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| | Gustave Flaubert, l'"homme-plume" | |
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| Auteur | Message |
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Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2741 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
 | Sujet: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Mar 2 Jan - 22:35 | |
| Je ne sais pas si vous avez eu l’occasion de feuilleter un des albums – qui commencent à être nombreux – de la collection "Passion" des éditions Textuel, en tout cas il commence à en y avoir pour tous les goûts : Passion Rimbaud, Passion Proust, Passion Gainsbourg et même… Passion Sport, mais oui, il s’agit là d’une collection éclectique d’albums toujours superbes et se plonger dans un de ces livres est un vrai bonheur. Même si en ce qui me concerne Passion Sport a un peu trop des airs d’oxymore parfait…
Par contre, j’ai un grand faible pour les romans de Flaubert et sa truculente correspondance pleine de vie, d’espièglerie et de caractère, et lorsque cet album est paru j’ai eu beaucoup de mal à ne pas rogner sur les sous destinés aux cadeaux de Noël pour me le procurer (surtout qu’à la librairie je l’avais très souvent sous les yeux et, pire, à portée de main, un vrai supplice de Tantale)… Mais Thomas me connaît bien… et j’ai donc pu entreprendre une dévoration complète de l'Album Flaubert dans les jours qui ont suivi le 24 décembre. C’est un régal absolu.
Le texte d’Eric Le Calvez, même s’il est parfois un peu elliptique (mais c’est probablement la façon dont les albums sont conçus qui l’exige), est très clair, et permet à la fois de découvrir Flaubert quand on ne le connaît pas et de se rafraîchir la mémoire quand on a déjà lu des choses sur lui. Les documents abondent, entre reproductions de manuscrits (on a mal pour Flaubert quand on voit comment il raturait impitoyablement le fruit de longs mois de travail, des pages entières, pour repartir à zéro), photos, portraits et caricatures de l’écrivain à tous les âges, ainsi que de son entourage (La ressemblance physique entre lui et son ami Louis Bouilhet est frappante et très émouvante, puisque Bouilhet, que Flaubert appelait son « accoucheur », aidait inlassablement son ami dans la rédaction de ses œuvres, lisant, relisant encore et encore les manuscrits, faisant des recherches de documentation – et Dieu sait que Flaubert avait besoin d’une documentation titanesque ! Il le considérait comme son ami le plus proche, voire son frère, une espèce d’âme-sœur littéraire) : autres écrivains (dont Maupassant dont Flaubert deviendra le maître attentif), femmes (dont la grande amie George Sand et Louise Colet, la maîtresse envahissante), figures de l’époque (empereurs, éditeurs, actrices – on voit notamment la sublime photo de Sarah Bernhardt par Nadar), lieux où Flaubert a vécu, voyagé, objets lui ayant appartenu, sa bibliothèque, son encrier et, très impressionnant, son masque mortuaire. On voit aussi défiler des oeuvres d'art l’ayant inspiré ou ému, comme La tentation de Saint Antoine qui lui fera écrire l’œuvre du même nom, qu’il retravaillera tout au long de sa vie avec une constance qu’il n’aura pour aucun autre de ses écrits. On parcourt des extraits de journaux, et énormément de pages de titres de livres, entre ceux qu’il publie, ceux de ses amis qu’il lit attentivement, ceux de ses détracteurs et ceux qui appartiennent à la documentation préparatoire qu’il ingurgite pour chaque roman ou nouvelle, même quand il s’agit d’un passé vieux de quelques années seulement (Dans le cas de L’éducation sentimentale qui se passe pendant la révolution de 1848). On aura ainsi senti et même presque palpé ce « monde de livres » qu’annonce le titre de l’album, où Flaubert a passé sa vie, lui sacrifiant tout, vie privée, parfois vie sociale, richesse et même sa santé, et y ajoutant sa touche ineffaçable. Et c’est un monde où, vous le savez, il fait bon aller !
Eric Le Calvez Flaubert, un monde de livres Editions Textuel, collection "Passion" _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
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 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Mer 28 Fév - 12:06 | |
| Flaubert est l'un de mes auteurs francais preferes.
Il est surtout repute pour ses tres longues descriptions qui sont adorees ou detestees.
Le roman qui m'a tout particulierement impressione est Salammbô. D'ailleurs je ne le considere par vraiment comme un roman mais plutot comme un tableau. Les couleurs de ce livre sont uniques.
L'histoire se deroule a Carthage pendant la guerre punique qui l'oppose a Rome. Hamilcar Barca a fait appel a des mercenaires pour fortifier son armee en echange de recompenses. Mais les mercenaires ne sont pas satisfaits du montant de ces recompenses et decident de se revolter. Pendant ce temps ,Mâtho, un des chefs mercenaires, tombe amoureux de la fille d' Hamilcar:Salammbô. Afin d'attirer son attention il derobe le Zaïmph, un voile sacre qui appartient a Carthage.
