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Note sur "La Peste" de Camus |
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Caresse
Littérophage En Herbe.




Nombre de messages: 4
Age: 21
Localisation: Nancy
Emploi: Etudiant
Loisirs: Littérature
Date d'inscription: 27/01/2007
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Sujet: Note sur "La Peste" de Camus Mar 13 Fév - 0:26 |
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C'est à l'instant que je viens de terminer la Peste, d'Albert Camus, après une deuxième lecture. Lors de la première, je n'avais pas perçu quelque cose qui me paraît désormais autant évident qu'étrange, comme si _ à la première lecture _ j'avais les yeux devant une grosse dame, ne voyant rien qu'une masse graisseuse, et qu'à la deuxième lecture j'avais pu en saisir les contours.
Ce que j'avais perçu au premier abord, c'était l'extrême précarité dans laquelle les gens étaient enchaînés, dans la ville d'Oran, à cette peste de laquelle ils ne pouvaient s'échapper. La mort du personnage Tarrou me paraît le symbole de l'impossibilité pour le docteur Rieux d'agir.
Ce que je perçois en second, c'est l'extrême précarité dans laquelle nous sommes à tout moment plongés. J'aimerais que quelqu'un réagisse aux propos qui vont suivre. Des écrivains comme Sartre ont soutenu l'idée que l'homme était nécessairement libre (cette réflexion plonge ses racines dans la phénoménologie existentialiste). On aurait pu croire - c'est ce que j'avais pensé à ma première lecture - que les hommes, soumis au fléau, ne sont plus libres. Or, les actions de Rambert (le journaliste, "individualiste") , qui semble à la fin seulement se rallier à la cause noble du combat de Rieux, montre que les personnages ont le choix, le libre choix, de s'allier au Bien ou au Mal. Cela implique que même en temps d'oppression des éléments, en tant que soumis au fléau (il y a toute une réflexion à ce sujet en seconde partie il me semble), les hommes restent libres.
Comment résoudre ce paradoxe: des hommes enchaînés à la crainte de la maladie, qui restent néanmoins libres ? Pour être clair: la peste est-elle la grande libératrice, ou les hommes se libèrent-ils du fardeau de la peste ?
Bref, j'ai lu le livre et je n'y comprends rien. Comme si la condition humaine (j'attaque Malraux demain d'ailleurs) était incompréhensible ! Si quelqu'un pouvait m'éclairer de sa lanterne, je lui serais reconnaissant; Camus n'a pas laissé de service après-vente... Merci
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André B.
Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene


Nombre de messages: 4025
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Sujet: Re: Note sur "La Peste" de Camus Mar 13 Fév - 2:19 |
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Oui, nous sommes fondamentalement libres. Ls situations extrêmes nous poussent à ne pas nous retrancher derrière l'absence de décision.
Rieux en fait c'est l'homme de la solidarité. C'est un peu à mettre en relation avec l'essai de Camus, l'Homme révolté.
_________________ Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance.
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Thomas
Ordonnateur des Basses Oeuvres de Nota Bene - il en est fier, en plus ...




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Date d'inscription: 04/04/2006
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Sujet: Re: Note sur "La Peste" de Camus Mar 13 Fév - 9:11 |
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Bien sûr on reste libre, même en situation extrême !
D'ailleurs, Camus n'avait-il pas pensé La peste comme métaphore des attitudes face à l'occupation nazie (en tout cas, c'est une des lectures possibles de ce roman/parabole) ?
Elles y sont toutes représentées : de l'héroïsme à la collaboration passive (je ne me souviens pas, tout de même, qu'aucun des personnages tente de faciliter la propagation de la maladie, mais ma lecture date d'une quinzaine d'années... je peux avoir oublié des choses) en passant par la fuite (ou la tentative de fuite) et le fait de profiter de la situation.
Nous avions discute, ici, il y a quelque temps, de la pensée de Camus comparée à celle de Sartre... André en avait été le plus grand contributeur !
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Fabien
Littérophage Notabéniste Avec Mention Spéciale.




Nombre de messages: 529
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Sujet: Re: Note sur "La Peste" de Camus Mar 13 Fév - 13:13 |
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J'ai lu la peste il y a deux semaine, ça tombe bien...
Effectivement les hommes sont fondamentalement libre dans ce récit on le voit avec Rambert qui se rallie à Rieux (parcequ'il comprend qu'il n'est pas étranger à cette ville et que son bonheur ne sera complet avec sa compagne si il part maintenant). Si Rambert en est un bon exemple, cottard l'est aussi, dans sa mesquine façon de profiter de la situation tout comme étaient libres Tarroux et Grand d'aider ou non Rieux. La peste agis je pense comme révélateur de la liberté plus que comme libérateur. Les hommes prennent conscience pendant la peste (pendant la guerre) de leurs liberté plus qu'en temps normal.
La mort de Tarroux d'autre part fais partis des deux chapitre où Tarroux est central, l'une où il parle beaucoup et où il dévoile son passé, l'autre où il ne parle plus et où Rieux et sa mère le regarde mourrir.
Un livre magnifique...
_________________ Place Notre-Dame, Blog et Poil à Gratter
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Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Caresse
Littérophage En Herbe.




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Date d'inscription: 27/01/2007
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Sujet: Re: Note sur "La Peste" de Camus Mar 13 Fév - 21:44 |
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Fabien vient d'une manière implicite de répondre à cette question. "La peste agis je pense comme révélateur de la liberté plus que comme libérateur."
Dans son sens, la négation même de nos libertés apparentes, formelles, se révèlent être le révélateur de notre liberté métaphysique fondamentale, c'est à dire la vraie et unique liberté de laquelle toutes les autres découlent.
On peut priver un homme de ses libertés politiques, il acceptera sans broncher son tyran ou se battra jusqu'à la mort... tout dépend de son libre arbitre.
D'autre part, dire que la peste serait libératrice serait une aberration ( ce que j'ai fait d'ailleurs). Cela signifierait que la liberté fondamentale n'existait pas avant la peste. Or, cette liberté est conséquente à notre humanité. Et comme les habitants d'Oran étaient nécessairement des hommes, ils étaient libres.
Je suis d'accord avec toi, Fabien. C'est un livre magnifique. Il est un peu étrange d'ailleurs, il permet de placer les personnages dans un certain contexte, et en fonction des antécédents psychologiques, des situations particulières, Camus les fait réagir individuellement. Le caractère psychologique du roman est réellement passionnant. Camus est vraiment très fort.
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Note sur "La Peste" de Camus |
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