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alexniha Invité
| Sujet: Honoré de Balzac. Sam 10 Sep - 11:13 | |
| Bonjour, depuis quelques temps j'ai décidé de me remettre à lire Balzac (découvert au collège grâce à la Peau de Chagrin et le Pere Goriot) et plus particulièrement sa Comédie Humaine (plus de 91 ouvrages parait-il!!).
C'est pourquoi je m'adresse a vous, amis lecteurs pour savoir par lequel commencer, s'il y a une suite logique ou s l'on peut les prendre dans l'ordre que l'on veut... et connaitre aussi la chronologie de cette oeuvre gigantesque
merci pour votre aide |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14364 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| |  | | alexniha Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Sam 10 Sep - 12:12 | |
| | Merci beaucoup !! |
|  | | rotko Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Sam 10 Sep - 13:42 | |
| moi je te conseillerais le père goriot en premier, puis les illusions perdues puis splendeurs et misère des courtisanes; tu suivrais ainsi Vautrin, si je ne me trompe pas.
quant à l'ordre de la comedie humaine, Balazac le variait au four et à mesure d e la composition
je mettrai bientôt quelques balzac |
|  | | rotko Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Sam 10 Sep - 14:26 | |
| Le père Goriot d’Honoré de Balzac.
Les mystères de la pension Vauquer. Y demeurent des êtres médiocres, mais aussi des hommes qui excitent peu a peu la curiosité. Un rentier, coquet de sa personne, s’appauvrit graduellement, mais reçoit de fort jolies personnes. Un solide gaillard, à la joie bruyante, mène la nuit tombée une vie clandestine et précautionneuse. Un étudiant, frais débarqué de sa province, s’interroge sur la voie à suivre dans la vie parisienne.
Ce sont des « hommes à passions ». Le rentier se ruine pour ses filles qui mènent grand train, le gaillard, de plus en plus louche, fait des déclarations d’amour inhabituelles, et l’étudiant veut égorger sa conscience.
A la suite de Rastignac, nous pénétrons dans les fastes et les coulisses de la vie parisienne, où règnent l’égoïsme et la cruauté. Telle grande dame, marquise de Bauséant, peut elle survivre à un chagrin d’amour ? Goriot, souffre-douleur des étudiants en médecine, crèvera-t-il comme un chien ? Vautrin a-t-il trouvé le bon filon ? pour le savoir, braves gens, il faut suivre notre étudiant dans son itinéraire initiatique, du quartier latin au cimetière du père Lachaise.
Un roman savamment construit, qui bourdonne d’intrigues et de complots. La scène finale est immorale, mais logique ! |
|  | | rotko Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Sam 10 Sep - 14:29 | |
| Pourquoi ne pas commencer par ce roman luxurieux et sulfureux ?
Balzac : La fille aux yeux d’or 100 pages in la duchesse de Langeais livre de poche 5874.
C’est un conte oriental où à travers la recherche de l’or et du plaisir, on trouve de la volupté, du sang, et de la mort.
Des palais luxueux et inacessibles (sinon avec mot de passe ! ) servent de cadre à des amours clandestines qui conjuguent toutes les variantes du plaisir : fétichisme, érotisme, sadisme et amours saphiques, voilà un condensé des activités de nos personnages.
On goûtera à froid l’éloge du cigare, à chaud un « lapsus interruptus ». L’être humain est une pièce (d’or) dont l’avers est l’homme et la femme, son revers ! |
|  | | Marmite Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Jeu 12 Jan - 0:30 | |
| Moi j'avai lu le Colonel Chabert. Et j'avais trouvé que c'est un très bon écrivain. Mais ce n'est plus la mode, je pense enfin. |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14364 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| |  | | troglody Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Jeu 12 Jan - 10:15 | |
| Balzac est lourd avec ses déballages d'érudition et ses personnages sont en carton-pâte. N'a-t-il pas écrit tant de livres pour gagner plein de sous ? Mais je l'aime bien quand même, histoire de me plonger dans son époque. |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14364 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Jeu 12 Jan - 10:48 | |
| Le pauvre était criblé de dettes mais ne désespérait jamais. On raconte que, chez lui, il dessinait sur les murs les emplacements des tableaux qu'il finirait par acheter. Et il y notait : "Ici, il y aura une toile de X* ..."
