuille, initialement basée à Atlanta et orientée vers les clients très, très riches. Et, pendant que Gwendolyne se faisait assassiner, le fils de James Farraday, autre membre de ce voyage, était kidnappé.

C'est d'ailleurs sur les instances de Farraday Père, convaincu qu'il n'existe que deux polices valables de par le monde, le FBI et Scotland Yard, que Jury s'est vu refiler l'affaire, au grand déplaisir de son éternel supérieur hiérarchique, le commissaire Racer. Mais, bien qu'il soit, comme d'habitude, assez content de jouer un mauvais tour à son chef, Jury se serait bien passé de pareille faveur. Enfin, heureusement, il a réussi à se faire adjoindre le sergent Wiggins et puis, bien sûr, il sait qu'il pourra compter sur l'aide de Melrose Plant ...

Avec le talent unique qui est le sien pour entrer en contact avec les protagonistes d'une affaire criminelle avant que Jury lui-même les ait interrogés, Plant a été le premier à faire connaissance avec les voyages du Chèvrefeuille, en la personne de Harvey L. Schoenberg - Harve pour les intimes - jeune célibataire littéralement obsédé par son bébé "Ishi" (= son ordinateur portable) et le livre qu'il prépare sur la mort de Cristopher Marlowe, relation de Shakespeare qui mourut assassiné dans une taverne à l'âge de 24 ans.

La théorie de Harvey, c'est que Shakespeare en personne, horriblement jaloux de Marlowe, a payé des sbires pour le tuer à coup de dague. Théorie qu'il étaye à grand renfort de citations élisabéthaines - manie qui énerve prodigieusement Melrose Plant, touché ici dans sa qualité même de concitoyen du Grand Will et profondément agacé toutes les fois que Harvey l'appelle : "Mel."

Quant au "Vilain Petit Canard", vous aurez deviné sans peine qu'il s'agit d'un énième pub, se dressant donc à Stratford et possédant la particularité d'une double enseigne : le Canard, c'est la partie bar mais le restaurant s'appelle "Le Cygne Noir."

Le moins que l'on puisse écrire, c'est que la ville shakespearienne par excellence ne portera bonheur ni aux Farraday (encore que ...) ni aux voyages du Chèvrefeuille.

Un roman allègre où des morts guère sympathiques s'effondrent dans un jeu de quilles sanglant et où l'assassin se révèle capable d'un amour aussi profond que les héros de Shakespeare. Le tout parsemé de remarques pleines d'humour sur les tics des Américains en voyage.Wink
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MessageSujet: Martha Grimes.   Ven 2 Fév - 18:59

Deuxième "reine du crime" contemporaine atteinte de "brittanomanie", Martha Grimes semble veiller farouchement sur la divulgation de sa date de naissance car il m'a été impossible de trouver autre chose à vous mettre sous la dent qu'un "entre-deux-guerres" qui l'aurait donc vue naître à Pittsburgh dans l'Ohio.

Mais peu importe. Corneille l'a dit déjà (et beaucoup mieux que nous Wink) : la valeur d'une personne ne se juge pas au nombre d'années qu'elle a engrangées. Martha Grimes peut donc être considérée comme un auteur solide et agréable, dont les intrigues sont en général fortement colorées d'humour. Il lui arrive bien de faire plus sérieux comme "L'Inconnue de la Crique" mais c'est beaucoup moins bien, à mon avis ...

Bien que ses héros soient des sujets d'Elisabeth II, il arrive parfois à Mrs Grimes de les faire aller prendre l'air aux USA où, curieusement, elle semble moins à l'aise qu'en pleine campagne anglaise. Une lecture idéale pour l'été ou quand on ne veut pas trop se prendre la tête ...


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MessageSujet: Re: Martha Grimes.   Ven 2 Fév - 19:05

Un site officiel aux liens assez intéressant pour les anglophones :

http://www.marthagrimes.com/html/study.html

Et le site en français, il est où ? ...
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MessageSujet: Re: Martha Grimes.   Lun 14 Avr - 16:20



Belle Ruin
Traduction : Philippe Safavi




Dans ce roman, c'est une jeune détective amateur, Emma Graham, douze ans, que met en scène Martha Grimes. Et, je l'écris comme je le pense, si l'humour (parfois forcé) reste au rendez-vous, le résultat obtenu est de très loin inférieur aux enquêtes Melrose Plant/Richard Jury.

Il est vrai que l'opinion du lecteur est faussée dès le départ par le fait que l'aventure précédente d'Emma joue un rôle - et même un très grand rôle - dans ces "Fantômes du Palace" et que, pour une raison que je ne m'explique pas, ni l'auteur (apparemment), ni l'éditeur (c'est certain) n'ont jamais présenté ce livre comme tributaire du précédent.

Du coup, que se passe-t-il ? Eh ! bien, le lecteur a l'impression de ne plus rien comprendre au milieu de tous ces fils, de tous ces noeuds que la petite Emma s'acharne à dénouer avec un certain brio mais dont plus de la moitié conserve tout leur mystère pour le non-initié.


Qui est, par exemple, cette jeune fille inconnue qu'Emma aperçoit toujours là où elle n'a que faire, à laquelle elle prête, tout au long des "Fantômes ...", une identité qui n'est pas la sienne et qui, finalement, a conservé tout son anonymat lorsqu'on referme le livre ? ...

Plus grave - à moins que l'on n'indique clairement que "Les Fantômes du Palace" fait partie d'une série à épisodes : qu'est devenu le bébé enlevé trente ans plus tôt au "Belle Rouen", hôtel tombé en décrépitude depuis lors et qui donne son titre au roman ? A-t-il été véritablement kidnappé par des inconnus ? Ses parents, qui ne pouvaient accepter sa trisomie supposée, l'ont-ils fait disparaître ? Quel rapport enfin tout cela a-t-il avec Ben Queen, héros du roman précédent ? ...

Rien, ABSOLUMENT RIEN, n'est clair et encore moins éclairci dans cette production, très décevante, de Martha Graham. Et ce ne sont pas les auto-congratulations de la très acide Emma Graham - personnage que je n'ai pas franchement trouvé si sympathique que ça avec ses certitudes d'être supérieure au reste de l'humanité - qui arrangent les choses. Pour être sincère, on s'en lasse très vite.

Bref, si j'ai lu "Les Fantômes du Palace" jusqu'au bout, c'est essentiellement parce que j'avais promis d'en faire une fiche. Voilà qui est fait. Maintenant, deux possibilités s'offrent à vous : ou bien vous zappez tout ce qui a un rapport avec Emma Graham, ou bien vous achetez les deux premiers volumes de ses aventures et vous voyez s'il y a une cohérence.
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Martha Grimes.

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