Voici un extrait pour vous donner une idee de la beaute des descriptions.
Le palais s'éclaira d'un seul coup à sa plus haute terrasse, la porte du milieu s'ouvrit, et une femme, la fille d'Hamilcar elle-même, couverte de vêtements noirs, apparut sur le seuil. Elle descendit le premier escalier qui longeait obliquement le premier étage, puis le second, le troisième, et elle s'arrêta sur la dernière terrasse, au haut de l'escalier des galères. Immobile et la tête basse, elle regardait les soldats.
Derrière elle, de chaque côté, se tenaient deux longues théories d'hommes pâles, vêtus de robes blanches à franges rouges qui tombaient droit sur leurs pieds. Ils n'avaient pas de barbe, pas de cheveux, pas de sourcils. Dans leurs mains étincelantes d'anneaux ils portaient d'énormes lyres et chantaient tous, d'une voix aiguë, un hymne à la divinité de Carthage. C'étaient les prêtres eunuques du temple de Tanit, que Salammbô appelait souvent dans sa maison.
Enfin elle descendit l'escalier des galères. Les prêtres la suivirent. Elle s'avança dans l'avenue des cyprès, et elle marchait lentement entre les tables des capitaines, qui se reculaient un peu en la regardant passer.
Sa chevelure, poudrée d'un sable violet, et réunie en forme de tour selon la mode des vierges chananéennes, la faisait paraître plus grande. Des tresses de perles attachées à ses tempes descendaient jusqu'aux coins de sa bouche, rose comme une grenade entrouverte. Il y avait sur sa poitrine un assemblage de pierres lumineuses, imitant par leur bigarrure les écailles d'une murène. Ses bras, garnis de diamants, sortaient nus de sa tunique sans manches, étoilée de fleurs rouges sur un fond tout noir. Elle portait entre les chevilles une chaînette d'or pour régler sa marche, et son grand manteau de pourpre sombre, taillé dans une étoffe inconnue, traînait derrière elle, faisant à chacun de ses pas comme une large vague qui la suivait.
Les prêtres, de temps à autre, pinçaient sur leurs lyres des accords presque étouffés, et dans les intervalles de la musique, on entendait le petit bruit de la chaînette d'or avec le claquement régulier de ses sandales en papyrus.
Personne encore ne la connaissait. On savait seulement qu'elle vivait retirée dans des pratiques pieuses. Des soldats l'avaient aperçue la nuit, sur le haut de son palais, à genoux devant les étoiles, entre les tourbillons des cassolettes allumées. C'était la lune qui l'avait rendue si pâle, et quelque chose des Dieux l'enveloppait comme une vapeur subtile. Ses prunelles semblaient regarder tout au loin au-delà des espaces terrestres. Elle marchait en inclinant la tête, et tenait à sa main droite une petite lyre d'ébène.[quote]
Je tiens aussi a ajouter que pour avoir un apercu de la beaute des descriptions exotiques de Flaubert sans pour autant lire tout un roman, vous pouvez essayer la nouvelle Herodias qui se trouve dans Trois contes : Un cœur simple, La Légende de Saint Julien l’Hospitalier, Hérodias _________________ -We live as we dream--alone Heart of Darkness J. Conrad
-De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène, Qu'importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours, Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! – L'univers moins hideux et les instants moins lourds ? Baudelaire |
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 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Mer 28 Fév - 22:56 | |
| Ah oui, Trois contes c'est fantastique ! Je n'ai jamais réussi à rentrer dans l'univers de Salammbô, je préfère pour l'instant le Flaubert "normand" de Mme Bovary, Bouvard et Pécuchet et aussi celui de L'Education sentimentale. Mais il a écrit beaucoup de textes marqués par un romantisme échevelé comme Salammbô et Hérodias. Ca me fait l'effet de longs poèmes en prose, c'est très beau. Ca déconcerte quand on a commencé par les autres, mais il ne faut pas oublier qu'il a écrit Mme Bovary comme un remède contre l'excès de romantisme dont témoignait La tentation de Saint Antoine selon les amis à qui il avait lu le texte. Il y avait beaucoup d'idéalisme et de fantaisie dans cet écrivain-là !
Et sa correspondance, Morgane, tu aimes ? Je trouve que c'est incroyable la manière dont on le sent vivant dans ces lettres, comme si elles dataient d'hier, exceptés les quelques archaïsmes de style qui font daté aujourd'hui.  _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
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 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Jeu 1 Mar - 13:25 | |
| Je n'ai lu que quelques lettres de Flaubert. Celles qu' il adressait a sa maitresse (je ne me souviens plus de son nom). J'avoue avoir ete tres surprise par le romantisme dont il fait preuve meme dans ces lettres. Je pensais que ce n'etait reserve qu' a la fiction.
