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Sujet: Miguel DELIBES (Espagne - 1920) Lun 6 Juil - 14:32 |
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Né en 1920 à Valladolid, en Castille, Miguel Delibes a suivi des études de droit parallèlement à une formation au dessin et à la sculpture. Après une année passée sur un croiseur comme engagé volontaire dans la marine, il a entamé une double carrière de journaliste (en premier lieu comme dessinateur caricaturiste) et de professeur (de droit commercial).
Son journal, El Norte de Castilla, dont il deviendra le directeur, est une publication de tradition libérale qui a dû se soumettre aux lois franquistes pour perdurer. Delibes y passera des chroniques cynégétiques et cinématographiques aux éditoriaux sur la situation des paysans qui le mettront à plusieurs reprises en délicatesse avec la censure. Ces centres d’intérêt journalistiques et polémiques se retrouveront dans son œuvre romanesque.
Son premier roman, La sombra del ciprés es alargada, lui vaut, à vingt-huit ans, le prestigieux prix Nadal (le Goncourt espagnol) mais c’est avec son troisième ouvrage, El camino (Le Chemin, Verdier) qu’il atteint une vrai notoriété et, surtout, la plénitude d’un art consacré à l’évocation d’une civilisation rurale vouée à la disparition. Le personnage central de l’enfant (ou de l’innocent) se retrouvera dans les deux autres volets d’une trilogie qui constitue sans doute le chef-d’œuvre du romancier castillan : Las ratas et Los santos inocentes (Les Rats et Les Saints Innocents, Verdier).
Cependant, Delibes n’a rien d’un écrivain ruraliste ou social-réaliste comme le prouve d’une part sa « trilogie urbaine » : La hoja roja, Mi idolatrado hijo Sisí, El príncipe destronado et ses récits de voyage à travers le monde. Chasseur écologiste (ses livres de chasse sont aussi nombreux que ses ouvrages sur la défense de l’environnement), croyant pourfendeur de toutes les Inquisitions, il a su transmuer en littérature et élever à l’universel son expérience de marin militaire (Madera de héroe), sa rencontre avec le pendant « de gauche » du franquisme (La Primavera de Praga) ou l’épreuve de la perte d’un être cher : Señora de rojo sobre fondo gris (Dame en rouge sur fond gris, Verdier). Explorateur de la langue castillane dans ses formes poétiques, populaires et dialectales, il a réussi à donner vie à des personnages campés essentiellement par le truchement de leur langage. C’est le cas, par exemple, du personnage de Lorenzo, héros récurrent du journal d’un chasseur, d’un émigrant, puis d’un retraité (Diario de un cazador, Diario de un emigrante, Diario de un jubilado). Mais il a su aussi réinventer une écriture quand il a fallu dire les balbutiements de l’individu émergeant du totalitarisme (Parábola del náufrago).
Rien de dogmatique ou d’ « expérimental », cependant, dans une œuvre qui allie la nouvelle : La mortaja (Le Linceul, Verdier), le roman court : El loco (Le Fou, Verdier, trad. D. Blanc), le long monologue souvent adapté à la scène : Cinco horas con Mario (Cinq heures avec Mario, La Découverte) et le long roman de facture « classique », telle l’œuvre la plus récente (El hereje), parue en 1998 et qui connaît en Espagne un immense succès.
Source : http://www.editions-verdier.fr/v3/auteur-delibes.html
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Sujet: Re: Miguel DELIBES (Espagne - 1920) Lun 6 Juil - 14:40 |
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Dame en rouge sur fond gris, quatrième de couverture :
Dame en rouge sur fond gris est un admirable portrait de la femme aimée que la maladie a trop tôt enlevée à l’affection de l’époux désemparé. Le narrateur est un peintre célèbre dont le désespoir a tari la créativité. La pudeur de la transposition ne peut faire oublier le drame vécu par l’écrivain confronté à la mort d’Àngeles, la mère de ses sept enfants. Le récit, à la fois hommage et exorcisme, est mené sur le mode chuchoté de la confidence à l’une de ses filles. Ce long monologue, classique dans sa retenue, bouleversant par la délicatesse du trait, évoque le mystère d’un être dont l’éclat, la beauté, l’élégance morale, illumine l’existence de ses proches, transforme la grisaille des jours – et jusqu’au goût âcre de la maladie – en d’inépuisables leçons de vie.
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Sujet: Re: Miguel DELIBES (Espagne - 1920) Lun 6 Juil - 14:49 |
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Passage choisi :
Les livres scolaires l'ennuyaient ; toute petite ils l'ennuyaient. [...] Elle aimait les livres, mais les livres choisis spontanément. Elle pensait que le vice ou la vertu de la lecture dépendait du premier livre. Celui qui parvenait à s'intéresser à un livre devenait inévitablement esclave de la lecture. Un livre te renvoie à un autre livre, un auteur à un autre auteur car, contrairement à ce que l'on dit, les livres ne résolvent jamais tes problèmes, ils en créent de nouveaux, de sorte que la curiosité du lecteur n'est jamais satisfaite. Et, en ayant recours à d'autres titres, tu t'engages dans une chaîne qui n'a de fin qu'avec la mort. Elle éprouvait de l'avidité pour le texte imprimé. Et elle me l'a communiquée. C'est elle qui m'a rapproché des livres, de certains livres et de certains auteurs. En vérité, elle m'a ouvert les portes de ce monde.
Dame en rouge sur fond gris, Editions Verdier, Traduction de Dominique Blanc.
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