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Thomas Ordonnateur des Basses Oeuvres de Nota Bene - il en est fier, en plus ...


   Age : 32 Inscrit le : 04 Avr 2006 Messages : 6848 Localisation : Paris Emploi : Passionnant mais indescriptible... Loisirs : Littérature, Cinéma, Photo, Cuisine
| Sujet: Ian McEwan Mer 13 Juin - 13:11 | |
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Fils d'un officier britannique blessé à Dunkerque pendant la guerre, Ian McEwan grandit à Singapour, en Afrique du Nord et en Allemagne.
De retour en Angleterre, il a étudié la littérature anglaise à l'université du Sussex : en poursuivant son doctorat à East England, il participe aux cours d'écriture dirigés par les romanciers Malcolm Bradbury et Angus Wilson.
Dès ses premières parutions, la critique internationale est extrêmement élogieuse. Il reçoit ainsi le prix Somerset Maugham pour son recueil de nouvelles paru en 1976, First Love, Last Rites. Il obtiendra en 1993 le prix Femina étranger pour L'Enfant volé. En 1998, après la sortie de son roman, Enduring Love, il obtient le [b]Booker Prize, équivalent du Goncourt en Angleterre.[/b]
Alors qu'il est membre de la très sélecte Royal Society of Literature, de la Royal Society of Arts, il reçoit le prix Shakespeare de la fondation d'Hambourg en 1999.
Grand écrivain connu et reconnu, Ian McEwan continue de produire en Angleterre et son dernier roman, Samedi a lui aussi remporté un beau succès. _________________ "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres." Jean-Paul Sartre, Les mouches "La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
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| Sujet: Re: Ian McEwan Mer 13 Juin - 13:16 | |
| On Chesil Beach
Edward Mayhew et Florence Ponting sont amoureux et ils viennent de se marier. Dans la suite nuptiale d'un hôtel du Dorset où ils sont venus se réfugier après les cérémonies et le déjeuner qui les a suivies va pourtant se jouer un drame qui mènera le couple à l'explosion.
Toujours attaché à décrire les conflits au plus près, comme il l'avait fait avec Expiation, Ian McEwan dépeint cette fois-ci une guerre intime dont les protagonistes sont deux jeunes (23 et 22 ans) mariés issus de milieux sociaux très différents, d'histoires familiales très dissemblables, mais qui ont pour point commun, outre l'amour qu'ils se portent hors de la chambre conjugale, le fait d'être nés pendant la seconde guerre mondiale. A cette époque règne encore un grand tabou qui rend indicibles les choses du sexe, les craintes qu’elles peuvent générer.
A l’orée de leur première fois – leur première fois ensemble en tout cas, puisque Edward a déjà eu quelques expériences, qui ont d’ailleurs de quoi le rendre encore plus nerveux à l’approche de l’événement qu’il appelle néanmoins de tous ses vœux - ces non-dits vont former le socle d'un drame.
Tragédie en quatre actes, On Chesil Beach permet à McEwan, habitué de romans bien plus longs (celui-ci compte moins de deux cents pages) de se concentrer sur les détails, à la manière d'un miniaturiste, afin de nous révéler les blessures, les zones d'ombre, les ferments de la discorde et des réactions des deux personnages centraux. Le dossier est, malgré la brièveté du roman, complet puisque les deux familles sont dépeintes et nous permettent de comprendre un peu plus ce qui a amené là les deux époux.
Un roman qui nous rappelle que, même si tout est loin d’être résolu, de nombreux tabous sont tombés, et que la communication dans un couple est le garant d’une relation réussie sur tous les plans… A méditer.
Roman non encore traduit. _________________ "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres." Jean-Paul Sartre, Les mouches "La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
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|  | | Morgane la fée Our Witch-Ambassadress to Albion


   Age : 20 Inscrit le : 23 Jan 2006 Messages : 1411 Localisation : Leicester (UK) et Antony (France) pendant les vacances Emploi : Etudiante en American studies Loisirs : lecture, cinéma, écriture, voyages
| Sujet: Re: Ian McEwan Ven 31 Aoû - 20:44 | |
| ATONEMENT titre français: EXPIATION de Ian McEwan.
