Nota Bene
Forum Littéraire Résolument Atypique Tapissé de Mots, de Livres, de Littérature ... Exclusivement Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés mais Non-enclins à la Mièvrerie
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S’enregistrerS’enregistrer  ConnexionConnexion  
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet
 

Fedor Dostoievski.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Masques de Venise
Mécréante Suprême
Mécréante Suprême


Sexe:FémininVerseauRat
Age : 48
Inscrit le : 06 Mai 2005
Messages : 14347
Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.

MessageSujet: Fedor Dostoievski.   Dim 22 Mai - 16:50




Преступление и наказание
Traduction : George Philippenko, Nicolas Berdiaeff et Elisabeth Guertik


Si vous n’avez pas encore lu « Crime et Châtiment » et que vous vous en inquiétez, conservez votre sang-froid et demeurez optimiste : je ne l'ai moi-même achevé que quelques jours après mon entrée officielle dans ma quarante-sixième année.

Il faut dire que, avec son image à la fois mystique et sensuelle, dans la droite ligne de la tradition slave, Fédor Dostoievski a de quoi faire peur. Qui pis est, le malheureux avait, tout comme notre Victor Hugo national, une faiblesse accentuée pour les développements et digressions philosopho-religieuses qui atteignent leur summum dans « Les Frères Karamazov. » Ca et les patronymes russes si pittoresques mais dotés de rallonges multiples ont fait fuir plus d’un lecteur pourtant bien résolu à « aller jusqu’au bout » de Dostoievski. La voie du succès littéraire est jalonnée d'injustices ineptes. Sniffsniff

Je parle d'injustice car, si l’on observe « Crime et Châtiment » d’un point de vue purement technique, on ne peut que s’incliner devant l’impeccable rigueur de la construction. Aucun détail n’y est superflu, un personnage qui nous apparaît « de trop » dans la première partie s’avère en fait essentiel au bon fonctionnement de la troisième, le discours à la fois philosophique et social de Raskolnikov est tout, sauf fumeux, en un mot, si disparates qu’elles se présentent parfois, toutes les pièces du puzzle s’imbriquent au millimètre près.

Certes, on peut tiquer devant le goût mélodramatique de l’époque dont Dostoievski, qui publiait en feuilleton, était évidemment tributaire. Mais la nécessité de pousser le lecteur à acheter « la suite au prochain numéro » est aussi l’une des forces du roman : sans ce besoin, le romancier n’aurait sans doute pas organisé ses scènes de façon à laisser presque toujours le lecteur sur sa faim.

L’épilogue et la « rédemption » du héros laissent aussi à désirer – enfin, c’est mon avis. Mais l’idéologie religieuse de Dostoievski s’inspirant bien entendu du principe chrétien : « Souffrez et il vous sera pardonné » me rend sur ce plan fort peu objective, voire facilement exaspérée, je tenais à le préciser. :dchs:

L’intrigue est à la fois très simple et très complexe. Raskolnikov, jeune étudiant d’une intelligence certaine et même brillante mais de complexion indéniablement caractérielle, se détache de ses études et, au lieu de chercher à les payer en travaillant en parallèle en tant que précepteur ou traducteur occasionnel, comme son ami Razoumikhine, s’enferme peu à peu dans son monde et se pose la question suivante : le meurtre d’un être mauvais, pervers, fourbe, parasite et inutile peut-il se justifier par les bienfaits éventuels que la disparition de cette personne apporterait à plus malheureux qu’elle ? Et, par extension, tout est-il permis en ce bas monde si l'intention est bonne ?

Pendant ce temps, Raskolnikov apprend que sa sœur, Dounia, se décide à épouser un homme qu’elle n’aime pas, Piotr Petrovitch Loujine, afin d’échapper à une situation de gouvernante chez autrui et de garantir du même coup l’avenir de sa mère et aussi les études de son frère.

Dans la fièvre de ses idées et dans la rage de son orgueil, il se rend chez une vieille usurière chez qui il avait déjà déposé un « gage » afin de reconnaître les lieux et l’assassine à coups de hache. Le hasard – encore lui – le force à tuer également la sœur de sa victime, Elisabeth, qu’il prétendait pourtant délivrer la première de la tyrannie de la vieille femme.

