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Poème en prose

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mile21
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MessageSujet: Poème en prose   Mer 30 Sep - 10:31

Pour répondre plus précisément à une question qui m'a été adressée par "Carla" concernant la définition du poème en prose, je peux conseiller la lecture du texte de la conférence donnée à la Sorbonne le 27 février 1960 par Louis GUILLAUME. Ce texte fait le tour de la question. On peut le trouver sur le site des "Amis de Louis GUILLAUME" : www.louis-guillaume.com - Plan du site - L' oeuvre.
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Sam 10 Oct - 13:37

Pour ceux qui n'auraient pas le temps de lire l'intégralité de la conférence, voici la définition du poème en prose donnée par Louis GUILLAUME :

"Il me semble que " le petit poème en prose " moderne doit présenter les trois caractères suivants :

1- Il doit d'abord être un tout organique, une cristallisation, un morceau de prose autonome[/b]. On ne peut donc considérer comme un poème en prose un extrait de morceau de prose ordinaire, fût-il poétique. L'agrandissement d'un détail n'est pas un tableau. Ces poèmes en prose involontaires doivent être éliminés d'une anthologie.../...

2- Le deuxième caractère du poème en prose est la gratuité : il ne doit avoir aucune fin pas plus narrative que démonstrative. Il ne doit être ni une anecdote, ni un conte, ni une histoire, ni une fable, mais un poème seulement.

3- Enfin dernier caractère, la briéveté. Souvenez-vous de ce que disait Edgard POË sur le "Poème court" - un long poème n'existe pas : " ce que l'on entend par long poème est une parfaite contradiction de termes " - ce que reprenait BAUDELAIRE. Le poème en prose doit présenter une grande économie de moyens."

A noter un petit glissement dans le discours, à savoir que Louis GUILLAUME annonce : "Mais il est temps de définir le poème en prose" et caractérise le " petit poème en prose" moderne.

La définition d'Edmond JALOUX, citée dans le texte, est intéressante : une poème en prose est : [i]" un morceau de prose suffisamment bref, uni et serré comme un bloc de cristal, et dans lequel se jouent cent reflets divers, une création libre n'ayant d'autre nécessité que le plaisir de l'auteur de construire, en dehors de toute détermination, une chose contractée, dont les suggestions soient infinies, à la façon, d'un haïkaï japonais."

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MessageSujet: Re: Poème en prose   Lun 12 Oct - 19:03

Le critère de longueur me paraît plus délicat que les autres : où est la limite, quand dépasse-t-on la "taille règlementaire" du poème ?

On ne pourrait donc pas avoir d'équivalent en prose de certains poèmes de Vigny ou autres, qui sont particulièrement longs ?

A moins qu'à partir d'une certaine longueur, un autre terme que "poème en prose" soit usité : Louis Guillaume fait-il des propositions en ce sens ?
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Lun 12 Oct - 19:37

Sauf erreur : pas dans la conférence. C'est d'ailleurs pour ce motif que j'ai signalé ce petit glissement dans son discours puisqu'il annonce la définition du "poéme en prose" et immédiatement après donne les caractères du "petit poéme en prose". On pourrait en déduire qu'il existe un " grand poème en prose" ne possédant pas les mêmes caractéristiques que le précédent. Il semble cependant qu'il ait considéré le seul "petit poème en prose" comme devant être retenu puisque la conférence portait sur l'évolution du poème en prose d'Aloysius BERTRAND à nos jours, et que les poèmes de celui-ci ne sont que très rarement plus longs qu'une page de livre courant.

En tout état de cause, la définition du "poème en prose" est contestée, en théorie et en pratique, depuis maintenant près de deux siècles.
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Lun 12 Oct - 22:08

mile21 a écrit:
En tout état de cause, la définition du "poème en prose" est contestée, en théorie et en pratique, depuis maintenant près de deux siècles.


Eh bien, je vais laisser aux spécialistes le loisir de débattre et de définir à ce propos ! Moi, je n'ai pas deux siècles devant moi et je préfère apprécier ce que je lis plutôt que de tenter de le qualifier !

Merci pour les précisions et informations qui, quoiqu'il en soit, sont intéressantes !
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Mar 13 Oct - 4:08

C'est un peu ce que disait l'ami Aloysius Bertrand : "Mon livre, le voilà tel que je l'ai fait et tel qu'on doit le lire, avant que les commentateurs ne l'obscurcissent de leurs éclaircissements". Et apprécier ce qu'on lit plutôt que de tenter de le qualifier est, de très loin, le plus important. Quand la "pôchouse" ( sorte de bouillabaisse du val de Saône) est bonne, peu importe son exacte composition,...avec les petits croûtons aillés...
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Jeu 22 Oct - 17:45

Afin d’illustrer les précédents posts relatifs au débat sur l’origine et la définition du poème en prose, voici ce qu’en pensent René LALOU dans son livre « VERS UNE ALCHIMIE LYRIQUE », et Monique PARENT dans ses études sur le poème en prose « SAINT JOHN PERSE ET QUELQUES DEVANCIERS ».


