Nota Bene

Forum Littéraire Résolument Atypique Tapissé de Mots, de Livres, de Littérature ... Exclusivement Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés mais Non-enclins à la Mièvrerie
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
 

Mary McCarthy.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Masques de Venise
Mécréante Suprême
Mécréante Suprême


Sexe:FémininVerseauRat
Age : 48
Inscrit le : 06 Mai 2005
Messages : 14761
Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.

MessageSujet: Mary McCarthy.   Sam 10 Fév - 12:06

Mary McCarthy était la soeur de l'acteur américain Kevin McCarthy (qui joua notamment dans l'adaptation de "Mort d'un commis-voyageur" que tourna Lazlo Benedek en 1951) et la cousine du sénateur Eugène McCarthy.

Orpheline très jeune - ses parents furent emportés par la grippe espagnole de 1918 - elle fut recueillie par des parents de son père qui lui menèrent la vie si dure que ses grands-parents maternels la prirent finalement chez eux.

Cette partie de sa vie, aussi bien les jours pénibles passés chez les premiers (qui étaient catholiques, il faut souligner le fait) que les joies connues chez les seconds (la grand-mère était d'origine juive, le grand-père protestant), Mary McCarthy l'a abondamment dépeinte dans "Memories of a Catholic Goodgirl."

Son rejet, d'abord de la religion catholique où elle était née, puis de toute religion, constitue l'une des bases de son oeuvre. Dans les années 30, il l'entraînera également vers les communistes américains mais elle deviendra bientôt une dissidente officielle puisqu'elle épousera la cause de Trotsky face à celle de Staline.


Par la suite, l'âge venant, elle se rend compte du décalage existant, dans les doctrines communistes (comme d'ailleurs, bien souvent, dans toutes les autres doctrines) entre la théorie et la pratique. Aussi prend-elle du recul, ce qui, dans les années 50, lui permettra de critiquer (dans "The Nation" et "The Republic News") aussi bien le mouvement communiste américain que les déchaînements du sénateur McCarthy.

Pour en terminer avec la femme, ajoutons qu'elle s'est mariée quatre fois et qu'elle a eu un fils, Reuel, de son second mari, l'écrivain et critique Edmund Wilson.

Mary McCarthy s'est éteinte en 1989, à l'âge de 77 ans. Elle n'avait jamais renié ni ses convictions foncièrement libérales, ni ses amitiés, notamment avec Hannah Arendt avec qui elle entretint une longue correspondance.


_________________
http://notabene.forumactif.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/


Dernière édition par le Sam 10 Fév - 13:10, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Masques de Venise
Mécréante Suprême
Mécréante Suprême


Sexe:FémininVerseauRat
Age : 48
Inscrit le : 06 Mai 2005
Messages : 14761
Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.

MessageSujet: Re: Mary McCarthy.   Sam 10 Fév - 12:19

L'oeuvre de Mary McCarthy est essentiellement satirique. Dès le départ, avec "The Company She Keeps", son premier roman paru en 1942, elle raille les intellectuels new-yorkais de la fin des années trente et on la verra reprendre le même paris, dans les années soixante, avec "Le Groupe" - dont je suis sûre qu'il a été, lui, traduit en français Wink .

Est également sorti en français "La Vie d'Artiste" - dont je reparlerai bientôt. En revanche, je ne pense pas que "Vietnam" (en 1967), "Cannibals & Missionaries" (1979) et "The Mask of States : Watergate Portraits", qui date de 1974, aient été traduits, ce qui est dommage car l'oeuvre de McCarthy est plaisante, aigue, féroce.

On notera un fait curieux et qui prouve bien une certaine mentalité sévissant en France depuis de trop nombreuses années : si la staliniste Lilian Hellman (avec qui Mary McCarthy eut un long et mémorable contentieux) sa sa fiche sur Wikipédia, Mary McCarthy y est inconnue.

Si j'avais plus de temps, j'y remédierais ... Wink

Au fait, y en a-t-il, ici, qui ont déjà entendu parler de Mary McCarthy ?
_________________
http://notabene.forumactif.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Revenir en haut Aller en bas
Julie
Grande Prêtresse du Livre
Grande Prêtresse du Livre


Sexe:FémininVerseauCoq
Age : 27
Inscrit le : 31 Mar 2006
Messages : 2741
Localisation : Paris, hélas
Emploi : Libraire
Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général

MessageSujet: Re: Mary McCarthy.   Sam 10 Fév - 13:15

Je n'ai lu qu'un échange de lettres entre elle et Philip Roth, reproduit dans Parlons travail de Roth. Mais sinon, rien pour l'instant, mais c'est un nom que je croise souvent.
_________________
Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)

Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde)
Revenir en haut Aller en bas
Masques de Venise
Mécréante Suprême
Mécréante Suprême


Sexe:FémininVerseauRat
Age : 48
Inscrit le : 06 Mai 2005
Messages : 14761
Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.