Très modestement, il se droguait au café.
Ce qu'il y a d'étonnant chez lui - enfin, à mon avis - c'est la variété de ses styles : "Goriot" est mélo-mélo, "La Rabouilleuse" quasi moderne ... Je vais me replonger dans "Le Père Goriot", tiens, histoire de voir si je trouverai toujours un parfum d'inceste dans l'amour que le héros porte à ses filles ...
En tous cas, Troglo, Balzac aussi, c'est un pavé à lire ! _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
|  | | troglody Invité
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Ven 13 Jan - 15:26 | |
| | De lui j'ai lu, à l'école, le Père Goriot, et à la maison, la Peau de Chagrin et Splendeur et Misères des Courtisanes. J'ai du mal à visualiser ses descriptions de bâtiments, c'est-à-dire à quel endroit se trouve telle pièce ou tel escalier, au contraire de chez Proust. |
|  | | Wotk Littérophage Gourmand


Inscrit le : 02 Jan 2006 Messages : 40
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Ven 27 Jan - 22:02 | |
| | rotko a écrit: | moi je te conseillerais le père goriot en premier, puis les illusions perdues puis splendeurs et misère des courtisanes; tu suivrais ainsi Vautrin, si je ne me trompe pas.
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Bonjour,
tout à fait d'accord avec ces conseils de lecture. Sur le "carton-pâte" des personnages de Balzac, argument passé et repassé, il y a deux choses à dire. La première, c'est que le dictionnaire des personnages de "La Comédie Humaine" est aussi volumineux qu'un tome de la Pléiade. Il y a donc des personnages moins soignés, plus caricaturaux que d'autres, mais on ne peut faire ce reproche à la majorité des "comédiens humains". La deuxième, c'est que Balzac - qui effectivement vendait ses livres à son éditeur avant de les avoir écrits, procédé qui préfigurait un peu les "avances sur recettes" d'aujourd'hui - n'a jamais dénié écrire une caricature, une "étude de moeurs" pleine d'humour.
A ceux qui n'ont lu que les plus connus des chefs-d'oeuvres balzaciens, je conseille la lecture de certaines petites nouvelles qu'on trouve dans les éditions intégrales. A ceux qui n'en ont rien lu, "Le Père Goriot" est une bonne entrée en matière.
Wotk _________________ http://francois.darbonneau.free.fr |
|  | | Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


   Age : 38 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 3311 Localisation : Autres dimensions... Emploi : Ecolière... Loisirs : Le rêve...
| Sujet: Balzac - Cornelius Lun 1 Mai - 22:50 | |
| Roman historique Le « Pays des Châteaux », le «Jardin de la France » : tels sont les surnoms de la Touraine, région où est né Balzac. C’est à cette terre et ses richesses que rend hommage l’écrivain dans le court roman : Cornélius.
C’est une histoire d’amour au temps de Louis 11, entre sa fille et un jeune gentilhomme, qui défie les conventions de son temps pour conquérir sa maîtresse.
La première scène est fantastique : les 2 amants s’aiment secrètement et sont assis côte à côte dans une église, ce qui vaut une belle réflexion de l’auteur sur ce lieu :
« A ces heures de religieuses pensées, où les richesses humaines se marient aux grandeurs célestes, il se rencontre d’incroyables sublimités dans le silence ; il y a de la terreur dans le genoux pliés et de l’espoir dans les mains jointes ». « Au moyen âge, le sentiment religieux avait alors certainement quelques affinités avec l’amour, il en était ou le principe ou la fin. L’amour était encore une religion. »
Mais Balzac profite de cette intrigue pour nous brosser un portrait du roi Louis 11 : « Etrange figure que celle de Louis 11 : esprit retors, fourbe astucieux, cruel, immense ! » « Génie politique, il avait tout prévu, devançant son époque (…) : unité du pouvoir, unité de l’impôt, égalité des sujets devant la loi… C’est lui qui ouvre l’ère moderne ».
L’amour pour sa contrée natale est omniprésent dans cette œuvre qui célèbre l’histoire de France à travers les monuments, dont le fameux château de Plessis-lès-Tours, où Louis 11 aime passer du temps.