Pour René LALOU :

« L’originalité d’Aloysius BERTRAND est son emploi systématique du poème en prose. Dire qu’il a créé ce genre ne signifie rien, puisque le poème en prose demeure un instrument personnel, soumis aux seules lois que s’impose chaque artiste. On peut déjà citer comme un heureux exemple de poème en prose telle suave invocation de Lucile de Chateaubriand. »

Le mérite d’Aloysius BERTRAND n’en est pas moins réel : à une effusion, il a substitué l’idée d’une forme, souple mais nullement anarchique, artistiquement concertée et suivie méthodiquement. Toutes ses évocations sont construites ; elles comportent le plus souvent un groupe complet de six ( parfois cinq ou sept) stances. Les sept divisions de « GASPARD DE LA NUIT » …:…attestent d’ailleurs le même souci de la composition et de l’ordonnance. Chaque pièce concourt à l’impression d’ensemble et garde la valeur d’un organisme vivant.

…/…

Il est donc légitime que ce recueil de fantaisies ait assuré la gloire d’Aloysius Bertrand. Gloire incomplète, comme le génie de celui qui, dans la dernière des « Pièces détachées », se compare à un « aiglon avorté. Il tient néanmoins sa place parmi les poètes-alchimistes. Il a compris la nécessité de renouveler l’émotion en l’épurant, en la soumettant au contrôle de l’esprit ; en la disciplinant dans une forme raffinée. De l’instrument qu’il choisit il a su tirer des accents nouveaux ; il en a indiqué assez les possibilités pour que tous ses successeurs aient tenu pour un honneur de situer leur œuvre par rapport à la sienne. »



Pour Monique PARENT :


« Sans doute les origines du poème en prose remontent déjà loin. Il y a dans l’œuvre de J. J. Rousseau, dans celle de Bernardin de Saint Pierre, dans celle de Chateaubriand, de véritables passages lyriques…/…Cependant nous ne sommes pas encore ici devant de véritables poèmes en prose, mais plutôt devant des passages de prose poétique, qui n’ont pas nécessairement la structure d’un poème.

Cette réflexion nous amène à la recherche d’un définition exacte du poème en prose. Le mot apparait pour la première fois en 1791 sous la plume du publiciste Garat, qui juge les « Ruines » de Volney :
« une espèce de poème en prose et de roman philosophique où la vérité est mêlée à la fiction. » (Journal de Paris, 9-12-1791)

Mais le poème en prose ne prend une existence vraiment autonome qu’avec « GASPARD DE LA NUIT » d’Aloysius BERTRAND, cette suite d’évocations brèves, pittoresques, expressives, où l’auteur veut ressusciter l’atmosphère du Moyen-Age ou de la Renaissance.

…/…

…définition première :
Des poèmes : des morceaux autonomes de poésie lyrique
En prose : privés de la structure versifiée.
Cette définition trop simple a en réalité de nombreuses résonances. Maurice CHAPELAN les fait entendre, dans l’introduction à son « Anthologie du Poème en prose » :

« Tout texte qui ne se propose pas d’abord de raconter ou de démontrer, qui ne veut pas être d’abord raisonnement ou récit, mais accumulateur de cette énergie qui se manifeste par musique et image et répond à une attente indéfinie que rien, en nous, si ce n’est elle-même, ne saurait combler, - tout texte tel est un poème. »

Cette définition, mérite réflexion …/…elle définit le poème, non par sa forme, mais par sa nature. Cette énergie qui se manifeste par musique et images, et qui se suffit à elle-même, qui s’élève au rang d’absolu, qui ne cherche qu’à s’exprimer en un langage fait pour cela, c’est l’état d’esprit lyrique, c’est le lyrisme même ; cet état d’esprit créé le poème. »
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Dim 25 Oct - 10:07

Quelques éléments complémentaires tirés du livre de Monique PARENT :


« L’étude technique de ces poèmes en prose fait apparaître le principe suivant : Tout se passe comme si la langue du poème en prose, inférieure en rigueur rythmique à celle du poème versifié, compensait cette perte par une structure plus rigoureuse et plus éloignée de l’expression courante.
…/…

« La composition en est particulière. Ce qui apparaît le plus souvent, c’est un type de composition enveloppante, où la fin retourne à la pensée de début, où l’évènement conté parait finalement être rendu au néant. La disposition par alinéas permet de distinguer des strophes. »

…/…

« Cette structure enveloppante a donc une fréquence remarquable dans nos textes. Or elle est typiquement lyrique : la prose va droit devant elle, d’un point à un autre, pour obtenir des résultats, un changement ; elle marche ; la poésie médite, réfléchit, se reflète en elle-même, compose des pas, tourne et revient au même point, n’obtient rien que de la beauté ; le poème fini, rien n’est changé dans l’ordre visible ou rationnel ; il y a eu non une marche, mais une danse. Un poème en vers peut être construit de façon linéaire et prosaïque ; il peut se contenter de conter une histoire ; non pas le poème en prose, qui pour ne pas laisser oublier sa nature poétique, doit manifester plus clairement dans sa structure un caractère lyrique
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Lun 26 Oct - 13:06

...donc, sans caractère lyrique bien manifesté, pas de poème en prose... ?

