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Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. |
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Nymphéa
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Sujet: Joyce Carol Oates Ven 26 Déc - 12:15 |
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On pourrait dire que je suis une inconditionnelle. Je ne vous la présente pas puisque cela a déjà été fait. J'aime son écriture fluide (qui se lit facilement); ses histoires sont toujours d'excellents témoignages des réalités de l'époque où elle les écrit; elle démystifie aussi certains tabous (l'amour entre noirs et blancs, l'homosexualité, le viol, les rapports de classes,...) et jette un regard féroce et ironique sur les préjugées, les faux-semblants, les idées reçues; cependant, on sent toujours par derrière qu'elle comprend ses personnages et a quelque compassion pour eux; elle les campe à petites touches ,toujours d'une profonde finesse psychologique, et arrive à nous faire comprendre pourquoi ils sont ainsi, comment la vie les a formés, ou trop adulés ou trop malmenés. J'ai lu mon premier ouvrage en 83: "Bellefleur", qui m'avait grandement impressionnée. Le plus marquant pour moi et le plus beau: "Nous étions les Mulvaney", où comment dans une famille à-priori idyllique le drame que l'on veut tenir caché face à la société mais aussi par peur, bassesse, honte, tabou, la loi du silence, va marquer chacun dans sa vie la plus intime et le transformer pour le pire et le meilleur, changer son rapport à l'autre, marquer à tout jamais sa vie. Mais aussi l'Amérique profonde des années 76. Sur la jeunesse et l'adolescence :"Confessions d'un gang de filles" et plus contemporains "Nulle et Grande Gueule" J'arrête pour ce jour dans l'attente de vos commentaires... A plus .
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Julie
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Sujet: Re: Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. Ven 26 Déc - 20:47 |
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Tu as lu Hudson River, Nymphéa ?
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Nymphéa
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Sujet: Pour Julie Ven 26 Déc - 21:13 |
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Je te retrouve donc sur ce lien après t'avoir lue sur Bienvenue, donc re-bonsoir.
Oui, j'ai lu "Hudson River", en 2007 déjà...Que je me souvienne :une critique acerbe des riches américains, de leurs faux-semblants et préjugés, sous couvert d'oeuvres de bienfaisance et de pseudo-intellectualités, les commérages de ces dames oisives et pourtant si occupées de leurs nombreuses occupations vides de sens et surtout de compassion, persuadés tous d'être les meilleurs et remplis de condescendance, s'érigeant en juges des bonnes moeurs. Une belle histoire d'amour aussi. Et d'ostracisme. Un livre sombre si je me souviens. Un des Bons romans de JC Oates. Et toi, ton avis sur le livre ou sur l'auteur?
:-)
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Julie
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Sujet: Re: Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. Ven 26 Déc - 23:00 |
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Re-bonsoir ! Je n'ai pas encore d'avis sur Oates, Hudson river sera mon premier de cet auteur ! J'ai un peu le vertige devant l'énormité de sa production. J'étais tentée par La fille du fossoyeur mais il a reçu de très mauvaises critiques.
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Nymphéa
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Sujet: toujours nous Sam 27 Déc - 20:26 |
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Julie, c'est encore Nymphéa...Bon, le Smiley: ça marche! J'espère que tu aimeras "Hudson River" qui est un bon livre; "La fille du fossoyeur", je ne le connais pas. Bonne Lecture!!! Et toi quel est ton dernier coup de coeur?
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Masques de Venise
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Sujet: Nulle & Grande Gueule Jeu 12 Fév - 23:12 |
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Big Mouth & Ugly Girl Traduction : Claude Seban
J'ai acheté ce roman dans la collection Folio et rien, sur la jaquette, ne précisait qu'il s'agissait là d'un roman écrit pour un public d'adolescents. Gallimard l'a d'ailleurs édité également dans sa collection Folio-Jeunesse, c'est tout dire. (Merci, Julie, pour le renseignement. )
A quinze ans déjà, je ne me sentais guère en adéquation avec mes contemporains. Alors, le fait de me retrouver précipitée, fût-ce par la grande Joyce Carol Oates, dans cet univers si spécial qu'est l'adolescence, ne m'a pas vraiment séduite. Si encore Oates, fidèle à elle-même, s'était attachée à des adolescents glauques, vénéneux, leur imposant un destin du même style et clôturant son roman sur l'une de ces chutes dont elle a le secret ! ... Quelque chose comme "Délicieuses pourritures", vous voyez ...
Mais non. Peut-être surveillée par quelque censeur éditorial soucieux de convaincre les adolescents américains que, finalement, ils auraient bien tort de croire que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue, la romancière, après une première partie remarquable, s'enlise dans les conventions habituelles du genre et, tenez-vous bien, il y a même une happy end.
A la limite, c'est de l'anti-Oates.
En tous cas, ce roman, je l'ai ressenti comme tel.
