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Giovanni Guareschi (Italie)

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MessageSujet: Giovanni Guareschi (Italie)   Lun 28 Jan - 18:55

Giovanni Guareschi naquit dans le modeste hameau de Fontanelle, rattaché à la commune de Roccabianca, dans la province de Parme, le 1er mai 1908.

Il fit des études de droit qu'il abandonna pour tenter de vivre de ses dessins et de ses textes. Il débuta comme journaliste au journal satirique Bartoldo dont il devint, un peu plus tard, le rédacteur en chef avant de fonder son propre hebdomadaire humoristique : Candido.

Il ne se contente pas de rédiger, il fait aussi des dessins d'humour ou de franches caricatures et certaines éditions de la série des "Don Camillo" ont d'ailleurs été illustrées par lui.

En 1948, sort "Le Petit Monde de Don Camillo", qui met en scène un curé anti-conformiste et un maire communiste qui se connaissent depuis l'enfance et qui, de surcroît, ont tous deux combattu les Allemands au maquis. Tout autour d'eux, un village en principe scindé en deux par les croyances religieuses et qui observe, narquois, les innombrables démêlés de la "Réaction" et des "Rouges."


Ce roman, ou plutôt ce recueil de petites scènes opposant les deux héros, remporte un énorme succès en Italie et le cinéma s'intéresse aussitôt à l'affaire. A partir de là, pour Guareschi, c'est la gloire.

Une gloire qui ne se démentira plus jusqu'à la mort de l'écrivain, qui survient lors d'une attaque cardiaque, en 1968, à Ravenne.


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MessageSujet: Re: Giovanni Guareschi (Italie)   Ven 1 Fév - 16:45



Il Mondo Piccolo de Don Camillo
Traduction : Gennie Luccioni


Difficile, en 2008 - et surtout avec pareille couverture - de pénétrer, même pour la première fois, dans "Le Petit Monde de Don Camillo" sans évoquer instantanément Fernandel dans le rôle auprès d'un Gino Cervi plus vrai que nature en Peppone. Pourtant, si l'on ne se soumet pas à cet exercice, on perdra de vue que, dès sa parution en 1948, ce petit recueil de saynettes mettant en scène les deux célèbres opposants connut un très grand succès. Partant, on passera sur les qualités intrinsèquement littéraires de l'oeuvre de Guareschi. Et ce serait dommage, croyez-moi.

Pourtant, ce n'est pas le style qui compte ici. Guareschi a la phrase concise et un peu sèche du journaliste rôdé. Mais son sens de l'humour, sa générosité et son humanité lui permettent, à travers des personnages en principe italiens, de créer des archétypes qui peuvent prétendre à l'universel.

Don Camillo, le curé anti-conformiste, est une espèce de géant "aux poings terribles". Ensoutané de noir, selon l'usage, il n'hésite à retrousser ses manches pas plus pour creuser, maçonner, nourrir des vaches affamées par un piquet de grève ... que pour brandir son fusil (ou une mitraillette) ou se jeter en pleine bagarre.

De l'aspect physique de Peppone, on retient surtout son foulard rouge, insigne de ses conviction politiques et presque de ses fonctions puisqu'il vient d'être élu maire de son petit village. Au "civil", il est garagiste.

Autour d'eux, les villageois, les "Rouges" qui, en cet Après-guerre, tiennent le haut du pavé, et les "Cléricaux", qui entendent bien recouvrer le pouvoir tôt ou tard. Ajoutez à cela que les épouses des premiers veulent toujours faire baptiser leurs enfants et qu'il arrive aux filles des seconds de tomber amoureuses de fils des "Rouges."

De temps en temps, le fleuve pique sa colère et déborde. Ou alors, ce sont les propriétaires fonciers qui refusent de mieux payer leurs ouvriers agricoles. A moins qu'une poule ne ponde, dans le poulailler du presbytère, un oeuf portant en relief une croix finement ciselée ou que Peppone, paniqué à l'idée de voir mourir le plus jeune de ses enfants, ne vienne en catimini déposer un cierge devant l'autel de la Vierge.

On admirera au passage la vivacité des dialogues et l'authenticité des émotions exprimées. Pas une seule fois, Guareschi, au demeurant bon dessinateur, ne cède ici au plaisir de la caricature.

Avec de tels avantages, on comprend qu'il était fatal que le cinéma s'intéressât très vite à ce petit monde niché dans la plaine émilienne, près du Pô.
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