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Alan Sillitoe

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rotko
Invité



MessageSujet: Alan Sillitoe   Mer 13 Juil - 7:12

Alan Sillitoe, En roue libre, Editions Messidor.
2209063442
La belle balade de mes 17 ans.
En 1945, le cycliste a 17 ans et profite d'une semaine de congés pour quitter usine et famille, ces deux univers clos. La balade se lit en temps direct, juxtaposant le récit de l'action et le monologue ou les songeries du jeune homme.
Au début, c'est le désir et l'attente de retrouver Alice, bien jolie, et qu'il aimerait serrer de près. Elle serait un beau dérivatif à des préoccupations personnelles. Puis viennent des rencontres multiples et inattendues qui brossent, sans rien qui pèse ou qui pose, le paysage naturel, social et politique de l'Angleterre encore en guerre. Le récit vagabonde, prend son temps, et on pense par moments aux émotions de Jean Jacques Rousseau :"sa bouche était à la mesure de la mienne."
Pourquoi ne parler que de la première partie du récit ? pour ménager l'intérêt du lecteur ! ici, on raconte à la première personne, l'émotion est spontanée, la vie se déplie à chaque tour de pédales. "Les matins sont toujours beaux". On se les rappelle, le soir, quand vient l'heure des souvenirs et des bilans, ou quand la voiture, outil de travail, a malheureusement remplacé la bicyclette et la distance qu'elle instaurait avec une vie routinière.
A conseiller à tous les cyclistes randonneurs, et aux autres (!), pour la liberté du récit - mais non pour la traduction.
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MessageSujet: Re: Alan Sillitoe   Ven 22 Mai - 18:53

J'ai sorti Silitoe du grenier, Carla. A toi de jouer. Wink
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MessageSujet: Re: Alan Sillitoe   Sam 23 Mai - 18:53

Merci MdV, dès que je peux surfer un peu plus longuement, je m'y colle !
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MessageSujet: Re: Alan Sillitoe   Lun 25 Mai - 7:23

Carla a écrit:
dès que je peux surfer un peu plus longuement


Sales mioches !
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MessageSujet: Re: Alan Sillitoe   Lun 25 Mai - 7:57

Comme tu dis ! Wink
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MessageSujet: Re: Alan Sillitoe   Lun 25 Mai - 17:08

Samedi soir, Dimanche matin




Citation:
Faire le chanfrein d’entrée, passer l’alésoir, et enfin l’chanfrein d’extrémité. Là, c’est fait. Sortir la pièce et en fixer une nouvelle, en vérifiant les mesures de temps en temps parce que ça m’plairait pas, après en avoir abattu un millier, de m’les faire retourner par les vérificateurs. Quarante-cinq gros billets, ça n’pousse pas sur les arbres. (…) Le temps file, y a pas à dire, et ça s’trouve bien, parce que j’viens d’terminer deux cents d’plus, et j’attends plus que d’rentrer à la maison casser une croûte, lire le Daily Mirror et regarder ce qui reste des pin-up en costume de bain du Week-end Mail. Mais Brenda, je veux pas attendre pour aller la retrouver. Ah ! t’en as d’la veine, mon p’tit poulet, d’être si excitante. Tiens, voilà maintenant que c’est l’alésoir qu’il faut affûter.
(…)
Dès que vous aviez franchi les grilles de l’usine, vous ne pensiez plus au travail. Ce qu’il y avait de drôle, c’est que vous n’y pensiez guère plus quand vous vous teniez auprès de votre machine. Vous commenciez une journée en faisant très attention à la coupe et à l’alésage des cylindres d’acier, mais peu à peu, vos mouvements devenaient automatiques et vous oubliiez complètement votre machine, les gestes accélérés de vos bras et de vos mains, et le fait même que vous coupiez, alésiez et dégrossissiez le filetage avec une tolérance inférieure à un vingtième de millimètre. (…)Si votre machine vous donnait satisfaction, que le moteur tournait rond, que les verrouillages tenaient bon, que les outils étaient coupants à votre gré, que vous ajustiez vos gestes à un rythme convenable, vous vous sentiez heureux. Vous partiez en rêves enchanteurs tout le restant de la journée. Et le soir, quand vous auriez dû en toute logique vous sentir bras et jambes aussi rompus que si on vous avez fait subir le supplice du chevalet, vous vous retrouviez dans un monde douillet de tavernes et de poulettes rieuses, qui vous fournirait plus tard la matière d’autres rêves pour les heures à passer devant le tour.


Paru en 1958, Samedi soir, Dimanche matin met en scène Arthur, jeune ouvrier de Newcastle. Arthur mène une vie simple, entre usine, pub et conquêtes féminines. S'il apprécie l'argent qu'il gagne pour ce qu'il lui procure, Arthur est également en colère : il en veut à l'usine qui lui prend trop de temps, à l'état qui lui taxe une partie de ce qu'il gagne, au syndicat qui lui conseille de se tenir tranquille, aux filles qui voudraient bien lui mettre la corde au cou...
Je m'attendais à une version anglaise de 325 000 Francs, j'ai eu la bonne surprise de découvrir, au delà des images attendues de la condition ouvrière, une réflexion sur la condition humaine plus globalement. Je me suis pris à apprécier cet Arthur, à envier sa simplicité et sa rudesse "animales", et je n'emploie pas ce terme ds un sens péjoratif. J'ai bcp apprécié également les différents niveaux d'écriture, qui rendent le roman extrèmement vivant.

Ci-dessous la note introduisant le roman, dans l'édition du Livre de Poche (1968). Le livre n'a semble-t-il pas été réédité en France, ce qui est vraiment dommage.

Citation:
Voici une date dans l’histoire du roman anglais : Alan Silitoe décrit l’évolution contemporaine de la classe ouvrière anglaise comme un changement important de la condition de l’homme d’aujourd’hui. Son héros Arthur Seaton a le même âge que lui, c’est un véritable angry young man. Mais son instinct de révolte n’a déjà plus d’objet : il a l’argent, la télévision etune série de complets dans son armoire. Samedi soir, Dimanche matin démêle avec une grande intelligence la part du réalisme du siècle dernier et celle d’un nouvel anarchisme moderne. Il suggère que bien des valeurs littéraires reconnues ne sont que des attitudes de classe, et par là même, il fait don au roman de terres encore inexploitées.

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MessageSujet: Re: Alan Sillitoe   Lun 25 Mai - 19:42

Bougez-vous les éditeurs !
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En-dehors du chien, le livre est le meilleur ami de l'homme. En-dedans, il fait trop noir pour y lire. (Groucho Marx)

Le travail est la malédiction des classes buveuses. (Oscar Wilde)

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