De fil en aiguille et même si Raskolnikov, par une chance inouïe (on serait tenté d’écrire la chance du débutant), échappe aux recherches de la Police, la mécanique s’emballe. Bien loin de se sentir délivré et heureux, bien loin de se sentir l’un des ces hommes « extraordinaires » qui, selon lui, ont le droit de tuer pour le bien de l’Humanité, Raskolnikov s’enfonce de plus en plus dans la détresse morale et l’insatisfaction.

En arrière-plan apparaissent une foule de personnages : l’ivrogne et père indigne, l'ancien fonctionnaire Marmeladov, qui a laissé sa fille, Sonia, se prostituer et se mettre « en carte » pour que mange toute sa famille ; Catherine Ivanovna, seconde épouse, puis veuve de Marmeladov (lequel se suicide en se jetant sous les pas d’un cheval de fiacre), qui finit par perdre la raison après l’enterrement mémorable de son époux ; le prétendant de Dounia, Pierre Petrovitch Loujine, l’un des « salauds » les plus terribles et les plus tartuffards de toutes la littérature ; l’exubérant et intègre Razoumikhine, ami et condisciple de Raskolnikov, qui finira pas épouser Dounia ; l'énigmatique Porphyre Petrovitch, juge d’instruction très tôt persuadé de la culpabilité de Raskolnikov et à qui Harry Baur prêta jadis sa silhouette monolithique dans le film de Pierre Chenal ; Lebeziatnikov, le socialiste utopiste, exaspérant mais foncièrement honnête et qui aime en secret Sonia Marmeladov ; et Sophie Semionovna, justement, la fille de Marmeladov, la « fille perdue » qui tombera amoureuse du héros si tourmenté de Dostoievski et le suivra au bagne. Sans oublier le personnage d’Arcady Svridigailov, ex-escroc, ex-tricheur professionnel, propriétaire terrien qui avait failli « perdre de réputation » la sœur de Raskolnikov et qui, toujours amoureux d’elle, se suicide tout à la fin du roman lorsqu’il comprend qu’elle ne l’aime pas et ne l’aimera jamais.

Oui, on se suicide beaucoup chez Dostoievski. Mais cela passe à peine pour une marque de faiblesse. C'est plutôt l'aboutissement d'une quête quasi mystique - en tous cas, je l'ai ressenti comme tel.

Quand on sait que Dostoievski travaillait sans plan pré-établi, conservant les grandes lignes de son intrigue uniquement dans sa tête et avançant à coups de petits dialogues griffonnés sur ses carnets, on ne peut que rester ébloui par le résultat ainsi obtenu. Par sa concision, par l’ampleur des questions qu’il soulève cependant et par la puissance des personnages, « Crime et Châtiment » est un grand livre. Et si vous ne deviez lire qu’un seul roman de Dostoievski, ce serait lui qu’il faudrait choisir. Sans hésitation.
Jelisavecplaisir
_________________
http://notabene.forumactif.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/


Dernière édition par le Mar 17 Juil - 14:26, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
André B.
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene



Inscrit le : 10 Mai 2005
Messages : 3384

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Lun 23 Mai - 2:10

Et ce d'autant plus qu'il y a chez Raskolnikov un peu de chacun des frères Karamazov par exemple.

Raskolnikov est à la croisée de deux mondes, l'ancien c'est à dire celui où l'idéal de vie selon le Christ s'imposait de lui-même et le nouveau, celui sans Dieu.

C'est un peu comme si Raskolnikov allait sonder sa conscience dans l'espoir d'entendre résonner ... difficile à dire que ce qu'il espère entendre résonner, le vide ou l'écho de Dieu ?

On dirait que Dostoievski nous refait le coup du Cogito de Descartes mais d'un point de vue moral.

Et Dostoievski, oui je l'avoue ... ( attention !!! ) et bien j'ai toujours eu l'impression qu'il ne voulait de Dieu que par amour de la morale, si si, histoire de pouvoir fonder la morale en Dieu.

Dieu mène à tout à condition de tourner indéfiniment autour ! :sailor:
_________________
Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance.
Revenir en haut Aller en bas
Heurtebise
Frère du Mime Marceau.



Inscrit le : 13 Mai 2005
Messages : 105
Localisation : Dans les échographes jusqu'au cou ...
Loisirs : Trop peu. Ma femme me le reproche assez - et elle a raison.

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Mar 25 Oct - 21:38

Il était hanté par l'idée de Dieu. Son "sauvetage" devant le peloton d'exécution y est sans doute pour beaucoup. Les Grecs y auraient vu l'oeuvre des Destins mais les Grecs étaient cyniques et les Russes, de leur côté, sont si mystiques ...

