4 juillet 1899, Rézé (Loire-Atlantique) :
naissance de Benjamin Péret,
poète et essayiste.
De tous les Dadaïstes,
(à l'exception de Tzara lui-même),
de tous les Surréalistes,
il fut le plus authentique
et s'arrangea pour le rester.
Ami de Desnos, puis de Breton,
il se tourna un temps vers le Parti communiste
mais, très vite, après la prise en main
de l'URSS par Staline, il commencera
à se poser certaines questions.
Aussi, pendant la Guerre civile espagnole,
le retrouve-t-on au POI, supportant Trotsky.
Mais la très mauvaise entente
et les luttes internes qui déchire les
communistes espagnols
seront la goutte d'eau qui fait déborder
le vase car Péret comprend bien
que, sans ces coups de poignards dans le dos,
les républicains auraient pu l'emporter.
Finalement, sous l'Occupation,
Péret part pour l'Amérique du Sud
avec son épouse, et y demeure
jusqu'en 1948.
Il se prendra alors de passion pour
les civilisations pré-colombiennes,
thème sur lequel il rédigera
une remarquable anthologie,
publiée un peu après sa mort, en 1959.
Sa poésie est tout simplement
étincelante et nul ne savait, comme lui,
chambouler les mots et en retirer
le maximum d'effets complètement neufs.
Aérien, incisif, féroce,
drôle, pétillant, bourré d'humour,
voilà encore des adjectifs qu'on peut
accoler au nom de Péret.
Il est aussi l'un des rares poètes
dont les productions en
"écriture automatique"
demeurent parfaitement lisibles,
loin des engorgements bretonnesques.
Enfin, quand il fallait "parler sérieux",
il le faisait sans hésiter,
comme le prouve, par exemple,
"Le Déshonneur des Poètes",
paru en 1945, où il raille
de façon impitoyable
tous les poètes qui se rallient
à une cause politique, quelle qu'elle soit.
Un grand, un très grand poète,
à qui le narcissisme d'un Breton
et l'opportunisme d'un Aragon
ont causé du tort.
Assurez-vous en : lisez-le. ;o)