 Nota Bene Forum Littéraire Résolument Atypique Tapissé de Mots, de Livres, de Littérature ... Exclusivement Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés mais Non-enclins à la Mièvrerie |
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Lisia Littérophage Notabéniste Avec Mention Spéciale.

Inscrit le : 07 Jan 2006 Messages : 1223
| Sujet: Andreï Kourkov Dim 26 Nov - 16:36 | |
| Le pingouin
Mi-thriller, mi-fable loufoque, il s'agit d'un roman dans lequel le héros, Micha, est un pingouin dépressif, recueilli par Victor, dans son appartement, lorsque le zoo de Kiev a du se débarrasser des petits animaux qu’il ne pouvait plus nourrir.
Victor est journaliste, il écrit des nécrologies, pour un quotidien de Kiev, sur des personnalités encore en vie. Il ne pose pas de questions à son rédacteur en chef sur l'utilité de ses écrits, même lorsqu’il s’aperçoit que ces personnalités se mettent à mourir, de plus en plus nombreuses, victimes vraisemblablement de règlements de compte dans un pays où désormais domine la mafia.
Le pingouin est une métaphore, censé représenter l’ukrainien de l’après collectivisme, qui a longtemps vécu passif en « troupeau », et s’est trouvé livré à lui-même et déboussolé après l’indépendance. Interview de Kourkov dans le Magazine Lire : « Un pingouin seul est totalement désorienté. Il ne sait plus quoi faire, ni où aller. Après la chute du communisme, chaque ex-soviétique a dû apprendre l'indépendance, ce qui a été catastrophique pour une grande majorité d'entre eux. »
Un livre trop surréaliste et absurde à mon goût, avec des longueurs. Cependant certaines critiques comparent Kourkov à Boris Vian et Gogol…
Une suite est parue en 2002 : Les pingouins n'ont jamais froid. |
|  | | Lorenzaccio Pape à la Bolognaise à la Basilic Nota Bene


   Age : 22 Inscrit le : 27 Mai 2006 Messages : 1830 Localisation : Dans la lune, souvent... Emploi : compteur de moutons Loisirs : l'art du socque et du cothurne
| Sujet: Re: Andreï Kourkov Dim 26 Nov - 16:53 | |
| J'aime l'absurde et le surréalisme, et j'adore Boris Vian... et les pingouins. Je prends note ! je n'ai jamais lu de littérature russe, je vais m'y mettre ! (dès que j'aurai du temps.. et de l'argent.. éhéh !) _________________ "Les pattes du canard sont courtes, il est vrai ; mais les allonger ne lui apporterait rien." (Tchouang-Tseu)
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|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Andreï Kourkov Jeu 7 Déc - 15:42 | |
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Je l'ai trouvé extraordinaire, ce livre, Lisia. Un style simple, qui va son petit bonhomme de chemin un peu comme Micha le Pingouin qui, se promenant de ci, delà, dans l'appartement de Viktor Zolotarev, évoque en effet tous ces gens de l'Est qui, du jour au lendemain, se sont retrouvés déboussolés après la chute du Mur.
J'en suis encore à me demander comment cela se fait que le lecteur puisse autant s'attacher au héros et aux autres : Micha d'abord (je veux absolument savoir ce qu'il devient, pauvre petit dépressif à qui on vient de greffer un coeur d'enfant parce que, en plus, il souffrait d'un problème cardio-vasculaire) mais aussi Viktor, Sonia, la fille de Micha ("pas le pingouin, l'autre ..."), Nina ...
Parce que le style, je le répète, est très simple, presque minimaliste. Pourtant, en partant d'une prose et d'événements solidement ancrés dans une réalité qui, pour être le quotidien des Ukrainiens, n'en paraît pas moins avoir basculé dans le chaos, Kourkov parvient à créer un roman d'une poésie extraordinaire. J'en redemande ! _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
|  | | André B. Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene


Inscrit le : 10 Mai 2005 Messages : 3374
| Sujet: Re: Andreï Kourkov Jeu 7 Déc - 23:56 | |
| | Lorenzaccio a écrit: | | J'aime l'absurde et le surréalisme, et j'adore Boris Vian... et les pingouins. |
Ce sont des cousins à toi, canard ! _________________ Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance. |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
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   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Andreï Kourkov Sam 6 Jan - 19:15 | |
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Le lecteur qui avait laissé Viktor (Vitia) Zolotarev s'embarquant pour l'Antarctique à la place de son pingouin Micha - de son manchot, pour être exact - parce qu'il était poursuivi par une bande de malfrats, assiste à son retour à Kiev, muni d'une commission importante et d'une carte de crédit que lui a confiées un banquier rencontré sur le navire polaire.
Quand il téléphone à son appartement, c'est pour apprendre, par l'entremise de la petite Sonia - laquelle voit la chose d'un mauvais oeil - que Nina s'est mise en ménage avec un parfait abruti. Et le médecin qui a opéré Micha a une nouvelle encore plus mauvaise à lui apprendre : suite à l'un de ces concours de circonstances à la fois farfelu et très logique qu'affectionne l'auteur, le pingouin a été emporté par l'un des créanciers du "bienfaiteur" qui avait fourni l'argent pour l'opération.
A partir de là, Viktor n'aura de cesse de récupérer Micha. Pour ce faire, il n'hésitera pas à se vendre comme "esclave" en Tchétchénie et à y affronter le redoutable Khatchaïev. Mais c'est en définitive grâce à l'aide de ce dernier que Viktor comme Micha - mais à quinze jours d'intervalle l'un de l'autre - parviendront à rentrer en Russie.
Cette suite du "Pingouin" n'est pas d'un comique aussi absurde que le premier volume. Sous le sourire et la gaieté dont Kourkov ne se départ jamais, se dévoile une Russie où la pègre s'allie impunément à l'Etat pour remporter les élections et où l'on peut regretter non pas l'URSS mais l'ordre relatif qu'elle avait instauré. La guerre en Tchétchénie est traitée avec pudeur mais sans complaisance et Kourkov renvoie les combattants dos à dos, raillant au passage l'orgueil insensé des rebelles Tchétchènes. Bref, la Russie de Kourkov est une jungle où il faut savoir fermer les yeux si l'on veut survivre.
A la fin du roman, Viktor quitte Kiev, laissant cette fois-ci Nina et Sonia à la charge de son ami Liocha mais dans son appartement. Mais Micha l'accompagne et l'épilogue voit enfin le pauvre manchot rejoindre l'Antarctique. Une fin douce-amère car de Viktor ou du lecteur ayant suivi ses aventures, qui pourra dire qui s'était le plus attaché à ce curieux compagnon, muet certes mais dont les yeux parlaient si bien ? ... _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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