Carla
Déléguée Syndicalement Littéraire




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Sujet: Richard Wright Ven 21 Aoû - 21:06 |
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Black Boy Ce livre, je me souviens l'avoir toujours vu dans toutes les bibliothèques que j'ai fréquentées. Mais je ne sais pas pourquoi, je ne l'avais jamais emprunté. Je remettais toujours sa lecture à plus tard. Et puis il y a qq semaines, passant une fois de plus à côté, cette fois-ci a dû être "la bonne", et je l'ai mis dans la PAL estivale empruntée à la médiathèque. Et je suis contente de ne l'avoir emprunté que maintenant. J'ai eu le sentiment que ce bouquin éveillait un écho en moi, que je le lisais au bon moment. Sentiment rare. Bref, Black Boy raconte l'histoire de Richard Wright lui-même, petit gamin noir né à Natchez, Mississippi, en 1908. Il grandit dans un Sud où la ségrégation est loi, et où la violence des blancs vis à vis des noirs s'exprime autant par des actes violents (tels ceux du KKK) que par mépris et actes de vexation quotidiens. Mais Richard se sent différent. Mais il ne se sent pas différent des blancs, non, il se sent différent des noirs qui craignent les blancs, ne comprend pas comment une différence de couleur peut générer une rupture aussi importante entre deux parties de l'humanité. Sa vie va forcément être compliquée, difficile, puisqu'il devra se battre non seulement contre le racisme des blancs mais aussi contre l'incompréhension des siens, et parfois contre son propre mal-être né de son sentiment de différence, qu'on pourrait qualifier de lucidité. Un roman très différent de ce à quoi je m'attendais. Je m'attendais à un truc dur, mais romancé, style Cosette et le KKK. Mais j'ai eu la surprise de trouver un roman bien plus profond, très introspectif, tout en étant très engagé, et j'ai préféré cela. Wright est un auteur noir, mais aussi et surtout torturé, émotif, différent de la plupart des gens, et on devine que ce n'est pas le seul fait de sa naissance à Natchez, Mississipi, en 1908. Il sort de l'anecdote pour atteindre à l'universel, et je comprends donc que son roman soit toujours édité et réédité, depuis 1945 date de sa première parution.
| Citation: | Le rêve que j'échafaudais, tout le système d'éducation du Sud avait pour mission de l'étouffer. L'état du Mississippi avait dépensé des millions de dollars pour s'assurer que je n'éprouverais jamais les sentiments que j'étais précisemment en train d'éprouver ; je commençais à ressentir ce que les lois de ségrégation des Nègres devaient empêcher de laisser parvenir à ma conscience ; j'agissais d'après les impulsions que les sénateurs du Sud, dans la capitale de notre pays, s'étaient efforcés d'éliminer dans la vie noire ; je commençais à rêver les rêves que l'Etat avait proclamés faux, dont les écoles avaient dit qu'ils étaient tabous.(...) Je n'avais que quatorze ans. Au point de vue scolaire, j'étais très en retard sur la moyenne des jeunes gens du pays, mais je l'ignorais. En moi naissait le désir d'une sorte de conscience, d'un mode d'existence qui étaient niés et bannis par tout ce qui m'entourait et qui étaient sanctionnés par la peine de mort. Quelque part au fond de la nuit du Sud, ma vie avait été aiguillée sur une fausse voie, et sans que j'en eusse conscience, la locomotive de mon coeur descendait à toute allure une pente raide et dangereuse, allant au-devant d'une collision, au mépris des feux rouges qui scintillaient autour de moi, des sirènes, des coups de sifflets, et des hurlements qui remplissaient l'atmosphère. |
Un roman majeur dans l'histoire littéraire du XXème siècle !
_________________ Avoir un Corps m'est effroi - Avoir une Âme m'est effroi Profonde - précaire Propriété - Possession, non choisie Emily Dickinson
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