Puis, je me suis posé la question : ayant une pré-ado à la maison, quel livre lui conseillerais-je plutôt de lire ? "Nulle & Grande Gueule" ou "Délicieuses Pourritures" ? ... Bon, le premier, bien sûr, pour l'instant parce que "Délicieuses Pourritures", c'est plutôt gratiné. Mais tout en lui disant qu'il s'agit là d'un roman mineur au sein de l'exubérante jungle oatesienne, un roman gentillet mais utopiste, avec un parfum fleur bleue qui charme quand on a quinze ans mais déconcerte lorsqu'on en a vingt de plus - quand encore il ne fait pas ricaner. Un roman surtout qui ne restitue en rien le génie authentique de son auteur.
Pourtant, Oates dépeint admirablement la hantise des parents et des autorités depuis le massacre de Colombine. Tout comme elle fustige, implacable, les mille petites lâchetés des parents et des élèves lorsqu'ils se trouvent confrontés à la prétendue dangerosité de Matt (surnommé Grande Gueule). Ses obsédés religieux, on y croit aussi : haineux, obtus, naturels, quoi !
Mais justement, sur de telles vérités, on ne peut tenter de fixer par la suite le masque étroit et ridicule d'un amour adolescent qui grandit au mépris de tout, de la récompense accordée aux "gentils" tandis que les "méchants" subissent leur châtiment, de la fin idyllique s'ouvrant sur un avenir de rêve (ou presque).
Parce que la vie, ça n'est pas ça du tout. La vie, elle est toujours plus proche de "Délicieuses Pourritures" que de "Nulle & Grande gueule" : c'est cynique de le dire et de l'écrire, mais c'est vrai.
Enfin, un peu de rêve ne fait pas de mal. Dommage que Oates donne l'impression de s'être réveillée à la moitié du livre.
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Masques de Venise
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Sujet: Hudson River Mar 14 Avr - 13:33 |
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Hudson River Traduction : Claude Seban
Joyce Carol Oates fait partie de ces auteurs prolifiques qui imaginent des intrigues fouillées et des personnages à l'avenant. D'un tempérament de fresquiste, elle ne semble jamais à court pour faire sortir de son cerveau des protagonistes qui, bien que présentant des points communs puisqu'ils naviguent tous dans le vaste océan de la société américaine, se révèlent toujours aussi différents que pourraient l'être leurs empreintes génétiques. En ce sens, on peut voir en Oates un écrivain populaire, comme Balzac, Hugo, Zola le furent en leur temps et son oeuvre restera certainement comme l'une des plus importantes dans la littérature étatsunienne et mondiale du XXème siècle.
Même s'il n'appartient pas pour moi aux ouvrages majeurs, "Hudson River" ne contrevient pas à ces règles générales. La romancière y utilise une mort accidentelle - celle d'Adam Berendt, sculpteur atypique qui avait choisi de s'installer dans la banlieue chic de la ville de Salthill, Hudson River - comme un levier destiné à peser sur la vie des principaux amis et relations d'Adam et à y créer une brèche par laquelle, avec les interrogations, va s'introduire le désir de plus en plus impérieux de se remettre en question.
Ce sont surtout les femmes qui se sentent concernées par la disparition d'Adam. Des femmes qui, presque toutes, avaient rêvé de devenir sa maîtresse mais qui n'avaient jamais été pour lui que des amies. Dans leur ombre, leurs conjoints qui, eux aussi, vont être gagnés par la volonté d'une existence différente. Tout ce qu'ils découvrent ne pas savoir sur leur ami disparu les poussent toutes et tous à revoir leur mode d'existence, à le rêver plus conforme ... A quoi ? A ce qu'Adam aurait voulu pour eux, pensent certain(e)s. A ce qu'Adam avait réussi à faire de sa propre existence, estiment les autres.
En filigrane, pour les plus fidèles - et, en ce domaine, ce sera Augusta Cutler qui se révèlera la plus digne - la quête du véritable Adam Berendt.
Peut-être certains trouveront-ils assez pénibles les premières pages du livre. Tel fut mon cas, je l'avoue sans honte. Puis j'ai compris que ces hachures geignardes et ces phrases tronçonnées, soulignant le battement affolé des pensées de celle qui, la première, apprend la mort d'Adam, Marina Troy, la libraire du coin, pour laquelle il avait fait beaucoup et qui, comme les autres, rêvait de l'avoir pour amant, servent aussi à fixer le caractère du personnage avant qu'il ne parte à la recherche de lui-même.
Quoi qu'il en soit, "Hudson River" est un roman honorable, construit aussi solidement qu'à l'accoutumée et idéal pour des vacances tranquilles mais il n'est en rien comparable à ces très grandes pointures que sont, chez Oates, "Nous étions les Mulvaney", "Blonde" ou encore "Délicieuses pourritures." Qu'on se le dise et on n'encourra aucune déception.
