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Miguel de Cervantès Saavedra (Espagne)

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Thomas
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MessageSujet: Miguel de Cervantès Saavedra (Espagne)   Ven 13 Avr - 9:40

Don Quichotte

Bien que d'autres écrits de l'illustre Espagnol soient célébrés de par le monde, il reste que le plus connu d'entre eux, celui qui vient tout d'abord à l'esprit quand on entend "Cervantès", c'est bien Don Quichotte !

Il y a beaucoup de raisons à cela ; la première d'entre elles est qu'il s'agit d'un roman fondateur dans lequel on trouve beaucoup des prémices de genres développés, dans les années et siècles qui ont suivi sa composition et sa parution, par d'autres auteurs qui en sont devenus les chantres ou les adeptes.

Avant tout, même satirique, Don Quichotte est un roman d'aventures dans lequel un homme choisit sa voie et la poursuit quels que puissent être les obstacles. Le Quichotte est obstiné - au point que, plutôt que dans la Manche où se situe effectivement le récit et d'où est originaire son héros, on l'aurait bien vu né en Galice et doté de la force d'âme (je fais dans le politiquement correct, ce matin, moi !) des Celtes...

Enfin. On connaît le récit : Don Quichotte, tout empreint des récits de chevalerie des temps anciens, décide un beau jour de se faire chevalier errant et d'aller chercher les aventures qui seyent à son état. Après une première sortie effectuée seul, et durant laquelle il prend ses premiers coups, il revient chez lui pour prendre quelques provisions de bouche et d'argent et, surtout (c'est très important pour la suite du récit), il se choisit un écuyer en la personne de Sancho Panza, un brave paysan du coin qu'il attire en lui promettant monts et merveilles (nommément, un archipel dont il sera fait gouverneur !). Le brave homme quitte donc femme, enfants et terres pour suivre son nouveau maître.

Le duo fonctionne bien, littérairement parlant... au moins un temps. On se prend à les comparer à Sganarelle et Don Juan, le valet/écuyer se permettant vis-à-vis de son maître des privautés que ne se seraient certainement pas accordées d'autres serviteurs.

Pourtant, passées les quelques premières aventures (dont l'une des premières, celle des moulins, est connue même de qui n'a pas lu le roman), j'ai commencé à trouver que ça tournait un peu en rond (c'est d'ailleurs l'impression que je gardais d'une première lecture, faite il y a une douzaine d'années, dans l'ancienne traduction, donc) ; j'avoue avoir peu de patience pour les personnages qui n'apprennent rien de leurs erreurs et restent fixés sur leur idée première, sans que les événements, fussent-ils douloureux, ne leur ouvrent l'esprit sur une meilleure route à suivre. Au bout d'un moment, le personnage de Don Quichotte m'énervait tellement que je préférais, de loin, les passages dont il était absent !

Je ne m'en souvenais plus, et on l'oublie trop souvent, mais Don Quichotte, s'il est omniprésent dans l'esprit, n'est pas toujours le personnage central des chapitres du roman ; de nombreuses personnes rencontrées en chemin par les deux compères, ainsi que par le curé et le barbier du village dont ils sont originaires, ont eux aussi voix au chapitre et se lancent, à chaque fois, dans le récit de leurs malheurs ou de leurs aventures. Moi qui aime beaucoup les récits enchâssés, j'ai été servi !

Cette forme est néanmoins elle aussi un peu répétitive, et les chapitres finaux de la première partie voient la résolution de tous les malheurs exposés jusque-là (on ne peut en blâmer le seul Cervantès, c'était l'esprit de l'époque, mais le traitement des femmes dans ce roman est assez éprouvant pour un lecteur féministe d'aujourd'hui : elles y sont représentées faibles de corps et d'esprit, source de tous les maux des hommes, inconstantes, lâches...).

Je dois bien dire que je pense avoir manqué quelque chose ; pourquoi un roman que j'ai lu sans déplaisir (sauf parfois un peu d'énervement) mais sans grand enthousiasme est-il porté aux nues par les plus grands auteurs (dont Flaubert, tout de même !) ?

Peut-être pourrez-vous m'expliquer quelle marche j'ai manquée ?


L'ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche
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MessageSujet: Re: Miguel de Cervantès Saavedra (Espagne)   Ven 13 Avr - 13:11

J'ai essayé de le lire l'an dernier. J'ai dû le lâcher avant même les moulins. Je vais tenter de le reprendre un de ses jours mais je n'y trouvais pas l'humour que j'avais découvert dans certains extraits lus, eux, quand j'avais ... oh ! ... dans les vingt ans.
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MessageSujet: Re: Miguel de Cervantès Saavedra (Espagne)   Ven 16 Mai - 23:04

C'est amusant ... je viens de le lire et comme vous j'ai trouvé le début presque insupportable ... et pourtant à un moment donné, c'est devenu intéressant et puis je ne l'ai plus lâché... Il faut peut-être le lire en ayant à l'esprit que c'est un des premiers romans modernes ( avec Gargantua), avec un narrateur joueur et parfois moqueur ... Que Cervantes en tachant de discréditer les romans de chevalerie très en vogue à son époque est parvenu, et probablement à son insu, à réinventer la forme du roman...
Don Quichotte est aussi un personnage curieux et insaisissable, qui selon les courants littéraires a tour à tour été compris comme un personnage comique ou au contraire un personnage romantique, mélancolique par excès de lucidité.
Bref, c'est un roman étonnant qui dans une perspective de l'histoire du roman devient je trouve, très intéressant.
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MessageSujet: Re: Miguel de Cervantès Saavedra (Espagne)   Sam 17 Mai - 17:14

En un lugar de la Mancha cuyo nombre no quiero recordar....

Il était au programme de licence qd j'étais en fac d'espagnol, jamais réussi à le lire en VO (c'est de l'espagnol classique et c'est assez dur) je l'ai donc lu en VF (d'autant qu'en linguistique on en étudiait aussi des extraits justement pour étudier l'espagnol classique) et j'ai eu du mal à le finir. Je me suis ennuyée, d'ailleurs c'est un livre dont je me suis débarassée à une époque où j'ai dû faire du vide sur mes étagères. Avec honte, bien sûr, mais sans état d'âme quand même. Un des profs nous avait dit qu'un des Philippe (III ou IV) se tordait les côtes à sa lecture, perso je me suis vraiment ennuyée.
A titre indicatif, ce roman marque le début de la préoccupation des auteurs pour leurs droits sur leurs textes, pas forcément pécuniaire, mais en raison de la récup des textes par d'autres, qui s'en inspiraient librement. C'est ainsi que d'autres Don Quichotte fleurissant en Espagne après le succès du 1er volume des aventures du Chevalier, Cervantès s'en émut et rappela dans le début du 2nd volume que lesdits textes n'étaient pas de lui.
Par ailleurs, il faut savoir que le roman n'arriva d'abord en France que par petits morceaux, plus précisemment par extraits qui présentant une unité pouvaient être traduits et publiés plus facilement qu'un long roman. Ce qui explique qu'encore aujourd'hui, on pense à Don Quichotte comme au chevalier se battant contre des moulins à vents, qui est un de ces extraits.
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MessageSujet: Re: Miguel de Cervantès Saavedra (Espagne)   Sam 17 Mai - 17:34

Ce que tu dis, Elisa, me rappelle que, effectivement, c'est dans le second tome que j'avais trouvé, à l'époque, le plus d'humour. Donc, je le ressors de ma seconde PAL (oui, j'en ai plusieurs parce que, sinon, ça crèverait le plafond Embarassed ) et je le mets de côté.
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