Tout ça me donne envie de relire Karamazov.

Au calme, si possible.
Revenir en haut Aller en bas
André B.
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene



Inscrit le : 10 Mai 2005
Messages : 3384

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Mer 26 Oct - 1:34

Les Grecs y auraient vu l'oeuvre des Destins en effet et en auraient sûrement fait une tragédie mais chez eux je pense que Raskolnikov n'aurait pas survécu.

La tragédie grecque est le lieu d'une déchirure entre le domaine de l'humain et celui du " daimon ".

Dans la tragédie russe " Crime et chatiment " que fait Raskolnikov ? Il se demande si Dieu existe et pour en avoir le coeur net il tue deux petites vieilles en se disant qu'il verra bien ce qui se passera ensuite. En gros si Dieu n'existe pas il ne se passera rien puisque alors tout serait permis et si Dieu existe, attention bonjour les chambardements intérieurs !

C'est dans ce meurtre qui s'apparente à une quête que réside la déchirure du héros tragique de Dostoievski.

Je ne peux m'empêcher de penser à la phrase d'Ajax dans la tragédie du même nom de Sophocle qui reprenant ses esprit, Ajax hein pas Sophocle, après avoir tué ses compagnons lors d'une nuit de folie où il les prenait pour des Troyens se réveille et dit " Malheureux, j'ai de mon propre bras déchaîné les génies vengeurs ".

Mais chez les Grecs il n'y a pas de rédemption possible parce qu'en gros il y a d'abord un ordre du monde et un seul contre lequel Ajax a eu le tort de s'élever.
_________________
Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance.
Revenir en haut Aller en bas
Fabien
Littérophage Notabéniste Avec Mention.
Littérophage Notabéniste Avec Mention.


Sexe:MasculinViergeDragon
Age : 19
Inscrit le : 19 Déc 2005
Messages : 466
Localisation : Nancy, Strasbourg
Emploi : Etudiant

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Dim 9 Avr - 19:12

Mon dieu vous en avez vu des choses sur la philosophie religieuse dans ce livre? Je suis en train de livre en plein second tome et l'histoire est passionante, comme la dit masque de venise, nous sommes tenues en haleine comme dans un bon polar. le coté psychologique des personages est vraiment très aboutis à tel point que tout les raisonements semblent parfaitement implacable tout semble limpide, évident.

Tout a été dit par MDV, ce livre me fait une excellente impression.
_________________
Le Blog de Litterale

... et Litterale le site
Revenir en haut Aller en bas
André B.
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene



Inscrit le : 10 Mai 2005
Messages : 3384

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Lun 10 Avr - 0:12

Fabien a écrit:
Mon dieu vous en avez vu des choses sur la philosophie religieuse dans ce livre?


Chez Dostoïevski elle constitue généralement la toile de fond. Lorsque tu lis ses oeuvres principales, tu constates qu'il y a presque toujours un personnage - Aliocha dans les Karamazov et le prince Mychkine dans l'Idiot en sont des archétypes - dont on peut dire " il voulait le royaume de Dieu sur terre. "

Ici Raskolnikov est un personnage dont à la fin du bouquin on peut dire " il voulait le royaume de Dieu sur terre. "

Il ne faut pas négliger cette lecture de type " roman d'apprentissage " ; à mon avis elle constitue l'approche que privilégiait Dostoïevski.
_________________
Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance.
Revenir en haut Aller en bas
Fabien
Littérophage Notabéniste Avec Mention.
Littérophage Notabéniste Avec Mention.


Sexe:MasculinViergeDragon
Age : 19
Inscrit le : 19 Déc 2005
Messages : 466
Localisation : Nancy, Strasbourg
Emploi : Etudiant

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Lun 10 Avr - 18:46

Tu as tout a fait raison ! Mais soit je ne l'ai pas vu parceque je ne l'ai pas fini, soit l'analyse est trop fine pour moi.
_________________
Le Blog de Litterale

... et Litterale le site
Revenir en haut Aller en bas
André B.
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene



Inscrit le : 10 Mai 2005
Messages : 3384

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Mar 11 Avr - 1:24

La première fois que j'ai lu Crime et Chatiment, cela m'avait totalement mais vraiment totalement échappé.