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Julie
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Sujet: Re: Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. Lun 20 Avr - 19:59 |
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Le journal de Joyce Carol Oates, qui est sorti en français depuis quelques semaines, fait un tabac.
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Sujet: Re: Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. Lun 4 Mai - 17:52 |
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Je viens de finir Hudson River et je l'ai trouvé vraiment captivant et beau.
Compte tenu de tes remarques Masque de Venise, j'ai hâte de découvrir ses autres oeuvres :-)
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Sujet: Re: Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. Jeu 5 Nov - 18:21 |
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J'ai finalement pris Les chutes.
Comme Hudson river, çà se lit très bien, pourtant, malgré de meilleures critiques, j'ai moins accroché sur celui-ci. Je pense que c'est dû au personnage d'Ariah, personnage intéressant mais moins attachant que ne l'était Adam en fait.
Mais je continuerai sur cet auteur. J'ai pris dernièrement La fille tatouée...à voir ;-) Blonde, je laisse cette oeuvre de côté, s'agissant apparemment de Maryline Monroe, çà ne m'intéresse pas trop.
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Sujet: Re: Joyce Carol Oates alias Rosamond Smith. Sam 14 Nov - 21:45 |
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"Blonde" est l'un de mes préférés. C'est un pavé mais il est surtout intéressant parce que, pour une fois, c'est une femme qui évoque la personnalité de Marilyn Monroe. C'est évidemment un bio fantasmée plus qu'autre chose mais c'est du meilleur Oates.
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Sujet: Zombi Sam 14 Nov - 22:17 |
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Zombie Traduction : Claude Seban
Extraits
Personnages
Roman relativement court puisqu'il ne dépasse pas les cent-quatre-vingt-quatre pages en édition du Livre de Poche, "Zombi" possède le froid et l'impitoyable tranchant d'un couteau de boucher. Je ne dirai pas "scalpel" puisque Oates limite son intrigue au premier meurtre, demeuré impuni parce que non découvert, de son anti-héros, Q ... P ..., et que celui-ci, en dépit d'une préméditation que le lecteur découvre avec une horreur croissante, en est encore à tâtonner pas mal sur la voie du crime en série.
C'est donc un serial killer non pas néophyte mais encore en phase de "formation" que nous décrit la romancière. Les brouillards de son esprit et de son âme sont d'autant plus impénétrables que Q ... P ... est et restera notre seule "voix" de référence. Tient-il un journal ou ne s'agit-il que de ses pensées auxquelles Oates, par l'autorité de l'écrivain, nous donne accès sans autre forme de procès ? On ne le sait pas mais le résultat fascine autant qu'il angoisse.
Non sur l'instant - enfin, certainement pas pour celles et ceux qui s'intéressent au phénomène des tueurs en série et ont déjà lu des ouvrages, documentaires ou pas, sur le sujet - mais une fois le livre refermé et rangé. En effet, "Zombi" ne connaît pas l'espoir.
Q ... P ... n'est pas mauvais, au sens où l'entendent la plupart des religions et le commun des mortels, non, il est simplement fait comme ça : tel un enfant de six ans qui souhaite désespérément qu'on lui offre un jouet bien précis, notre anti-héros veut se procurer une sorte d'esclave lobotomisé qui lui obéirait sans états d'âme. Viscéralement incapable de songer à la douleur infligée par son délire aux uns et aux autres, il ne songe qu'au meilleur moyen d'obtenir ce qu'il désire. Non, répétons-le, il n'est pas mauvais : il n'a aucune notion du Bien, ni du Mal, c'est tout, et à peine celle de l'Interdit, un interdit qu'il ne comprend pas du tout et qu'il cherche simplement à contourner.
Pourtant, il est loin d'être idiot et sait très bien calculer et prévoir, mais toujours en fonction de ce que ces prévisions peuvent lui rapporter - ou lui éviter de fâcheux. Sinon, c'est le néant. Claquemuré dans un monde que les psys peinent à saisir, il avoue lui-même, avec une innocence étrange, ne pas avoir de rêves.
Sur son passé, Oates nous donne le minimum de détails : un père à la carrière de chercheur et d'universitaire exemplaire, une mère attentionnée, une soeur aînée brillante et une grand-mère aimante. "Un peu trop de femmes," entonnera certainement le choeur des psys. Sans aucun doute mais cela n'explique en rien l'abîme qui dort en Q ... P ...
Raffinement suprême, Oates pousse le sadisme envers son lecteur jusqu'à lui instiller goutte à goutte la certitude que, au-delà l'apaisement de ses désirs sexuels, Q ... P ... recherche en l'acte de tuer quelque chose qui nous dépasse tous, lui y compris, et dont il nous est impossible de nous faire une idée claire.
C'est en cela que "Zombi" est terrifiant, d'autant qu'il se termine sur la vision d'un Q ... P ... pour qui le meurtre va devenir une routine. En d'autres termes, le pire est à venir et Joyce Carol Oates vous laisse l'imaginer à loisir.
Du grand art.
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