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Frederick Busch

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Masques de Venise
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MessageSujet: Frederick Busch   Mer 9 Jan - 1:53

Ce romancier américain, qui a plus d'une quinzaine de titres et de nombreuses récompenses à son actif et qui, malgré cela, est pratiquement inconnu en France, est né le 1er août 1941 à Brooklyn, New-York et est décédé dans la même ville, mais à Manhattan, le 23 février 2006.

Dans son pays, il est considéré comme un maître dans l'art de la nouvelle.

A ce jour, traduits en français, vous trouverez : "Souvenirs de guerre", qui date de 1989 et "L'Inspecteur de Nuit", dont j'espère pouvoir vous parler demain, et qui date de 2003. Le premier roman de Busch qui fut traduit en français, c'est "Filles", que je n'ai pu découvrir sur aucun catalogue - et il est en fait son dix-huitième.

Vu la qualité de cet écrivain, c'est vraiment dommage.



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MessageSujet: Re: Frederick Busch   Mer 9 Jan - 20:34



The Night Inspector
Traduction : Nadia Akrouf


Sobre et tranquille, "L'Inspecteur de Nuit" dérange.
Son titre fait référence au personnage de M., qui n'est autre que le romancier américain Herman Melville, autrefois auteur connu et encensé dans les journaux américains mais désormais oublié et qui subsiste avec sa famille en tant qu'inspecteur des douanes dans le port de New-York.

Le narrateur, lui, s'appelle William Bartholomew. Pendant la guerre civile, il était tireur d'élite (ou sniper, comme vous préférez) pour l'armée de l'Union. Il a traqué, il a tué. Un jour, la chance a tourné. Un confédéré l'a visé, l'a raté mais a fait éclater le magasin de son fusil - un fusil utilisé aussi pour tirer le bison. L'explosion l'a défiguré à tout jamais mais il a survécu. Depuis la fin de la guerre - nous sommes en 1867 - il s'est créé ne position en spéculant à New-York. Il a peu d'amis - il ne fait pas confiance. De plus, il porte désormais un masque de porcelaine blanche, avec deux trous pour les yeux mais aucun pour la bouche. Quand il veut manger en public, il pose un voile sur sa tête et alors seuleement, il enlève son masque ...

Et malgré tout ça, malgré son enfance, aux mains d'un oncle pédophile qui avait mis le marché entre les mains de sa mère : "Ou tu couches avec moi, ou je viole ton fils", malgré un certain nombre de choses que l'on apprend peu à peu, on se prend d'affection pour cet homme en apparence si froid mais d'une intégrité morale exemplaire. Car on peut aimer à tuer et être honnête.

Bartholomew a une maîtresse, une prostituée métisse, Jessie, qui parvient à le convaincre de sauver un certain nombre de petits enfants noirs qui, bien que l'esclavage n'existe plus en théorie, sont tout de même susceptibles de se retrouver prisonniers de tel ou tel sombre organisme - et bien loin des Etats confédérés, soyez-en certains.

Et tout cela se passe dans un New-York qui n'est pas encore "la Grosse Pomme" mais qui commence à enfler, à ne plus se sentir, à déborder. Les principes de l'aristocratie fondatrice, celle des planteurs de coton, ont été balayés par la guerre : place à la consommation, au capitalisme triomphant, à l'exploitation. Oh ! on a libéré les Noirs, oui ... Mais c'était pour les rassembler dans les quartiers les plus pauvres des villes du Nord, se donner bonne conscience en se disant qu'on avait fait une très bonne action et puis ... partir, s'en aller et les laisser là, avec leur misère.

Bartholomew utilisait un fusil pour tuer mais il y a tant de manière de tuer. Surtout, ne vous fiez pas aux apparences : les gentils ne sont jamais si vertueux qu'ils veulent le faire croire et les méchants ne sont pas tous des salauds.

Un grand livre, au charme discret et vénéneux, dont on ne saisit tout le désespoir et l'amertume que très lentement. En revanche, on ne l'oublie pas de sitôt
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Frederick Busch

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