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Carla
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Sujet: Robert Merle Lun 20 Avr - 20:40 |
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Robert Merle donc. La Mort est mon Métier Dans ce roman, basé sur la réalité historique, Merle met en scène Rudolf Hoess, qu'il appelle Rudolf Lang pour le besoin de la fiction puisqu'il s'agit d'un roman, l'homme qui a organisé avec tant d'efficacité la solution finale dans le camp de concentration d'Auchswitz. Le roman est écrit à la première personne et décrit la progression de cet homme dans la hiérarchie du parti nazi, jsq à la libération du camp par les soviétiques. Pas de parti pris, Merle a su prendre de la distance avec son personnage et le roman est très intéressant. Un autre nom, une autre planète... cela aurait pu être de la SF. Mais il s'agissait d'un être humain parmi d'autres, dans l'Allemagne des années nazies.
| Citation: | "Comment avez-vous pu ?... C'est monstrueux, ces enfants, ces femmes... Vous ne ressentiez donc rien ? Je dis avec lassitude: - On ne cesse pas de me poser cette question. - Eh bien, que répondez-vous d'ordinaire ? - C'est difficile à expliquer. Au début, j'éprouvais une impression pénible. Puis, peu à peu, j'ai perdu toute sensibilité. Je crois que c'était nécessaire : sans cela, je n'aurais pu continuer. Vous comprenez, je pensais aux juifs en terme d'unités, jamais en termes d'êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche. J'ajoutai : - un peu comme un aviateur qui lâche ses bombes sur une ville. Il dit d'un air fâché : - Un aviateur n'a jamais anéanti tout un peuple. Je réfléchis là-dessus et je dis : - Il le ferait, si c'était possible, et si on lui en donnait l'ordre." |
Pour écrire ce récit, Merle s'est basé sur les entretiens de Hoess avec le psychologue américain qui l'a interviewé pdt son incarcération, avant le procès de Nuremberg, ainsi que sur les documents du procès relatifs aux camps d'extermination.
| Citation: | | Il y a eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l'intérieur de l'immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs "mérites" portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l'impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l'ordre, par respect pour l'Etat. Bref, en homme de devoir : et c'est en cela justement qu'il est monstrueux. | (R. Merle dans sa préface au roman)
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Carla
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Sujet: Re: Robert Merle Lun 20 Avr - 20:58 |
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J'ai lu Malevil à une période où j'avais le cerveau qq peu embrumé, mais j'en garde un bon souvenir (celui d'un roman style Ravage, de Barjavel) et je vais me l'acheter. D'autant que, d'occas', on doit le trouver facilement. D'ailleurs, La Mort est mon Métier se trouve aussi très facilement chez les bouquinistes. L'Ile, je ne connais pas encore, il faudra que je le cherche. Quand à Fortune de France, j'attends les prochaines grandes vacances pour m'y lancer A propos, j'ai lu que le fils de Robert Merle se lance lui aussi dans le roman historique ?
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Sujet: Re: Robert Merle Lun 19 Oct - 21:38 |
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Puisque j'ai relu Malevil cet été, voici ce qui m'en est resté. Paraît qu'il y a eu un film, paraît qu'il n'est pas bon, en tout cas je ne l'ai pas vu.
Malevil faisait partie de mes souvenirs de lecture d’adolescence. Un temps fort - un peu comme la première fois où j'ai réalisé que mes parents mourraient un jour - qui m’a fait découvrir les romans de fin du monde. Le goût évoluant en même temps que les critères de jugement, je craignais de relire ce livre. J'ai cédé au plaisir cet été, à la montagne. Cadre parfait pour coller à l’ambiance de l’histoire.
La relecture de Malevil ne m'a pas déçue, le souvenir n'était pas enjolivé par le temps passé. J’ai retrouvé Emmanuel, Noé dans son arche de pierre, échantillon de civilisation survivante en pleine campagne ; victime et modèle pour ce fantasme absolu et puissant : la vie disparaît de la surface de la terre. Insectes, maisons, immeubles, êtres humains, téléviseurs et champs de fleurs... rien, il ne reste rien. On est au milieu des années 70 et une bombe nucléaire a explosé. Que reconstruire ? La communauté repart à zéro, préoccupée par l’essentiel : sa survie. Pouvoir se nourrir, se défendre, se reproduire. Il n’y a que l’aspect médical qui soit un peu plus occulté que les autres.
Les circonstances permettent à l’auteur de soulever plusieurs questions. Il y a d’abord la construction d’une société : quelles règles choisir ? Dans des conditions où les femmes sont en minorité, la monogamie (et donc l’idée d’amour) est remise en question. La religion garde une place mais n’est en rien un guide (la Bible est lue le soir au coin du feu, mais un faux prêtre prend le pouvoir). La mort donnée volontairement (face aux pillards notamment) devient un acte toléré. Jusqu’au choix ultime : relancer la technologie et la science au risque de reproduire les mêmes conséquences ? Au final cette nouvelle société bâti par tous tend vers un « communisme agraire primitif », mais il n'est pas sûr qu'elle soit pérenne...
On peut lire Malevil à 15 ans, le relire et le relire encore, des réflexions en sortiront toujours. Et puis le plaisir de retrouver chaque personnage, le décor du château et de la campagne noircie. Des images fortes, d'anticipation mais aussi d'aventures, à placer aux côtés de La Route de Cormac McCarthy, ou du Monde Enfin d'Andrevon.
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Carla
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Sujet: Re: Robert Merle Mar 20 Oct - 18:17 |
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J'ai trouvé Week-end à Zuydcotte, j'ai essayé de le commencer, sans succès. Il attendra que je sois mieux disposée. (et j'ai enfin récupéré La Route à la médiathèque ce soir !!!)
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