Langue sobre. Très beau texte d’une centaine de pages. _________________ "Connais-toi toi-même." |
|  | | Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


   Age : 38 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 3311 Localisation : Autres dimensions... Emploi : Ecolière... Loisirs : Le rêve...
| Sujet: Balzac - Pierrette Ven 14 Juil - 22:30 | |
| Vous êtes-vous déjà interrogé sur la triste vie des vieilles filles ? De ces demoiselles de 60 ans, qui n’ont jamais eu le bonheur d’être bercées par des bras amoureux… De connaître l’abandon physique, le don du corps, la fusion des âmes et des souffles ?
Eh ben, notre cher Balzac s’est attaqué à cette figure emblématique : LA VIEILLE FILLE. Il l’a nommée Sylvie (pardon MDV…).
Laissons parler le Maître :
« Sa physionomie, où les traits pêchaient par un défaut d’ensemble, avait pour principal caractère une sécheresse dans les lignes, une aigreur dans les tons, une insensibilité dans le fond qui eut saisi de dégoût un physionomiste. »
« Le bras décharné faisait l’effet d’un bâton sur lequel on aurait mis une étoffe. »
« La tête avait l’air menaçant que les peintres prêtent aux sorcières. »
Bref, une teigneuse…
Dans l’histoire, elle accueille et héberge une lointaine cousine adolescente, Pierrette, Bretonne, qu’elle va s’empresser d’avilir par tous les moyens jusqu’à la tuer. L’auteur oppose violemment la jalousie et l’avarice de la première à la candeur et la bonté de la seconde. Sont brossées de belles pages sur la Bretagne et sur l’amour de la petite pour sa terre natale.
C’est un drame qui ne pouvait finir que par la mort de Pierrette, la vieille fille usée et frustrée ne contrôlant plus sa haine de la jeunesse et de l’altérité. Si l’écrivain élève la figure de l’innocence, on sent qu’il plaint aussi la teigneuse (autant dire la malheureuse)…
Lui qui disait « L’état de Célibataire est un état contraire à la société ».
En outre, comme toujours, il brocarde sérieusement l’hypocrisie sociale et le pouvoir de l’argent. Le meurtre de Pierrette sera soigneusement étouffé par la communauté bourgeoise à laquelle appartient Sylvie. La vieille peau n’est pas inquiétée pour avoir tué sa cousine… (Pierrette victime « des passions infâmes et des factions »…)
Mais l’Ecrivain VEILLE et cette sublime dernière phrase :
« Convenons entre nous que la Légalité serait, pour les friponneries sociales, une belle chose si Dieu n’existait pas. »
NB : Pour les accros, comme moi, de ce grand Thaumaturge Littéraire qu’est Balzac, j’ai vu que la collection « Bouquins » éditait 2 tomes de ses tous premiers romans… Emouvant cadeau à offrir…ou à s’offrir…
 _________________ "Connais-toi toi-même." |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14364 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Honoré de Balzac. Sam 3 Fév - 12:10 | |
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"La Peau de Chagrin" se fondant sur une intrigue fantastique, je croyais pouvoir y retrouver le Balzac que j'avais aimé dans "La Rabouilleuse." Mais non : ce n'est pas encore pour cette fois !
L'action se répartit en trois parties. Dans la première, un jeune inconnu sort d'une salle de jeux parisienne où il vient de perdre son dernier louis et se dirige vers les quais où il croise bien des misères. Désireux de se suicider, il entend cependant le faire discrètement, quand la nuit sera tombée. Désoeuvré, il entre dans un magasin d'antiquités où un vieillard qui semble surgir de nulle part lui propose un bien curieux talisman, une peau de chagrin raide et durcie sur laquelle, en un triangle inversé, est contenue une inscription promettant la réalisation de tous ses voeux à celui qui acceptera que, lors de l'ultime rétrécissement de la peau, la Mort vienne aussi le prendre.
Sans qu'aucune opération strictement financière ne soit intervenue, le jeune homme se retrouve dehors, avec la peau de chagrin, brusquement et inexplicablement devenue aussi souple qu'un chiffon, au fond de sa poche. Sur le trottoir passent justement trois de ses amis, qui le cherchaient pour le conduire au souper donné par le banquier Taillefer en l'honneur d'un investissement qu'il vient de faire dans un journal. On apprend alors que le jeune inconnu s'appelle Raphaël de Valentin.
