
Nota Bene Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Histoire, Cinéma, Edition en Ligne Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Mièvrerie, Extrémistes & Trolls Ne Sont Pas Les Bienvenus |
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gemini
¡ No pasarán !




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Sujet: Re: Cormac McCarthy Jeu 22 Mai - 9:33 |
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Quel taquin.
Morgane, j'ai l'intention de me lire tous les Cormac McCarthy je pense. Celui-ci était le 4è sur ma liste, j'ai "Le grand passage" dans ma pile.
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Thomas
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Sujet: Re: Cormac McCarthy Jeu 22 Mai - 9:44 |
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| gemini a écrit: | | Quel faquin ! |
Non mais oh ! Ca va, oui ?
_________________ "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres." Jean-Paul Sartre, Les mouches "La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
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gemini
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Sujet: Re: Cormac McCarthy Jeu 22 Mai - 11:04 |
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Tssst tssst ! Voleur de lettres !
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Thomas
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Sujet: Re: Cormac McCarthy Jeu 22 Mai - 11:29 |
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Pas voleur, j'ai juste mis le t la tête en bas !
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Camille
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Sujet: Re: Cormac McCarthy Lun 16 Juin - 21:12 |
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j'ai lu L'homme qui tombe et immédiatement après La route. je connaissais l'atmosphère des livres de McCarthy pour avoir lu et apprécié De si jolis chevaux. Je n'avais rien lu de DeLillo. A la lecture c'est dont ce dernier qui m'a le plus impressionné par la construction littéraire du récit et la puissance d'évocation de l'après 11/10. Mais maintenant, les deux livres refermés, c'est le monde de McCarthy sec et sans concession que je garde plus présent en mémoire, ses fulgurances, les trouvailles de son écriture, la vision poétique limpide et brutale dont son monde est enveloppé. Deux excellents livres à la suite : c'est rare !
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Dahud
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Sujet: Re: Cormac McCarthy Sam 18 Oct - 10:24 |
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Quatrième de couverture: A quel moment Lester est-il devenu un monstre ? Chassé de chez lui, il erre dans les montagnes comme un charognard guettant ses proies. Ses raisonnements se simplifient, les actes laissent place aux pulsions et ses gestes deviennent ceux d'un animal traqué. Un monologue où se mêlent insultes et sanglots s'élève dans sa grotte peuplée de cadavres ; le grognement à peine humain d'un enfant de Dieu.
"Il est petit, crasseux, mal rasé, une brutalité contenue. Un enfant de Dieu, sans doute comme vous et moi"
Comment parler de ce livre? Je me le demande, je me dis que je manque un peu de recul pour un univers si riche et que j'y reviendrai sûrement plus tard avec les mots que je n'ai pas su trouver en le refermant.
Tout d'abord, je me suis basée sur une traduction de Guillemette Belleteste pour Actes Sud. Une excellente traduction très littéraire avec laquelle on ressent toute la puissance de l'auteur. Une écriture musicale, poétique mais aussi terriblement crue. Aucun mot de trop, chacun est à sa place, le génie de ce roman est sans doute là. Il raconte la déchéance d'un homme comme vous et moi, qui incapable de payer ses créanciers, perd sa ferme. Il est alors obligé de se réfugier dans une cabane dans des conditions terribles. Peu à peu, sa raison bascule et nous suivons sa déchéance, d'homme brisé à homme meurtrier. Toute sa violence primitive semble "accompagnée" par une nature contemplative. Ici, les bois, les rivières, les montagnes, la forêt deviennent des personnages à part entière. La nature l'accompagne tout au long du roman :" Tandis qu'il s'approchait de la ville, les coqs se mirent à chanter. Peut-être percevaient-ils un fléchissement dans l'obscurité de la nuit que le voyageur ne déchiffrait pas bien qu'il eût les yeux fixés vers l'est. Une certaine fraîcheur de l'air. Partout à travers la campagne endormie ils chantaient et se répondaient les uns aux autres. Maintenant comme autrefois. Ici comme partout ailleurs. L'aube était là quand il se présenta [...]"
Quelques extraits valent mieux que des longs discours:
" A observer ces choses qui émergent d'une matinée par ailleurs silencieuse et champêtre, un homme, devant la porte de la grange. Il est petit, crasseux, mal rasé. Il se déplace dans la balle sèche au milieu de la poussière et des lames de soleil avec une brutalité contenue. Du sang saxon et celte. Un enfant de Dieu, sans doute comme vous et moi. Les guêpes traversent l'échelle de lumière que dessinent les lames de la grange en une succession de moments strobiques, dorés et tremblants entre le noir et le noir, comme des lucioles au plus dense de l'obscurité. L'homme debout les jambes écartées a fait dans l'humus sombre une flaque plus sombre où tourbillonnent une pâle écume et des brins de paille. Reboutonnant son jean, il se déplace le long du mur de la grange, lui-même moiré de lumière, une facétieuse fulgurance dans l'oeil proche de la cloison."
"Il réapparut se débattant, crachant, et se mit à battre l'eau pour rejoindre la rangée de saules qui délimitaient la berge submergée de la rivière. Il ne savait pas nager, mais comment un type comme lui aurait-il pu se noyer? La rage semblait lui tenir lieu de bouée. Une pause dans le cours normal des choses sembla se produire en ce lieu. Regardez-le. On aurait pu dire qu'il était porté par ses semblables, des gens comme vous. Qu'il en avait peuplé le rivage et qu'ils l'appelaient. Une race qui nourrit les estropiés et les fous, qui veut de leur sang mauvais dans son histoire et l'obtient. "
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Carla
Déléguée Syndicalement Littéraire




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Sujet: Re: Cormac McCarthy Mer 4 Nov - 20:30 |
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A mon tour de lire La Route.

En fait, j'avoue avoir longtemps confondu La Route, de McCarthy avec Sur la Route, de Kérouac ! (honte à moi !). Total, à chaque fois que j'entendais parler de ce bouquin, je ne comprenais pas. J'ai réalisé il y a très très peu de temps que la Route, de McCarthy est récent d'une part, et que d'autre part il s'agit d'un roman d'anticipation - rien à voir avec la Beat Génération donc.
Bref. J'ai fini par le mettre en réservation à la médiathèque, l'ai récupéré il y a deux semaines, et ai fini par m'intéresser au sujet !
C'est un sacré bouquin ! La forme m'a fortement impressionnée. Cette succession de paragraphes courts qui rythment le roman, je ne peux m'empêcher de la relier (je ne sais pas pourquoi, ça tient de l'inconscient) à cette poussière que les protagonistes soulèvent à chaque pas. Et puis cette impression de gris, de monde mourrant... Quant à l'intrigue, elle nous prend aux tripes. Comment ne pas se projeter dans ces deux êtres dont on sait qu'ils sont condamnés, qu'ils marchent vers leur mort ? C'est un roman qui marque.
L'adaptation ciné sort ce mois-ci, avec Viggo Mortensen dans le rôle du père. Je ne sais pas si j'irais le voir. Mon libraire préféré m'a parlé samedi dernier de la bande-annonce, certains passages semblent assez durs et il lui a semblé aussi que le personnage de la mère serait trop présent... J'attendrais quelques critiques avant de me décider.
_________________ Avoir un Corps m'est effroi - Avoir une Âme m'est effroi Profonde - précaire Propriété - Possession, non choisie Emily Dickinson
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