Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2636 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
| Sujet: Santiago Gamboa - (Colombie) Jeu 25 Oct - 15:37 | |
|  Santiago Gamboa est né à Bogota en 1966. Journaliste, il a vécu en Espagne, en Italie et en France. Il est actuellement attaché culturel de la Colombie à l'Unesco. Il est l'auteur de Perdre est une question de méthode, Les Captifs du lys blanc, Esteban le héros et Le syndrome d'Ulysse. (nous dit la quatrième de couverture du Syndrome d’Ulysse. Je n’ai pas trouvé de renseignements plus complets en français sur le Web) _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
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Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2636 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
| Sujet: Le syndrome d'Ulysse Jeu 25 Oct - 15:38 | |
| Esteban est un jeune étudiant colombien arrivé à Paris, la ville toujours mythique pour bien des auteurs latino-américains, pour étudier la littérature et se construire lui-même. Bien plus que les cours glacés de littérature latino qu’il prend à la Sorbonne, ce sera tout ce qui se passe en-dehors de l’université qui finira par l’intéresser. Pour subsister, Esteban donne deux-trois cours d’espagnol par-ci par-là, et fait la plonge dans un restaurant coréen de Belleville, "Les Goélands de Pyongyang". Et il côtoie tout un monde souterrain, celui des immigrés clandestins. Jung le Coréen qui fait la plonge avec lui au restaurant et rêve de retrouver sa femme Mei Lin qui a peut-être disparu dans un hôpital psychiatrique de Séoul, Saskia la prostituée roumaine et son ami Lazlo, un peu fou et très fraternel, et aussi la communauté colombienne de Paris, voilà tous ceux qui permettent à Esteban d’élargir son horizon et de sortir de l’écrasante petitesse de sa « chambrita » parisienne, cette cage à lapins où il rentre dormir au petit matin. Il y a aussi les femmes, on en croise beaucoup. Paula, une jeune fille de bonne famille colombienne, qui s’encanaille à Paris, Yoglou la Stambouliote lascive, les Françaises Sabrina et Sophie, symboles d’exotisme raffiné pour notre jeune Colombien. Mais il y a surtout Victoria, le grand amour d’Esteban, qui le quitte pour Joachim, un Allemand entre deux âges, et qu’Esteban n’arrive pas à oublier. Tout ce petit monde vivote comme il peut et se laisse parfois aller à des orgies. (Les passages érotiques sont nombreux, et pas forcément toujours réussis d’ailleurs) Côté littérature, Esteban peut compter sur ses amis Khaïr-Eddine, un poète arabe qui commence à être reconnu par ses pairs, et Salim, un jeune Marocain qui suit passionnément les cours de littérature latino-américaine avec lui et relit les mêmes livres à la recherche de leur signification profonde. On croise des auteurs réels dans le livre, Juan Goytisolo et d’autres, ce qui donne un poids réaliste au roman. Il y a aussi Gaston, un professeur de philosophie désabusé par la disparition de Nestor, son amant colombien clandestin et taciturne, qui se trouve être aussi un ami d’Esteban : une intrigue quasiment policière se greffe sur le reste avec ce personnage mystérieux.
C’est un roman-patchwork que nous offre Gamboa, à la fois roman d’apprentissage, roman d’initiation sexuelle et amoureuse (mais n’est pas Henry Miller qui veut), roman de formation littéraire (Esteban ne désespère pas d’améliorer le roman qu’il apporte avec lui de Colombie), roman d’errance et de rencontres dans la ville, roman policier ; certains aspects sont plus réussis que d’autres, et parfois on s’ennuie un peu en compagnie de ce jeune homme qui se cherche et ne se trouve pas tout de suite. L’écriture est parfois belle, parfois un peu ampoulée. L’histoire se tient, mais de temps en temps, après un épisode, on a envie de dire : « Et alors ? » A vouloir brasser trop de genres différents, Gamboa n’accorde peut-être pas assez d’attention à chacun. C’est une lecture agréable, mais un livre qu’on oublie rapidement.
Santiago Gamboa Le syndrome d'Ulysse Ed. Métaillié _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
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