Chez Taillefer, le souper sombre très vite dans l'alcool et l'orgie. Balzac restitue des dialogues d'hommes complètement ivres et gagnés par une incohérence absolue. Raphaël et l'un de ses amis, Emile, discutent avec deux prostituées, Aquilina et Euphrasia et c'est pour l'auteur l'occasion d'exposer ses propres idées - au demeurant très justes - sur la place laissée aux femmes par la société de 1830. Puis, Emile demande à Raphaël de leur expliquer pourquoi il voulait se suicider.
Commence alors une seconde partie consacrée à l'enfance et à l'adolescence de Raphaël, partagée entre une mère adorée mais morte trop tôt et un père distant, froid et qui rêve de revivre sa propre vie en imposant un destin d'homme politique au jeune homme. Mais le père décède, les créanciers mangent l'héritage et Raphaël se retrouve à Paris où il tombe amoureux de Pauline, la fille de sa logeuse.
Il fait aussi la connaissance d'Eugène de Rastignac, jeune fêtard qui lui présente la comtesse Féodora, très mystérieuse beauté dont Raphaël devient aussi complètement fou. Hélas ! Sa passion n'est récompensée que par une froideur quasi polaire qui le plonge au désespoir et l'incite à accumuler dettes et folies.
Le récit se termine sur le souhait, formulé in petto par Raphaël, de se voir une grosse fortune. De fait, le lendemain, il hérite d'un oncle. Mais quand il sort la peau de chagrin pour la regarder, celle-ci a rétréci.
La troisème partie découvre le jeune homme pour ainsi dire terré dans le luxueux hôtel particulier qu'il vient de s'acheter et où il tente de se faire oublier par le Destin. Mais quand Parroquet, son ancien professeur, vient lui demander de l'aider à trouver un nouvel emploi, Raphaël, sans réfléchir, forme un nouveau voeu et la peau de chagrin en rétrécit d'autant.
Le même soir, aux Italiens, il rencontre Pauline. Les deux jeunes gens tombent dans les bras l'un de l'autre et, avec une exaltation typiquement balzacienne, s'assurent mutuellement de leur volonté de se marier. La peau de chagrin ... etc ...
Fou de détresse, Valentin la jette dans un puits. Mais les domestiques l'y récupèrent. Le jeune homme, en désespoir de cause, s'adresse même aux scientifiques de l'époque pour tenter d'enrayer le rétrécissement de la peau diabolique. En vain, bien sûr. Il décide de tout dire à Pauline et la jeune fille, comprenant que le désir de Valentin envers elle risque fort de le tuer, songe à se suicider. Mais Raphaël la poursuit, l'empêche de se suicider et meurt enfin à ses côtés.
Beaucoup de descriptions - celles du magasin d'antiquités par exemple - sont vraiment superbes : on ne les lit pas, on est dans le magasin, aux côtés de Balzac et de son héros. En revanche, le style ... Le style est feuilletonnesque ; à certains moments, on croit lire du Ponson du Terrail. Grandiloquence, élans "sublimes", romantisme véritablement échevelé, tout y est. Sans oublier certains dialogues où - comme dans les feuilletons de l'époque et pour des raisons financières évidentes - il n'y a qu'un seul mot par ligne (mais un mot égalait une ligne ... )
Quant aux personnages ... Eh ! bien, ils sont un peu trop romanesques pour mon goût, je l'admets.
Cependant, chez Balzac, en ce qui me concerne, c'est toujours sur le style que je bute avant tout. Les ridicules que j'y vois me font oublier la puissance et la beauté des idées qui s'y pressent. Je dois faire un effort pour continuer à les percevoir. Bref, c'est épuisant.
Mais ce qui me fait le plus enrager, c'est que je sais qu'il existe au moins un roman de Balzac où il n'a pas usé de tous ces procédés très XIXème. Or, s'il y en a un, on peut penser qu'il y en a peut-être un second, un troisième ... etc ... Quand les rencontrerai-je ? ...  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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