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Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Sujet: Flannery O'Connor Lun 20 Oct - 21:17 |
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Mary Flannery O'Connor naquit le 25 mars 1925 à Savannah, en Géorgie. Elle était la fille unique d'Edward et Regina O'Connor. Son père était atteint d'un lupus qui ne fut diagnostiqué qu'en 1937 et qui l'emporta le 1er février 1941, alors que Flannery avait quinze ans. La maladie était malheureusement héréditaire et Edward l'avait léguée à son tour à sa fille.
Après son diplôme de fin d'études, obtenu en 1942 à la Peabody Laboratory School, elle intègre le Georgia State College for Women pour y étudier les Sciences sociales. En 1946, elle est acceptée à l'Iowa Writers'Workshop. En 1951, des examens révèlent la présence du lupus héréditaire (lupus érythémateux disséminé) et son espérance de vie n'est que de cinq ans - elle survivra dix ans de plus. Elle retourne alors dans sa ferme natale, à Milledgeville, où elle élève des oiseaux de toutes sortes, y compris des specimens exotiques. Elle avait un faible pour les paons et leur consacrera un essai : "The King of Birds."
Bien que la maladie la forçât à vivre un peu dans un cocon, son oeuvre révèle une étonnante compréhension des diverses nuances qui font l'être humain. Catholique exilée dans le Sud protestant, elle s'intéressait énormément à la théologie et avait, parmi ses livres de chevet, ceux de St Thomas d'Aquin.
Maladie et vie recluse obligent, elle entretint une large correspondance, notamment avec des écrivains comme Robert Lowell et Elisabeth Bishop.
Elle mourut à 39 ans, le 3 août 1964, des complications causées par sa maladie et fut inhumée à Milledgeville, en Géorgie, au Memory Hill Cemetery. Sa mère, avec qui elle avait vécu jusqu'à la fin, devait décéder en 1997.
De nos jours, Flannery O'Connor est considérée comme l'un des écrivains les plus importants de sa génération. Elle a écrit deux romans et trente-deux nouvelles sans oublier un grand nombre de chroniques, de lettres et de commentaires dans des revues.
Elle était et demeure un écrivain sudiste, puisant son inspiration dans la vie quotidienne des petites gens qu'elle connaissait bien. Mais elle les dépeint sans aucun angélisme, d'un oeil critique qui enregistre absolument tout, avec un réalisme qui inclut la cruauté et le cynisme. Il y a de la malice, beaucoup de malice, chez O'Connor et on a souvent l'impression qu'elle s'amuse de l'horreur qu'elle provoque chez son lecteur. Elle aime également placer dans ses histoires un détail qui décale tout : intrigue, personnages, jusqu'aux réflexions du lecteur. Et c'est ce mélange assez iconoclaste qui la rend aussi attachante.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Dernière édition par Masques de Venise le Lun 20 Oct - 21:25, édité 1 fois
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Masques de Venise
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Sujet: Les Braves Gens Ne Courent Pas Les Rues Sam 25 Oct - 21:06 |
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A good man is hard to find Traduction : Henri Morisset
Un recueil de dix nouvelles qui démarre très, très fort avec celle qui donne son titre à l'ouvrage. Tout commence pourtant en douceur, avec une paisible famille de fermiers qui a pour projet un petit voyage en Floride. La grand-mère, femme rigolote et avisée, y est seule hostile : elle en tient pour le Tennessee qu'elle n'a pas vu depuis des années. Elle fait donc des pieds et des mains pour que son fils, Bailey, de guerre lasse, se résolve à suivre son avis. Et c'est bien ce qui arrive. Mais la fin de l'histoire prouve en effet que "les braves gens ne courent pas les rues", encore moins les routes du Sud et que, sur celles-ci, on peut croiser de bien méchants loups ...