Je viens de terminé ce livre qui, je le sais, est apprécié sur ce forum (je pense à Thomas et Julie).
La première partie du livre introduit la jeune Briony et son fragile entourage avec beaucoup de talent, un talent qui me fait pensé au Mrs Dalloway de Virginia Woolf (ce n'est pas peu dire!). Ian McEwan utilise le flot des pensées des personnages, leurs relations les uns aux autres comme une façon de placer les pions sur l'échiquier où la crise du roman va venir balayer un équilibre fragile. Cette crise est le moment où Briony accuse à tort l'amant de sa soeur d'un crime qu'il n'a pas commis. Après un tel point d'orgue, je me suis naïvement attendue à ce que l'on me conte l'histoire d'une femme dont les remords sont tels, qu'elle passe le restant de ses jours à se maudire pour son crime et à tenter de l'expier. Bien que c'était ainsi que le coeur du roman était présenté, ce n'est pas le cas.
L'évolution de Briony par rapport à ses actions, le lecteur n'a pas la chance d'y assisster. A la place il doit se contenter des terribles expèriences de Robbie (l'accusé à tort) en tant que soldat pendant la 2nd guerre mondiale. Je dis "contenter", car avec tout le respect que j'ai pour la souffrance des soldats, Ian McEwan n'a rien de nouveau ni d'exceptionnel à nous offrir à ce sujet et ses descriptions sentent le réchauffé.
Par la suite on apprend que Briony regrette le mal qu'elle a fait dans une lettre qui n'est même pas écrite de sa main. Briony a grandit, voilà l'explication qui est donné à ce changement lorsqu'on revient un peu plus tard à son personnage, et ce sera la seule. Quant aux réactions de l'entourage des trois protagonistes, qui avaient pourtant été si bien esquissées, l'auteur n'y reviendra plus. On ne peut même pas se ratrapper sur l'histoire d'amour du roman, qui est des plus banales. Non, le personnage exceptionnel de ce roman c'était Briony, et il a été à mes yeux, tué dans l'oeuf par son propre auteur.
Inutile de dire que ce roman est le plus frustrant qu'il m'ait été donnée de lire. Je le considère comme inachevé puisque qu'il n'est constitué que d'un début et d'une fin. Grosse déception donc, sauf si bien sûr on m'annonce que j'ai acheté une copie deffectueuse dont des pages ont été arrachées!
 _________________ -We live as we dream--alone Heart of Darkness J. Conrad
-De Satan ou de Dieu, qu'importe ? Ange ou Sirène, Qu'importe, si tu rends, – fée aux yeux de velours, Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine ! – L'univers moins hideux et les instants moins lourds ? Baudelaire |
|  | | Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2659 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
| Sujet: Re: Ian McEwan Dim 2 Sep - 22:59 | |
| Justement, je me dis que je devrais le relire depuis un moment, et cette envie se fait de plus en plus insistante. Je n'ai pas lu énormément de livres de guerre mais là c'était d'une violence terrible et les scènes dans les hôpitaux ont failli me faire arrêter ma lecture tant elles étaient fortes. J'ai aussi beaucoup aimé l'ambiance de la maison de la famille de Briony au début du livre. Et j'ai vraiment été prise dans l'histoire, donc j'ai dévoré. Je pourrai en reparler plus précisément quand je l'aurai relu. Morgane, comment expliques-tu cette impression d'inachevé que tu as eue à propos de Briony ? _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
|  | | Morgane la fée Our Witch-Ambassadress to Albion


   Age : 20 Inscrit le : 23 Jan 2006 Messages : 1411 Localisation : Leicester (UK) et Antony (France) pendant les vacances Emploi : Etudiante en American studies Loisirs : lecture, cinéma, écriture, voyages
| Sujet: Re: Ian McEwan Lun 3 Sep - 0:07 | |
| | Citation: | | là c'était d'une violence terrible et les scènes dans les hôpitaux ont failli me faire arrêter ma lecture tant elles étaient fortes |
Je ne veux pas faire la dure, et je suis loin de l'être mais je trouve qu'elles sont bien pâles. Il faut dire qu'à 11 ans j'ai vu avec l'école une exposition sur la vie des soldats pendant la 1ère Guerre qui m'a traumatisé. Plus tard, dans un élan de masochisme, je me suis mise à lire de nombreux romans sur la Grande Guerre. Les descriptions de A l'Ouest rien de nouveau de Remarque et Les Croix de Bois de Roland Dorgelès m'ont peut-être rendu indifférente à celles de Ian McEwan sur la 2nd Guerre Mondiale.