"l'excès de romantisme dont témoignait La tentation de Saint Antoine"
Etant une amoureuse de Chateaubriand j' ai du mal a concevoir l'exces de romantisme.
J'ai aussi lu Mme Bovary et L'education sentimentale et beaucoup aime. Je ne connaissais pas cette expression le Flaubert normand. Sa capacite a decrire des mondes aussi differents que celui de Salammbô et d'Emma Bovary est tres impressionante. _________________ -We live as we dream--alone Heart of Darkness J. Conrad
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 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Ven 2 Mar - 2:56 | |
| Celui que je préfère c'est Bouvard et Pécuchet, c'est à la fois drôle et profond.
Par contre la Tentation de Saint-Antoine et Salambô, je n'ai pas aimé, je trouve que ça fait trop " fouillon, " trop lyrique.
Madame Bovary et l'Education sentimentale ce n'est pas mal mais ça ne justifie pas à mes yeux de porter Flaubert au rang de géant du XIXème. Je ne le vois pas en égal de Zola.
| Morgane la Fée a écrit: | | Sa capacite a decrire des mondes aussi differents que celui de Salammbô et d'Emma Bovary est tres impressionante. |
Comme celle de passer à Bouvard et Pécuchet également. _________________ Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance. |
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 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Lun 5 Mar - 20:54 | |
| Bouvard et Pécuchet est un OVNI génial, tu as raison, André.
Je trouve qu'il faut relire Mme Bovary et L'éducation sentimentale pour se rendre compte de la finesse du style. C'est vrai que ça peut paraître un peu plat à première lecture. C'est en tout cas l'impression que j'avais eue, mais à la relecture, c'était autre chose !! Il y a des passages très poétiques dans Mme Bovary. _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
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Inscrit le : 10 Mai 2005 Messages : 3461
 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Lun 5 Mar - 23:36 | |
| C'est vrai. Il m'est arrivé de feuilleter des passages de Madame Bovary et de m'être étonné de l'écriture que je n'avais pas su apprécier. _________________ Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance. |
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   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14761 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Mar 8 Mai - 12:19 | |
| 
Si, au lieu de brader "Mme Bovary" à des élèves de 3ème ou de Seconde qui n'y comprennent que peu de choses tant leur expérience personnelle se trouve à dix mille lieues des tourments d'une provinciale mal mariée du XIXème siècle, on leur offrait des "Morceaux choisis" de "Bouvard & Pécuchet", peut-être le malentendu qui s'établit en général très vite entre les élèves et Gustave Flaubert n'existerait-il pas. (Il faudrait, notez bien, que les enseignants y mettent aussi du leur, et voilà qui est plus hasardeux ... )
Car l'oeuvre inachevée de Flaubert est un monument pince-sans-rire dressé à la bêtise monomaniaque élevée au rang de l'art par deux anti-héros dont on se demande bien souvent si leurs excentricités ne vont pas finir par les faire sombrer dans la folie pure et simple.
Pourtant, à bien regarder ce livre extraordinaire, c'est autour de Bouvard et Pécuchet plus que dans leurs agissements personnels que se déploie, dans toute sa gloire, la beaufitude bourgeoise et bien-pensante. Au sein de la province normande où ils sont allés chercher repos et plénitude, nos deux personnages principaux ne sont entourés que d'aigris et d'envieux qui, lorsqu'ils s'aperçoivent de l'originalité des deux compères, s'empressent d'unir leurs efforts pour les blâmer, les décrier et les moquer de toutes les façons possibles et imaginables. Une certaine Mme Brodin ira même jusqu'à attiser la nature très charnelle de Bouvard afin d'obtenir de lui un prix risible pour l'une de ses propriétés qu'elle convoite.
Le monde paysan et ouvrier n'est pas mieux traité par un Flaubert qui, bien que né à Rouen, ne se faisait visiblement aucune illusion quant à l'avidité naturelle de ses compatriotes. Les événements de 1848, les petites et grandes lâchetés des notables sont passés au crible. Avec une lucidité rare et à l'opposé absolu du Hugo des "Misérables", Flaubert campe enfin des enfants de forçat absolument irrécupérables que Bouvard & Pécuchet, en philanthropes aussi émus que naïfs, tentent en vain d'élever hors de la fange où ils sont nés.
Bref, ce livre est d'une cruauté inouïe envers la Nature humaine à laquelle il ne laisse aucune rémission possible. Et malgré tout, devant ce défilé écrit de silhouettes à la Daumier, le lecteur s'amuse de bout en bout, partagé entre les rires que lui inspirent les déconfitures successives des pauvres Bouvard et Pécuchet et la tendresse que, peu à peu, l'originalité foncière de ces deux caractères finit par lui inspirer.
Certes, on ne rit pas aux éclats - quoique, parfois ... Et l'on est ici bien plus proche de l'humour anglais que des éclats rabelaisiens. N'empêche : ce roman se lit sans efforts en une seule journée et, quand on le referme, on se demande si, finalement, dans sa jeunesse, on n'est pas passé à côté du vrai Gustave Flaubert.
A lire absolument.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Dernière édition par le Mar 8 Mai - 12:44, édité 1 fois |
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   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2741 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Mar 8 Mai - 12:40 | |
| Je souscris totalement à ce que tu dis, c'est un pur bonheur de lire ce roman... et une frustration sans bornes de se dire qu'on ne saura jamais comment Flaubert aurait terminé ce qu'il envisageait comme une véritable encyclopédie (en deux livres) de la bêtise humaine. Le dictionnaire des idées reçues, qui vaut aussi le détour, aurait figuré dans le deuxième volume projeté mais jamais écrit par le romancier, comme témoignage d'une lucidité soudaine des deux compères redevenant copistes mais cette fois pour dénoncer toutes les inepties qui leur seront tombées sous les yeux. Quel régal ça aurait été, mais quel régal est, déjà, ce qu'il nous en a laissé !
Rabelaisien, je trouve que l'épisode de la vache gonflée à laquelle ils font des passes d'hypnotiseurs pour la libérer de ces gaz inconfortables l'est totalement... Et je vous laisse découvrir ce qu'ils appellent "une porte ouverte à l'espérance, un débouché peut-être ?"... C'est tellement bien écrit que cet épisode digne des blagues scatologiques de cour de récré en devient hilarant. J'en ai pleuré de rire à imaginer tout le village rassemblé autour de la pauvre vache énorme et les deux idiots en train d'essayer de l'hypnotiser !!... suscitant des réactions très inattendues de la pauvre bête.
Quant à Mme Bovary, oui, c'est une erreur de la faire lire (et tronçonner ) à des collégiens. Même au lycée on ne saisit pas forcément tout ce que sa situation veut dire et implique. Et on a l'impression de lire un roman bourgeois ennuyeux au style littéraire sans capter une onde de l'ironie qui circule de bout en bout dans la trame du texte. _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
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   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2741 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
 | Sujet: Madame Bovary défraie toujours la chronique... Mer 30 Mai - 21:03 | |
| ... littéraire en tout cas, et ça promet d'être passionnant :
"Elle s'appelle Emma Bovary et son histoire est célèbre. Amoureuse de l'amour, elle a vécu d'illusions, trompé son mari et ruiné son ménage. Dans un geste de désespoir, elle se tue en absorbant une forte dose d'arsenic - c'est du moins ce que prétendra Flaubert. Or c'est un fait reconnu que l'arsenic, en une seule prise, n'est presque jamais mortel... Voici ce qui s'est réellement passé : au chevet de la jeune femme, deux médecins ont été appelés. L'un, le docteur Canivet, relève des traces discrètes de contusions ; l'autre, le professeur Larivière, pourra témoigner des derniers mots chuchotés par Emma : "Assassinée, pas suicidée." Deux policiers de Rouen sont dépêchés à Yonville afin d'élucider l'affaire. Et les voilà bientôt nantis de plusieurs suspects possibles : un mari cocufié, un prêteur sur gages, deux femmes de caractère, un cynique libertin, un pharmacien concupiscent... Dans le décor médiocre et petit-bourgeois où Emma suffoquait d'ennui, Philippe Doumenc orchestre une contre-enquête brillante et talentueuse - un vrai et noir roman qui nous révèle enfin ce que Flaubert lui-même feignait d'ignorer."
Ce roman, c'est Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, de Jean-Philippe Doumenc, chez Actes Sud.
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|  | | Lisia Littérophage Notabéniste Avec Mention Spéciale.

Inscrit le : 07 Jan 2006 Messages : 1223
 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Jeu 31 Mai - 15:12 | |
| Tiens je l'ai vu l'autre jour à la FNAC, et j'ai pensé à la passionnée de Flaubert Tu nous diras ce que ça vaut si tu le lis. Je ne connais pas l'auteur, mais j'ai vu qu'il avait obtenu un Prix Renaudot en 1995 |
|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14761 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
 | |  | | Thomas Ordonnateur des Basses Oeuvres de Nota Bene - il en est fier, en plus ...


   Age : 32 Inscrit le : 04 Avr 2006 Messages : 7143 Localisation : Paris Emploi : Passionnant mais indescriptible... Loisirs : Littérature, Cinéma, Photo, Cuisine
 | Sujet: Re: Gustave Flaubert, l'"homme-plume" Jeu 31 Mai - 16:37 | |
| Elle le lira peut-être pendant nos vacances ; en tout cas, je viens de l'acheter ! _________________ "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres." Jean-Paul Sartre, Les mouches "La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
http://politiculture.hautetfort.com |
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