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Stendhal - Le Rouge & le Noir |
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Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Sujet: Stendhal - Le Rouge & le Noir Lun 19 Mar - 14:26 |
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Son vrai nom était Henri Beyle et il naquit le 23 janvier 1783, rue des Vieux Jésuites, à Grenoble, une rue connue aujourd'hui sous le nom de rue Jean-Jacques Rousseau. Orphelin de mère à sept ans, l'enfant ne peut se retourner vers un père tyrannique qu'il commence à haïr très jeune. Dans sa "Vie d'Henry Brûlard", l'un de ses textes les plus évidemment autobiographiques, l'homme devenu romancier écrira d'ailleurs des pages magnifiques sur cette haine de l'image paternelle et, de façon générale, de l'image de l'Autorité patriarcale. M. Beyle Père étant dévot et ayant imposé un abbé à son fils comme précepteur, la haine profonde de l'écrivain envers la religion et ses représentants coule de la même source. D'autant que, par la suite, il sera éduqué chez les jésuites - congrégation dont il dressera un portrait impitoyable dans "Le Rouge et le Noir."
Après trois ans passés à l'Ecole centrale de Grenoble, le jeune homme monte à Paris pour y passer le concours de l'Ecole polytechnique. Mais il ajourne ses projets, tombe malade, se reprend et, pour finir, s'engage dans l'armée napoléonienne. Lors de la campagne d'Italie, il est remarqué et nommé sous-lieutenant au sein du VIème régiment de Dragons.
Après avoir démissionné, il tombe amoureux de l'actrice Mélanie Guilbert et s'établit avec elle à Marseille où, de façon très vague et fort peu motivée, il tente une carrière marchande. Nommé auditeur au Conseil d'Etat le 3 août 1810, il reprend du service dans l'administration impériale où il finira inspecteur général du mobilier de la couronne. Il suivra Napoléon jusqu'à Moscou et il verra flamber la ville devant les Français, sur l'ordre exprès qu'en donne le comte Rostopchine, père de la future comtesse de Ségur. Dans la désastreuse retraite de Russie, il perd le manuscrit qu'il avait consacré à l'histoire de la peinture italienne.
En 1814, il s'exile à Milan où il va rester sept ans, travaillant notamment sur une "Vie de Napoléon", une "Vie de Rossini" ou encore un essai intitulé "Racine et Shakespeare" où il prend position pour le Romantisme. Il a de nombreuses liaisons, parmi lesquelles Mathilde Dembowski, l'un des passions les plus importantes de son existence. En 1821, il doit cependant rentrer en France car le gouvernement milanais le soupçonne de sympathies trop vives envers les carbonari.
Stendhal prend alors pied dans les salons littéraires de la capitale française où il se découvre un ami : Prosper Mérimée qui, plus tard, se fera le champion du Second empire. Après les deux Restaurations, Charles X a succédé à son frère, Louis XVIII et les lois sur la presse, où publie beaucoup Stendhal, ne sont pas tendres. Après la parution en 1827 de son premier roman, "Armance", la "Gazette de France" n'hésite pas à déclarer : "Il est presque temps que M. de Stendhal change (...) pour toujours de manière et de style."
En 1830 pourtant, dans le grand chaos de la Révolution de Juillet que confisqueront les Orléans, éclate le premier grand succès de Stendhal : "Le Rouge et le Noir", critique amère et cynique du régime moral et bien-pensant des Ultras.
Louis-Philippe Ier redoute-t-il la plume acérée de cet écrivain-né ? Toujours est-il que, toujours matois et intimement persuadé que la routine de l'argent arrangera tout, le nouveau monarque fait nommer le sieur Beyle consul tout d'abord à Trieste, puis à Civitavecchia. On ne saura jamais si Henri Beyle est heureux de cette distinction. En revanche, Stendhal, lui, s'ennuie ferme. Entre deux voyages, comme tout écrivain qui s'ennuie, il gribouille.
Sur ces gribouillages, beaucoup, tel "Lucien Leuwen" (commencé en 1834) ne seront jamais achevés. Mais le point final est posé par contre aux "Souvenirs d'égotisme" et aux "Mémoires d'un Touriste", sans oublier cet autre chef-d'oeuvre qu'est "La Chartreuse de Parme." Et puis, en mars 1842, alors que le romancier vient d'avoir 59 ans, la Mort lui fournit le moyen de troquer son ennui et ses désillusions certaines contre une crise cardiaque et le repos éternel que sa dépouille mortelle savoure toujours au cimetière Montmartre.
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Masques de Venise
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Lun 19 Mar - 14:36 |
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Notons que, lorsque "Le Rouge et le Noir" et "La Chartreuse de Parme" furent portés à l'écran, ces deux films permirent ainsi à Gérard Philipe, qui joua à la fois Julien Sorel et Fabrice del Dongo, de symboliser à jamais le héros stendhalien par excellence :
Gérard Philipe et Danielle Darrieux dans "Le Rouge & le Noir" d'Autan-Lara.
En 1973, Claude Autan-Lara, qui était l'auteur de la version filmée de "Le Rouge et le Noir", adapta "Lucien Leuwen" pour la télévision française. Pour certains cinéphiles, "Les Grandes Manoeuvres", de René Clair, avec Michèle Morgan et Gérard Philipe s'inspire également de ce roman inachevé de Stendhal.
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Masques de Venise
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Lun 19 Mar - 15:32 |
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Hier, où j'ai passé pratiquement ma journée à le dévorer, comme la première fois où je l'avais lu, "Le Rouge & le Noir" m'est apparu comme l'un des plus grands romans jamais écrits.
Pour être franche, je n'ai jamais très bien compris les reproches de "sécheresse" qu'on faisait au style stendhalien. C'est vrai que ce romantique se distingue avec éclat des délires hugoliens et qu'il n'a pas les tics irritants des auteurs de feuilletons comme Balzac. Avec lui, il n'y a pas non plus ces affreuses plongées dans le mélodrame larmoyant qui - à mes yeux en tous cas - décrédibilisent un roman aussi puissant pourtant que "Le Père Goriot." Bref, avec Stendhal, le lecteur contemporain s'y retrouve tout en sachant très bien, habileté suprême, qu'il a devant lui un auteur du XIXème.
La qualité majeure de Stendhal, c'est son art de conteur. Celui-ci ne doit jamais lasser, surtout pas s'il s'autorise des digressions. Et Stendhal, tout au long des 512 pages du Livre de Poche, ne lasse pas un seul instant. Ses descriptions, sans être minimalistes, vont droit à l'essentiel - et l'on sent en lui l'amour qu'il portait aux paysages franc-comtois. Son analyse des personnages est précise, "scalpellisée" et impitoyable. Paradoxe étrange, lui qui a imposé au moins deux types "romantiques" - Julien Sorel et Fabrice del Dongo - les a façonnés comme des êtres changeants, qui ne cessent d'évoluer.
Julien par exemple nous est tout d'abord montré comme une espèce de jeune arriviste dominé par la Haine. On peut ici utiliser la majuscule car Julien ne vit que pour haïr. Il flambe de haine : haine contre son père (et on la partage très vite !), haine contre ses frères (deux abrutis), haine contre la société sous le règne de Charles X (où régnait à nouveau la loi des castes que l'épopée napoléonienne avait envoyée au diable), haine de l'Autre de façon générale (car, ayant grandi dans un milieu qui ne le considérait que comme une machine à raporter quelque chose, Julien ne peut tout simplement pas concevoir qu'on puisse s'intéresser à lui par amitié ou amour). On finit même par se demander si Julien Sorel ne se hait pas lui-même ...
Il y a, chez ce garçon séduisant, intelligent, prompt à apprendre et désireux de se faire une place au soleil, une forme d'autisme terrible qui finira par le mener à sa perte - une perte que cet idéaliste forcené accueille pratiquement comme une délivrance. Mais en dépit des apparences, qui pourraient laisser croire que son caractère ne se modifie pas au cours du roman, Stendhal convie son lecteur à enregistrer de menus détails qui, un à un, le recomposent subtilement de façon telle que le Julien Sorel final est bien plus grand, bien plus "pur" et tout aussi vrai que le Julien Sorel du premier chapitre.
Autre exemple singulièrement frappant : le caractère entier et pourtant incroyablement instable de Mathilde de La Mole, laquelle paraît souffrir d'une exaltation proche de la maladie mentale.
Rappelons les grands traits de l'intrigue :
M. de Rênal, le maire de Verrières, une petite ville de Franche-Comté, veut à tout prix un précepteur pour ses trois fils. Non tant d'ailleurs pour les instruire que pour contrarier son grand rival, M. de Valenod, que le retour des Bourbon a tiré de la misère où il croupissait avec sa famille. Ayant entendu dire, par le curé Chélan, le plus grand bien du jeune Julien Sorel, le dernier des trois fils du menuisier local, Rênal lui propose la place et disons à la décharge du maire qu'il refusera de verser le salaire du jeune homme à son rapace de père.
Installé chez les Rênal, Julien, qui est ombrageusement fier et prend chaque mot, chaque regard qu'on lui adresse pratiquement pour une insulte, se met en tête de séduire la maîtresse de maison. Non qu'il l'aime mais parce qu'il estime que cela serait, chez lui, une marque de caractère et de courage.
L'inévitable arrive et, au grand étonnement de Julien (qui est souvent d'une naïveté extraordinaire quant à ses ressources personnelles), non seulement sa maîtresse semble vraiment tenir à lui mais lui-même éprouve envers elle un sentiment bien plus fort qu'il ne se le serait imaginé.
Mais les gens jasent, la chose est inévitable. Mis au courant par des lettres anonymes qu'il tente en vain d'ignorer, M. de Rênal est bien obligé d'évoquer ses soupçons. Les amants décident de ne plus se revoir et le curé Chélan expédie Julien au séminaire de Besançon.
C'est là que Julien se lie d'amitié avec le directeur, l'abbé Pirard. Comme celui-ci, homme intègre et rogue, est d'obédience janséniste alors que le reste du séminaire en tient pour les Jésuites, on ne saurait dire que le choix de Julien soit heureux. Pourtant, c'est par l'entremise de l'abbé Pirard qu'il va être mis en relation avec le marquis de la Mole, descendant de Boniface de La Mole qui, au XVIème siècle, avait été l'amant de la Reine Margot et qui, pour avoir tenté d'enlever Henri III et le duc d'Alençon, avait été condamné à avoir la tête tranchée en place de Grève.
Le marquis cherche un secrétaire et Julien entre dans la place. La Chance l'y attend mais ... saura-t-il la saisir ? ...
Même si l'on connaît l'issue fatale de ce roman, on est pris par le récit, on s'entête à y avancer pas à pas, on ne veut pas en perdre une seule virgule. De façon très moderne, Stendhal glisse dans son texte des monologues intérieurs qui plongent le lecteur dans l'esprit même du personnage visé. Et puis, cette description au petit point de la société française, provinciale comme parisienne, à la veille de 1830 est un vrai régal de cynisme et de férocité.
Stendhal, un auteur scolaire ? ... Non, un romancier : et un grand.
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Carla
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Sujet: Stendhal, Le Rouge et Le Noir Sam 9 Aoû - 21:17 |
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C'est pas le tout de le lire, il faut aussi en parler !!! Du reste, je ne sais pas trop par où commencer... Je vous livre quelques impressions, en vrac :
- j'ai trouvé appréciable d'avoir lu, juste avant, Les Laisons Dangereuses. La comparaison des deux oeuvres est très intéressante. Laclos a choisi le roman épistolaire pour concentrer l'écriture sur l'intrigue. Stendhal, en choisissant le roman, permet d'élargir l'écriture au-delà du simple personnage de Julien, pour en faire une critique très large de la société française sous la Restauration. Il est également intéressant de comparer Valmont et Julien dans leurs relations avec les femmes.
- à 17 ans je n'avais pas réussi à le lire. A 45 j'ai pris un certain intérêt (je n'irais pas jsq à parler de plaisir) à la lecture de ce classique. Peut-être en raison de ma maturité, peut-être aussi parce que depuis j'ai lu des romans plus difficiles à lire - car Le Rouge et le Noir, c'est pas très marrant à lire. Les digressions de Stendhal, qui se sert de son roman comme moyen d'expression au delà du roman donc, sont parfois un peu pénibles. Certes, c'est une oeuvre intéressante, mais ça manque d'un qq chose qui susciterait une plus grande adhésion du lecteur, un peu de la sensualité ou de la fougue de Zola par exemple, de l'élan de Hugo.
- Julien... m'a bcp déconcerté car je n'ai pas réussi à le cerner. Que veut-il exactement, qu'attend-t-il de la vie ? Il est mou, il est faussement cynique, la tête dans les étoiles (mais quelles étoiles ? même là, ça reste flou) il est inadapté à son entourage, quelque soit son entourage d'ailleurs. Trop cérébral, il se "plante" tout seul, ce qui est assez désagréable pour le lecteur j'ai trouvé. On a parfois envie de le secouer...
J'ai trouvé chez le bouquiniste le Profil d'une Oeuvre consacré à ce roman, et je suis en train de le lire. Je trouve ça pas mal (j'ai fait la même chose le mois dernier avec Les Laisons...) de compléter ainsi la lecture de romans classiques. Concernant le roman de Stendhal, ça m'a bcp éclairé sur l'époque de la Restauration, et m'a permis de mieux comprendre ma lecture, même si je le lis a-posteriori.
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Masques de Venise
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Sam 9 Aoû - 22:48 |
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Moi, j'ai triché. Je l'avais lu l'année dernière. Tout est donc un peu plus haut.
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Carla
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Dim 10 Aoû - 18:36 |
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Tu ne veux pas fusionner les deux sujets ?
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P'tit Marcel
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Mar 12 Aoû - 16:28 |
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Ben, ça y est, j'ai fini Le rouge et le noir... J'suis pas un rapide. J'ai beaucoup aimé mais, comme et toujours et pour tout, j'ai fichtrement du mal à en parler.
Je ne l'ai pas trouvé difficile à lire; le style est assez vif, et, par là, on est facilement entraîné dans l'histoire, même lorsqu'il s'agit des intrigues politico-religieuses qui ne sont pas, à mon sens, des digressions puisqu'au coeur des préoccupations et de la vie de Julien.
La peinture politique est très sombre, parfois trop, mais on y sens toujours l'opinion de Julien qui est loin d'être dans la mesure!
Le personnage de Julien, justement... C'est une des grandes joies de -sortons les gros mots - l'art de pouvoir nous peindre des personnages aussi complexes et insaisissables. Stendhal le dépeint avec brio et humour, usant, comme le signale MdV d'un style très moderne passant au débotté des pensées d'un personnage à un autre (ou dirait de Woolf! ) s'autorisant même des commentaires à la première personne ou des adresses au lecteur.
Julien et Mathilde ne sont finalement que des adolescents exaltés!! Ah.. L'exaltation, un mot qui revient très souvent dans le roman et qui, comme le signalait Séraphine quelque part, résume assez bien le caractère des trois personnages principaux.
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Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Mer 13 Aoû - 12:27 |
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Bon, voilà, sur l'excellent conseil de Carla, j'ai fusionné les deux sujets en laissant un sujet-traceur dans le forum "Littérature française et francophone."
Je vais faire quelque chose de similaire pour Bounine et Murakami, je pense.
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Morgane la fée
Our Witch-Ambassadress to Albion




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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Jeu 14 Aoû - 19:48 |
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Bon bien moi j'ai pour l'instant lu 300 pages des 500 de l'édition de poche. Je ne lâche pas prise mais je le lis en même temps que d'autres livres. Il est possible que je donne mon impression finale en retard.
_________________ -We live as we dream--alone Heart of Darkness J. Conrad
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Masques de Venise
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Elena
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Mar 19 Aoû - 19:10 |
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Je l'ai adoré à 17 ans et j'avoue avoir peur d'être déçu si je le relis aujourd'hui alors je vais m'abstenir en gardant mon bon souvenir de collègienne.
_________________ le rire permet de vaincre en partie la maladie.
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Dernière édition par Elena le Mer 20 Aoû - 4:38, édité 1 fois
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Carla
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Mar 19 Aoû - 19:46 |
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Adolescents exaltés... j'avoue que l'expression m'a tout d'abord extrèmement suprise. Je n'avais pas du tout pensé à Julien, ni même à Mathilde, comme des adolescents. Julien et Mathilde, ce n'est pas Paul et Virginie... (qu'il faut que je relise, d'ailleurs). En ce qui concerne Julien, en effet, finalement il a qq chose de l'entêtement irraisonné et brouillon de l'adolescence, lorsque celle-ci confint à l'âge adulte. Il n'attire, pourtant, pas la sympathie que j'aurais pu avoir pour un adolescent, mais comme j'ai rarement de la sympathie pour les héros du XIXème siècle... Mathilde... j'ai plutôt tendance à voir en elle une femme du XIXème siècle, condamnée parce qu'elle est femme et femme d'une classe socialement aisée, à être toute sa vie infantilisée, infantilisation qui ressort dans ses pensées et ses réactions. Pour le style : oui, Ptit Marcel, tu as raison, il ne s'agit pas de digressions. Je ne sais comment (s'il existe d'ailleurs un terme) pour qualifier ces passages ds lesquels Stendhal dresse le portrait de la société ds laquelle il situe son action. N'empêche, j'ai trouvé ces touches un peu "plaquées" sur l'intrigue. Il me semble que Zola par exemple fait preuve de plus de fluidité dans la composition de ses romans.
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P'tit Marcel
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Jeu 21 Aoû - 18:31 |
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Je persiste à voir Julien et Mathilde, du haut de leurs 19-21 ans environ, comme des adolescents, adolescence deuxième période, mais quand même. On nous dit aujourd'hui que les jeunes adultes restent ados plus longtemps et, ce qui est passionnant dans la lecture de Stendhal, c'est que l'on a l'impression que ce n'est pas le cas: exaltation et "tout ou rien" des sentiments (amoureux, politiques, religieux...) étouffés par des rôles sociaux surdéterminés difficiles à supporter. Après, la question est: considère-t-on cela comme une manifestation de l'adolescence? Deuxième question, pour la route: est-ce critiquable?
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Carla
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Jeu 21 Aoû - 20:44 |
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Je ne critique pas ta vision des choses, et je l'ai trouvée intéressante. Je ne la partage pas tout à fait - mais tu soulèves une piste de lecture sacrément intéressante. Il faudra que je le relise avec cette possibilité là en tête, et si je peux je relirais également l'Education Sentimentale car Julien m'a fait penser à Frédéric, pour voir si cette théorie de l'adolescence, exaltée ou non, pourrait être également envisageable pour ce roman là.
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Julie
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Sujet: Re: Stendhal - Le Rouge & le Noir Ven 22 Aoû - 7:44 |
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Il faudrait que je le relise aussi, celui-là. Frédéric m'avait plutôt paru un mollasson tièdement exalté.
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Le travail est la malédiction des classes buveuses. (Oscar Wilde)
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