| Citation: | comment expliques-tu cette impression d'inachevé que tu as eue à propos de Briony ?
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Les deux scènes d'"échanges" entre Cee et Robbie auxquelles Briony assisste lui font prendre conscience de ce qu'il y a en-dessous des apparences et de certains aspects de l'être humains qu'elle ne connaissait pas auparavant. C'est une sorte d'éveil qui donne une nouvelle dimmension à sa vision des choses. Sa mauvaise interpretation ou plutôt son rejet de cette nouvelle situation fait qu'elle commet le crime que nous savons. Mais pour qu'elle en arrive un jour à regretter ce crime il faut bien qu'elle ait pris conscience de sa mauvaise interpretation, or cette prise consciense, cette évolution, n'est jamais mentionnée dans le roman. On passe d'un extrème à l'autre. _________________ -We live as we dream--alone Heart of Darkness J. Conrad
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   Age : 32 Inscrit le : 04 Avr 2006 Messages : 6848 Localisation : Paris Emploi : Passionnant mais indescriptible... Loisirs : Littérature, Cinéma, Photo, Cuisine
| Sujet: Re: Ian McEwan Lun 3 Sep - 10:36 | |
| Eh bien il faut que je le relise, moi aussi, parce que ce que tu dis du personnage de Briony ne m'avait pas choqué... alors que je suis assez sensible - c'est un euphémisme - à la psychologie des personnages dans les romans que je lis. _________________ "Le secret douloureux des dieux et des rois, c'est que les hommes sont libres." Jean-Paul Sartre, Les mouches "La sensualité est la condition mystérieuse, mais nécessaire et créatrice, du développement intellectuel." Pierre Louÿs, Aphrodite
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   Age : 45 Inscrit le : 16 Aoû 2007 Messages : 3485 Localisation : Aquitaine Emploi : rien de passionnant Loisirs : lecture, ciné
| Sujet: Re: Ian McEwan Mer 7 Nov - 21:18 | |
| Je ne connais pas du tout cet auteur, mais je viens de voir un court reportage sur lui ds le journal de la culture sur Arte (Ah, Arte !) et du coup, je l'ai mis dans mal LAL. L'interview complet de l'auteur est disponible sur le site d'Arte. _________________ Avoir un Corps m'est effroi - Avoir une Âme m'est effroi Profonde - précaire Propriété - Possession, non choisie Emily Dickinson |
|  | | Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2659 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
| Sujet: Re: Ian McEwan Mar 22 Juil - 22:45 | |
| J'ai terminé On Chesil Beach. Je ne me suis pas vraiment ennuyée, c'est bien écrit, bien fait, mais à la fin je me suis dit : bon, et alors ? Même si la fin fait réfléchir. Pour tout dire je n'ai pas adoré que la séquence de la nuit de noces soit entrecoupée de flash-backs sans rapport avec ce qui se passe. C'est assez frustrant, surtout qu'on sent que tout ça va mal se finir. _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
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