Masques de Venise Mécréante Suprême


   Age : 48 Inscrit le : 06 Mai 2005 Messages : 14342 Localisation : Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ... Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
| Sujet: Leo Perütz (Autriche) Mer 21 Fév - 21:59 | |
| Détail étonnant dans la biographie de cet écrivain autrichien, né à Prague en 1882 dans une famille juive d'origine espagnole : en 1927, Leo Perütz fut reçu au Gorsedd de Riec-sur-Belon, parmi les druides et les bardes et devint membre actif du Comité de Patronage "An Oaled", la revue qu'éditait François "Taldir"-Jaffrenou.
Or, François Jaffrenou - "Taldir" n'est que son surnom breton et signifie "Front d'Acier - qui a écrit le "Bro goz ma zadou" ("Vieux Pays de Nos Père"), l'hymne breton utilisé de nos jours, peut être considéré comme l'un des pères de l'autonomisme celtique. Bien que violemment anti-allemand, il eut la sottise de se laisser séduire par les sirènes régionalistes du maréchal Pétain et se retrouva en prison après la Libération. Des haines et des jalousies locales se mêlèrent à l'affaire, on l'accusa d'avoir dénoncé des résistants et il aurait été en très mauvaise posture si certains résistants notoires n'avaient pris ouvertement parti pour lui. De Palestine où il vivait alors, Perütz écrivit également une lettre adressée au général de Gaulle et dans laquelle il témoignait en faveur de Jaffrenou.
Voilà pour la grande Histoire. Revenons à la petite. 
Leo Perütz avait deux passions : les mathématiques et la littérature. A l'âge de 17 ans, il quitta d'ailleurs Prague pour aller étudier les premières à Vienne. Il s'y intéressera suffisamment pour trouver une formule d'égalisation qui porte son nom et pour rédiger un traité de bridge fondé sur le calcul des probabilités.
Pendant la Grande guerre, il combattra dans les rangs autrichiens et y perdra deux côtes que, selon la légende, comme il avait été opéré sans anesthésie, il jeta lui-même à un chien qui passait - et qui les ignora. On peut juger d'ici la force de volonté du personnage qui adorait d'ailleurs qu'on l'appelât "l'Ours."
Durant sa convalescence, il commence la rédaction de son premier roman : "La Troisième Balle" dont l'action se situe dans l'Amérique des Conquistadors. Et puis il lit, il lit énormément. La paix revenue, il se mettra à voyager et poussera jusqu'en URSS.
Son premier vrai succès, "Le Maître du Jugement dernier", paraît à Munich en 1923 et est presque immédiatement traduit dans notre langue. Il en sera de même pour les romans suivants : "Le Marquis de Bolibar" - que certains tiennent pour son chef-d'oeuvre - et "Où roules-tu, petite pomme ?"
En 1938, "La Neige de Saint-Pierre" est interdit par les Nazis et Perutz quitte Vienne pour s'installer à Tel-Aviv où il reprend son premier métier : actuaire d'assurances.
Ce n'est qu'en 1953 qu'il se remet à l'écriture avec "La Nuit sous le Pont de Pierre" qui rend hommage à sa ville natale. Il décède en 1957 et "Le Judas de Léonard" sera publié à titre posthume, en 1959.
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Masques de Venise Mécréante Suprême


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| Sujet: Re: Leo Perütz (Autriche) Mer 21 Fév - 22:14 | |
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Der Master des Jungstens Tages Traduction : Hugo Richter.
Dison-le tout de suite : je n'ai pas du tout aimé. Je veux parler ici du style qui est feuilletonnesque. Or, le feuilleton me donne en général de petits boutons.
Pourtant, le récit est superbement construit : dès lors qu'on est parvenu à la fin du récit, on se rend compte de l'habileté de l'écrivain.
Je ne donnerai ici que la base de l'intrigue : accompagné de son ami, le docteur Gorski, le narrateur, le baron von Yosh, se rend chez les Bischoff pour y participer à un petit concert entre amis. Eugène Bischoff est un comédien célèbre et sa femme, Dina - on l'apprend un peu plus tard - a été, avant son mariage, la maîtresse de von Yosh.
Après l'arrivée de Valdemar Solglub, un ami des Bischoff, qui perturbe un peu le concert privé, la conversation dévie sur un suicide accompli dans d'étranges circonstances et qu'Eugène conte avec un tel talent que l'atmosphère en devient vite étouffante. Le comédien s'interroge sur les motifs qui ont poussé la victime à se donner la mort. Et puis, brusquement, il demande à ses amis de l'excuser un instant et gagne son bureau.
Il n'en ressortira pas. Quelques minutes plus tard : deux coups de feu, Eugène Bischoff s'est suicidé lui aussi.
Tout le roman est vu par les yeux de von Yosh et, à la fin, on se demande s'il a réellement bien vu. Il y a plusieurs interprétations possibles - procédé que reprendra Perütz dans d'autres romans. Le problème - enfin, pour moi - c'est que l'impression de confusion est si bien rendue que je ne savais plus où j'en étais. Voilà pourquoi j'ai trouvé ce roman ardu, très ardu à lire, et que je ne sais toujours pas qui a fait quoi dans "Le Maître du Jugement Dernier" et encore moins si celui-ci est un roman policier, un roman fantastique ou un composé des deux. Je me dis aussi que, n'ayant pas l'esprit très matheux, il y a des chances pour que je sois imperméable au raisonnement de Perütz.
Je vais donc ranger ce roman et le relire dans quelque temps. D'ici là, si vous-même en prenez connaissance, n'hésitez pas à poster sur la question.  _________________ http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/ |
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