Bien entendu, après un texte de cette puissance qui a, de surcroît, l'avantage d'un style tranquille et matois, écrasant de naturel, le lecteur se dit qu'il ne pourra obtenir mieux des nouvelles suivantes. Mais Flannery O'Connor poursuit allègrement la peinture d'un univers fait de petites gens souvent très simples et qui, à des problèmes simples, trouvent des solutions tout aussi simples mais aussi bien cruelles.
Dans "Le Fleuve", Bevel, un jeune garçon impressionné par l'un de ces baptêmes en plein air qu'affectionnent certains prédicateurs, va droit à la noyade sans même en avoir conscience.
"C'est peut-être votre vie que vous sauvez" raconte les tribulations opportunistes de Mr Shiftlet, mi-ouvrier agricole, mi-vagabond, qui accepte d'épouser la fille attardée d'une vieille fermière avant d'abandonner la malheureuse à l'une des étapes de leur voyage de noces.
"Un heureux événement" décrit de façon très noire les angoisses d'une femme enceinte. "Les Temples du Saint-Esprit" revient à ce mélange de spectacle de foire et de religiosité quasi hystérique que sont les prêches américains.
"Le Nègre factice" - la plus attendrissante de ces nouvelles sans doute - s'attache au périlleux voyage de deux ruraux, le grand-père et son petit-fils, perdus dans les méandres de la Ville. "Un Cercle de Feu" voit de petits voyous tenter de mettre le feu à une ferme sudiste. Quant à "Tardive rencontre avec l'ennemi", drôle et ironique, elle nous fait assister aux derniers instants d'un centenaire qui a connu l'armée confédérée et a même fait de la figuration sur le plateau de tournage d'"Autant en emporte le vent."
Mention spéciale à "Braves gens de la campagne", où un curieux VRP tente de séduire une jeune femme amputée d'une jambe et s'enfuit avec sa prothèse, et aussi à "La Personne Déplacée", variation habile sur le thème du racisme et de la différence qui fait peur.
La subtilité de Flannery O'Connor, sa roublardise suis-je tentée d'écrire, le ton narquois que l'on perçoit à l'arrière-plan de chacun de ces textes ne laissent certainement pas indifférent. Pourtant, lors d'une première lecture, certains passeront peut-être à côté de tout cela.
En effet, les personnages qu'elle nous dépeint sont rarement sympathiques même si elle ne porte pas de jugement de valeur sur eux. Tous ont quelque chose qui cloche : une idée fixe, un défaut d'empathie, un égoïsme forcené, le désir de profiter de tout sans rien donner, voire une perversion réelle quand la peur de perdre leur situation ne les pousse pas finalement au crime.
Bref, ce ne sont pas des héros. Ils sont terriblement humains certes mais le moins que l'on puisse dire, c'est qu'aucun d'eux ne représente précisément ce qu'il y a de meilleur en nous. En outre, la simplicité tranquille de leurs raisonnements est souvent déconcertante.
Une relecture s'imposera donc.
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Carla
Déléguée Syndicalement Littéraire




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Sujet: Re: Flannery O'Connor Sam 25 Oct - 21:50 |
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Il faudrait que je lise cette auteure. En plus, puisqu'elle a écrit des nouvelles, je devais aimer !
_________________ Avoir un Corps m'est effroi - Avoir une Âme m'est effroi Profonde - précaire Propriété - Possession, non choisie Emily Dickinson
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MC
Littérophage Notabéniste Avec Mention.




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Sujet: Re: Flannery O'Connor Sam 26 Sep - 18:35 |
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A Good Man is Hard to Find m'a traumatisé en 1è année de fac (ou mon professeur peut être). C'est vrai que ce n'est pas trop mal, mais sans plus. Tiens, j'ai du mal à m'y retrouver avec les titres français ^^
_________________ "The only way to get rid of a temptation is to yield to it. Resist it, and your soul grows sick with longing for the things it has forbidden to itself, with desire for what its monstrous laws have made monstrous and unlawful." The Picture of Dorian Gray, Oscar Wilde
Mon nouveau dada AnglophoniZ
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