Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Sujet: Mort de Henri II (1559) Ven 5 Déc - 15:03 |
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Le 10 juillet 1559, après dix jours d'une agonie atroce, le roi Henri II rendait son âme à Dieu, en l'Hôtel des Tournelles, à Paris. Il avait tout juste quarante ans.
Le 30 juin, lors d'un tournoi organisé en l'honneur d'un double mariage royal, celui d'Elisabeth de Valois, fille du roi, avec Philippe II, roi d'Espagne, et de Marguerite de Valois, soeur d'Henri II, avec le duc Philibert de Savoie, le roi, qui adorait la joute, avait tenu à participer aux jeux.
C'est quand il affronte le capitaine de sa Garde écossaise, Gabriel, seigneur de Montgomery, que le drame se produit : la lance de Montgomery pénètre sous la visière du heaume royal et s'enfonce dans l'oeil du malheureux.
Ambroise Paré, chirurgien royal, et Vésale, chirurgien de Philippe II, vont être vite dépassés. Tout d'abord, leur patient est trop illustre pour qu'ils risquent une opération dont ils douteraient. En un premier temps, ils se procurent des têtes de condamnés et tentent de reproduire sur elles le coup de lance fatal. Mais toute leur adresse, toute leur bonne volonté ne peuvent rien contre un accident qui, traité de nos jours, ne coûterait sans doute plus la vie au patient mais lui laisserait certainement de telles séquelles que son système nerveux se trouverait irrémédiablement atteint.
Alors, devant leur impuissance, il ne reste plus aux deux chirurgiens qu'à adoucir les dernières heures du mourant. Celui-ci était doté d'une forte constitution : l'agonie sera longue et douloureuse.
Roi assez méconnu en raison du rayonnement qui fut celui de son père, François Ier, Henri II n'en fut pas moins un bon gestionnaire et un stratège plutôt avisé dans ses combats contre Philippe II et Elisabeth Ière. Il obtint également quelques belles victoires diplomatiques, d'autant plus méritoires que ce défenseur de la foi catholique, dont le règne abonde en édits et textes condamnant et sanctionnant l'hérésie protestante, sut mettre la religion de côté pour conclure certaines alliances lorsque celles-ci s'avéraient nécessaires.
Au reste, pas plus que son père, Henri II n'était un fanatique du bûcher à tout prix. Simplement, là encore comme son père, il entendait que le protestantisme ne cherchât pas à s'opposer au pouvoir royal - encore moins à le miner.
Il lèguera cette façon de voir non seulement à sa veuve, Catherine de Médicis, mais aussi à ses fils qui, tous, à l'exception de François d'Alençon, monteront un jour sur le trône de France.
En ce 10 juillet 1559, c'est au tour de l'aîné d'entre eux, François II, tout juste âgé de quinze ans et que son mariage avec Mary Stuart a placé sous la domination de l'ambitieuse et puissante famille des Guise. Dans les coulisses, celle qui est désormais la Reine-Mère, Catherine de Médicis, s'apprête à sortir de l'ombre pour veiller sur l'héritage laissé par un époux à qui, de notoriété publique, elle vouait un culte qui survécut à la mort du roi.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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