MessageSujet: Re: Mary McCarthy.   Dim 11 Fév - 14:02



Titre original : A Charmed Life
(Traduction : Denise Meunier)


John et Martha Sinnott sont de retour à New Leeds, une petite communauté sise non loin de Boston. Pourquoi "de retour" ? Parce qu'ils y ont jadis causé scandale, le premier en recueillant une nuit la seconde, que son mari de l'époque, Miles Murphy, avait jetée hors de chez elle.

Il n'y avait d'ailleurs aucune raison valable à ce que Miles se comportât ainsi. Hormis le goût prononcé du monsieur pour l'alcool et son tempérament plutôt colérique.

En revenant à New Leeds, le couple a conscience de faire une bêtise mais cependant, un peu comme dans une tragédie classique - dont l'analyse sera faite au milieu du roman par Miles et Martha, prenant exemple de la "Bérénice" de Racine - ils se sentent obligés de le faire.

A New Leeds, ils ont gardé au moins un couple d'amis, les Coe. Warren, le mari - l'un des personnages les plus attachants du roman - est un peintre préoccupé de questions existantielles et qui n'a pas encore percé. Jane, l'épouse, issue d'une famille très aisée, a choisi de se marier dans la bohême tout d'abord parce qu'elle aimait Warren, ensuite parce qu'elle pensait, non sans raison, qu'un artiste accepterait sans rien dire son peu d'empressement envers les obligations ménagères. Infiniment moins sympathique que son mari, Jane est une épouvantable bavarde qui se passionne pour la vie privée d'autrui et, ce qui est plus grave, est parfaitement capable de provoquer certaines rencontres simplement pour voir ce qui en découlera.

C'est ainsi qu'elle s'arrange pour que les Murphy (Miles s'est remarié avec Helen et en a eu un enfant), de passage chez elle, tombent nez à nez avec John et Martha. Quelques heures plus tôt, elle avait lâché devant Miles que Warren venait d'achever le portrait de son ancienne femme et bien évidemment, Miles avait demandé à voir l'oeuvre achevée.

Ce n'est pas un hasard si Mary McCarthy a choisi de faire un lien entre le monde du théâtre et quelques uns de ses héros : Miles a écrit des pièces et Martha est en train d'en rédiger une ; tous deux se sont rencontrés alors que la jeune fille débutait sa carrière de comédienne - qu'elle a abandonnée pour lui ; Warren et Jane sont passionnés par le théâtre classique ; etc ...

Et, ainsi qu'au théâtre, Martha se voit acculée à rencontrer son Destin non pas poussée par sa volonté propre (encore que ...) mais bel et bien parce qu'il existe autour d'elle une sorte de conspiration plus ou moins consciente pour l'y contraindre. L'issue sera dramatique.

Roman subtil, écrit en un style assez spécial qui fait alterner le passé simple et le présent, "La Vie d'Artiste" est une analyse au scalpel d'une femme profondément masochiste et singulièrement dénuée de volonté positive, qui a choisi de vivre au milieu de sadiques (Jane Coe, Miles Murphy), d'indifférents (Sandy Gray) ou de faibles (Dolly Lamb, Warren Coe et même John Sinnott). Ce qui ne l'empêche pas d'avoir, comme on dit, du caractère, à l'exemple de ces gens qui consacrent toute leur vie à s'auto-détruire avec délectation. Sur l'ensemble, se greffe une dénonciation ironique d'un certain mode de vie et, plus encore, d'une certaine tournure d'esprit que l'auteur a dû croiser bien souvent dans les milieux qu'elle-même aimait à fréquenter.

Un roman que j'ai longtemps méconnu mais qui m'a vraiment donné envie de connaître un peu plus son auteur - et le reste de ses écrits.
_________________
http://notabene.forumactif.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Revenir en haut Aller en bas

Mary McCarthy.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: Littérature. :: Littérature made in USA.-