Je pense qu'il y a une spécificité de la grande littérature russe, notamment sa religiosité. Là, on est chez les orthodoxes, plus chez nos catholiques. Je ne suis pas spécialiste des doctrines mais en gros on peut dire que chez nous la religion dit " hors de l'église point de salut, pour accéder au paradis, écoutez et obéissez à vos curés, le royaume de Dieu, ce sera pour plus tard, pour vous récompenser d'avoir été gentil. " Chez les orthodoxes, l'ambiance est plutôt, " eh attention, le royaume de Dieu, c'est ici sur terre qu'il faut le réaliser. " Les religieux, Zossima par exemple dans les Karamazov, sont perçus non comme des obstacles entre l'homme et " le royaume de Dieu " mais comme des sortes de modèles " vivant " ce " royaume de Dieu ".

Dans l'Idiot, le prince Mychkine vit et même fait vivre autour de lui ce " royaume de Dieu " : il va droit à " l'âme souffrante " sans s'arrêter à la convenance. Quand on a lu l'Idiot - qui est assez limpide - on relit Crime et Chatiment avec une nouvelle familiarité dostoïevskienne.

Si tu as le temps, tu peux lire un ou deux évangiles, ça se lit rapidement, même pas une heure par évangile, et continuer Dostoïevski, tu apprécieras davantage car l'ambiance de religiosité s'imposera à toi avec une sacrée évidence !

Raskolnikov c'est le héros de la perdition au bout de laquelle la lumière du rachat se fait, lumière qui lui révèle sa nature angélique. Le père et la belle-mère de Sonia sont aussi un peu des personnages comme ça, il faut qu'ils causent le malheur d'autrui pour éprouver ce sentiment de solidarité humaine.
_________________
Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance.
Revenir en haut Aller en bas
Fabien
Littérophage Notabéniste Avec Mention.
Littérophage Notabéniste Avec Mention.


Sexe:MasculinViergeDragon
Age : 19
Inscrit le : 19 Déc 2005
Messages : 466
Localisation : Nancy, Strasbourg
Emploi : Etudiant

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Dim 23 Avr - 12:59

Voila crime et chatiment est terminé.



Il réside dans ce roman une atmosphère indescriptible; le crime abominable de raskolnikov repose sur une logique presque plausible, presque perceptible bien qu'elle soit fondé je pense sur un orgueil démesuré et sur une confiance en soi trop importante. C'est surement cela qui l'a perdu, i avait tout calculé sauf sa propre défaillance.


Après son double meurtre, tout s'ébranle, il tombe dans une sorte de folie, où razoumikhine son amie va l'aider jusqu'à la fin du roman( et se taper sa soeur Laughing ). Qu'elle ironie tout de même qu'après son meurtre il trouve des solution à son problème , comme si il s'était trop précipité, l'argent de Loujine, son article publié lui aurait permis d'avoir des portes de sortyis et encore plus l'agent de Marfa Petrovna !
Tout ca rajoute certainement à sa souffrance d'avoir tué. Mais cela lui permet indirectement de faire du bien autour de lui...
L'absence de remords jusqu'à la fin m'est incompréhsenible de sa part, surtout pour la soeur de la vieille usurière.



Ne se réfugie-t-il pas à la fin du roman dans la religion lorsqu'a part sofia il n'a plus rien à quoi se raccrocher. J'y vois la une critique de la religion, qui dirait qu'on ne s'intéresse à la religion qu'en dernier recours, que lorsque plus rien ne nous tends la main, comme un ultime secours.
_________________
Le Blog de Litterale

... et Litterale le site
Revenir en haut Aller en bas
Elena
Littérophage Notabéniste.
Littérophage Notabéniste.


Sexe:FémininBalanceSinge
Age : 63
Inscrit le : 04 Aoû 2008
Messages : 98
Localisation : Poitou-Charentes
Emploi : ex interprète
Loisirs : lecture, musique, graphisme, voyages

MessageSujet: Re: Fedor Dostoievski.   Mer 6 Aoû - 16:30

Il ne représentera pas l'âme russe comme beaucoup le pensent, Tchékov est beaucoup plus représentatif du caractère russe.
Dostoïevsky est beaucoup trop excessif avec ses personnages, ils ne sont que des exceptions.
_________________
le rire permet de vaincre en partie la maladie.

http://elenagt.free.fr/elena/
Revenir en haut Aller en bas

Fedor Dostoievski.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: Littérature. :: Littérature Russe.-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet