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Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Alain-Fournier. Mar 29 Mai - 12:39 | |
| Sous ce pseudonyme composé, se dissimule Henri Fournier dont l'apport à notre littérature se limite à quelques poèmes, à une correspondance assez importante et à un unique roman : "Le Grand Meaulnes" même si, depuis 2003 où furent publiés les notes et plans préparatoires, on sait que Fournier songeait à un second roman : "Colombe Blanchet."
Cette carrière-éclair est due à sa mort anticipée, dans les tranchées près de Verdun, dès le début de la Grande Guerre.
Fils d'insituteurs solognots - comme le narrateur du "Grand Meaulnes" - il fit ses études secondaires au lycée Lakanal de Sceaux avant d'échouer au concours d'entrée à l'Ecole normale. C'est à la même époque qu'il fit connaissance avec Jacques Rivière, qui épousera plus tard sa soeur, Isabelle, dédicataire du "Grand Meaulnes."
"Le Grand Meaulnes" tire son origine d'une rencontre très brève que fit Alain-Fournier en 1905, alors qu'il se promenait sur les quais, à Paris. La jeune fille qu'il y entrevit, Yvonne Quiévrecourt, passe pour avoir servi de modèle à Yvonne de Galais. Quand il la revit, en 1913, année de sortie du roman, elle était mariée et avait deux enfants.
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|  | | Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14254 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Re: Alain-Fournier. Mar 29 Mai - 13:02 | |
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Lorsque je l'avais lu pour des raisons scolaires alors que je me trouvais en 3ème, en 1974, je n'avais absolument pas aimé ce livre. Je l'ai relu hier et ...
... et mon opinion n'a pas changé. 
D'accord, la construction est impeccable. D'accord, le style l'est tout autant. D'accord, il y a une romantique histoire d'amour. D'accord ...
Mais on n'y croit pas un seul instant. Avec le recul des années, j'ai enfin compris pourquoi : il n'y a, ici, aucune analyse psychologique, les personnages subissent tous leur destin - y compris Meaulnes.
Rappelons brièvement l'histoire :
Un adolescent de 17 ans environ, Augustin Meaulnes, fils d'une riche veuve solognote, est placé comme pensionnaire chez l'instituteur du coin, M. Seurel. Il se lie d'amitié avec le fils de celui-ci, François, qui est aussi notre narrateur.
Un jour, parti sans autorisation pour chercher les grands-parents Seurel à la gare - nous sommes en période de Noël - Meaulnes s'égare et se retrouve dans un domaine perdu où se déroule une étrange fête à laquelle ne semblent conviés que des enfants et des adolescents. Il parvient assez facilement à se mêler aux convives et apprend ainsi que cette fête a été voulue par le jeune Frantz de Galais, en l'honneur de sa fiancée, une jeune couturière qu'il tient à épouser malgré les réticences paternelles et en dépit de celles de la jeune fille qui s'inquiète, non sans raison, de ce changement si brutal de condition.
Et puis, Meaulnes croise Yvonne, la soeur de Frantz et en tombe éperdument amoureux. Mais cet amour est sans espoir puisque, après la fête, il est bien incapable déjà de retrouver le domaine où tout s'était déroulé.
De fil en aiguille, après des péripéties incroyables, il finit par monter à Paris où il rencontre - tenez-vous bien - l'ex-fiancée de Frantz (lequel s'est enfui avec des bohémiens (!!!) parce que Valentine lui avait en définitive refusé sa main, le jour même de la fameuse fête). Bien entendu, Meaulnes n'apprendra son identité que lorsqu'il sera trop tard ... c'est-à-dire après que lui-même l'aura demandée en mariage !!!! Sous le choc, il rompt et retourne panser ses plaies en Sologne.
Quelques années plus tard, c'est François, le narrateur, qui retrouve Yvonne et qui guide celle-ci vers Augustin, qu'elle n'a jamais oublié. Ils se marient, la jeune femme se retrouve enceinte et - j'espère que vous êtes assis - comme Frantz revient de chez les bohémiens pour rappeler à Meaulnes la promesse qu'il lui avait faite jadis (à savoir tout faire pour que Valentine accepte de l'épouser), le nouveau marié et futur père de famille laisse tout tomber pour tenter de retrouver la petite couturière et la ramener à Frantz.
Il y parvient mais, quand il revient au logis (plus d'un an et demi après), Yvonne est morte des suites de l'accouchement. François lui remet alors sa fille et voilà le père et le bébé partis "pour de nouvelles aventures ..."
Pour nombre de personnes - et c'est toujours ce que l'on m'en a dit - "Le Grand Meaulnes" est un chef-d'oeuvre. Eh ! bien, je suis au regret mais pour moi, c'est un livre froid (sauf peut-être au tout début), qui souffre terriblement de la fadeur trop lisse de ses personnages et de péripéties qui auraient mieux trouvé leur place dans un roman populaire.
On affirme aussi que "Le Grand Meaulnes" est un roman sur l'adolescence. Franchement, à ce compte-là, mieux vaut lire Alexandre Vialatte qui se fait de l'insolite une règle et qui, du coup, donne véritablement vie à ses personnages.
Et vous, que pensez-vous du "Grand Meaulnes" ?  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
|  | | Séraphine Grande & Sulfureuse Prêtresse de Nota Bene


   Age : 38 Inscrit le : 02 Avr 2006 Messages : 3311 Localisation : Autres dimensions... Emploi : Ecolière... Loisirs : Le rêve...
| Sujet: Re: Alain-Fournier. Mar 29 Mai - 17:08 | |
| De mémoire, j'avais aimé.
Mais le souvenir n'est pas inoubliable car l'histoire m'était sortie de la tête !!
En revanche, tu lances un vrai débat.
Pourquoi ce livre est considéré comme un classique ?
Qu'a t-il de si "incontournable" ?
Je vais réfléchir... _________________ "Connais-toi toi-même." |
|  | | André B. Trésorier du Grand Ordre de Nota Bene


Inscrit le : 10 Mai 2005 Messages : 3374
| Sujet: Re: Alain-Fournier. Jeu 31 Mai - 1:03 | |
| C'est vrai que les coïncidences dans le bouquin sont assez poussées mais à vrai dire lorsque je l'avais lu pour la première fois vers les 14 ans, en acceptant l'épisode de la fête étrange dans le domaine que Meaulnes ne parvenait plus à retrouver, j'avais accepté d'être transporté dans un monde pas tout à fait réaliste tout en restant quand même notre monde.
A l'époque le livre m'avait vraiment époustoufflé au point que je l'avais relu quelques années plus tard avec le même résultat.
Peut-être aujourd'hui n'accepterais-je plus les ficelles alors je préfère ... ne pas le relire !
D'ailleurs le Grand Meaulnes ( c'était le Grand Meaulnes familial ) que j'avais lu avait la même couverture que celui présenté par MDV, couverture que je trouvais fascinante ; le mien, que j'ai acheté plus tard, a une couverture différente, je ne sais plus ce qu'elle représente mais je sais qu'elle est décevante. _________________ Je ne suis qu'à moitié idiot et j'ai le vice de la tolérance. |
|  | | Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2636 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
| Sujet: Re: Alain-Fournier. Jeu 31 Mai - 10:47 | |
| J'avais beaucoup aimé mais c'était à l'époque des lectures qu'on fait à 14-15 ans comme vous... et comme tout de suite après j'avais embrayé sur Vialatte et que son univers m'avait paru beaucoup plus proche de ce que je ressentais à cette période-là, c'est, comme toi MDV, Vialatte qui m'a plus marquée en fin de compte. Mais j'avais adoré l'atmosphère que décrit André. _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
|  | | Loïc Littérophage Notabéniste Avec Mention Spéciale.


   Age : 35 Inscrit le : 29 Jan 2006 Messages : 558 Localisation : France Emploi : oui Loisirs : pas
| Sujet: Re: Alain-Fournier. Lun 23 Juil - 15:51 | |
| J'en ai un bon souvenir aussi.
Mais Masques, je voulais réagir à ton post du 29.05 (excellent au demeurant). Je trouve que tu cherches trop d'explications rationnelles et logiques à ce qui est est un livre du rêve et de l'imagination. Par exemple, cette fête dans laquelle le narrateur tombe par hasard me semblait irréelle comme faisant partie d'un rêve.
La dernière fois que j'ai entendu parler d'Alain-Fournier, c'était pour entendre qu'il n'avait jamais existé et que ce roman n'était que le fruit d'un collectif d'enseignants désireux de donner aux collégiens une sorte de roman idéal, avec tout ce qu'il faut pour l'étude en matière de constructions et de figures de style. Je suppose que vous avez aussi entendu parler de cette rumeur. (il y a la même pour Stephen King).
Dans les deux cas, je n'y crois pas..mais bon, on est en vacances..laissons-nous emporter par des choses futiles. |
|  | | Elisa Littérophage Notabéniste.


   Age : 31 Inscrit le : 16 Mai 2008 Messages : 186 Localisation : En Seine & Marne Emploi : Assistante Maternelle et étudiante en Lettres Loisirs : Lire, écrire, marcher et ... rêver parfois !
| Sujet: Re: Alain-Fournier. Ven 16 Mai - 21:31 | |
| J’ai trouvé que c’était un bon roman, car je l’avais dévoré... Il ne fait pas parti de mes livres cultes car je crois que même à 16 ans (il y a déjà 15 ans de cela !!!) il avait déjà un avant-goût de "démodé" ... Il y a dans ce livre une part de magie et de rêve indéniable, qui, je pense opère toujours mais la promesse, le pacte entre Meaulnes et François va trop loin ...Elle est trop agaçante … et irréaliste. |
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