Décidément, le poème en prose est insaisissable ; et pourtant, il me semble que lorsqu'on est face à un poème en prose, on le reconnaît sans trop de difficulté (à moins qu'il ne joue sur les limites) et pourtant, tout ce que ces spécialistes en sortent pour le définir semble souvent incomplet et discutable... !

Le poème en prose serait-il un poème paradoxal ?
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Lun 26 Oct - 14:28

Le débat sur le poème en prose est ouvert depuis que Baudelaire a exhumé l'oeuvre d'Aloysius BERTRAND. Une des difficultés vient, me semble-t-il, de la définition du mot lyrique. Dans un sens il signifie : destiné à être chanté avec accompagnement de musique ; dans un autre : poésie qui exprime des sentiments intimes au moyen de rythmes et d'images propres à communiquer au lecteur l'émotion du poète. Le poème en prose doit donc compenser son manque de rythme musical (qui est la force du vers ) par sa structure et la fréquence d'apparition des images.

Il s'apparente plus à la peinture qu'à la musique et, comme un tableau encadré, il se retourne sur lui-même ainsi que le serpent mord sa queue.
Mais, ses auteurs étant souvent versificateurs, toutes les nuances sont possibles.
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Mar 3 Nov - 17:01

Encore quelques éléments tirés de l'introduction de la thèse de Suzanne BERNARD : "Le poème en prose de Baudelaire à nos jours " :

Ce qui rend difficile ( passionnante, aussi…) la question du poème en prose, c’est que nulle forme poétique peut-être, parmi celles qui ont depuis un siècle tenté de plier le langage à des exigences nouvelles, ne met en jeu avec autant d’acuité la notion même de poésie.

Nous lisons un poème en vers, un sonnet par exemple ; et nous pouvons, certes, être sensibles à son « charme » poétique, sentir se propager jusqu’au fond de notre être ces ondes qu’ébranlent mystérieusement la poésie, ou, au contraire, n’éprouver aucune émotion et dénier au texte tout pouvoir poétique. Cela dépend du texte, et de nous-mêmes. Les appréciations varient fréquemment d’un lecteur à l’autre. Du moins pouvons nous étudier la forme du sonnet pour elle-même, et la façon dont l’auteur à respecté les règles du genre, ou les a fait servir à ses fins poétiques. Le poème est-il en vers libres, il sera déjà plus difficile de découvrir à quelles lois il obéit ( ne parlons plus de règles ) ; ces lois existent pourtant, bien qu’elles puissent varier d’un poète à l’autre ; la typographie du texte, en tout cas, nous permet d’affirmer que l’auteur, écrivant en vers, a voulu écrire un poème.

Mais prenons maintenant un recueil de poèmes en prose contemporains ( soit, si l’on veut, l’Anthologie de Maurice Chapelan ) : quel critère nous permettra de déterminer à quel moment telle page cesse d’être prose, pure prose, belle prose peut-être, pour se charger de poésie, d’une part, et, d’autre part, pour mériter le nom de poème ? Les éléments sont les mêmes puisqu’ils sont empruntés à la prose, et non pas même au langage plus orné de la « prose poétique », mais à la prose de tous les jours, sans festons et sans astragales. La secrète transfiguration qui charge ces mots tout ordinaires d’un pouvoir secret, la manière dont circule le mystérieux courant poétique le long de phrases sans harmonie et sans mesure ( comme, le long d’un fil grossier, le courant d’une invisible électricité, qui soudain nous inonde de lumière), quelles règles pourraient permettre de les définir - puisque aussi bien ce pouvoir de la poésie se situe au-delà du langage ? Ajoutons à cela que le poème en prose, genre protée, nous déconcerte par son polymorphisme. Laissons de côté, pour l’instant, les cas litigieux ( ceux où l’on voit classés comme poèmes des proses qui sont en réalité, et qui étaient dans l’esprit de leurs auteurs, des récits, des romans, des maximes ) ; il n’en reste pas moins que les moyens mis en œuvre pour transcender la prose sur le plan poétique sont extraordinairement divers : quoi de commun entre une ballade à couplets d’Aloysius Bertrand, et un poème de Reverdy, par exemple ? La variété de l’inspiration, ici, n’a d’égale que la variété des formes : on se trouve égaré dans un domaine touffu, mal connu, où les limites ne sont pas clairement tracées, et devant lequel on se prend parfois à évoquer avec nostalgie les belles allées bien tracées de la poésie classique. »
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Mar 3 Nov - 18:58

mile21 a écrit:
il n’en reste pas moins que les moyens mis en œuvre pour transcender la prose sur le plan poétique sont extraordinairement divers


Qu'en dit-elle alors, de ces moyens mis en oeuvre pour transcender la prose sur la plan poétique ? Quels exemples convoque-t-elle pour étayer ces différents aspects ?

Sinon, elle précise que le pouvoir poétique ce situe au-delà du langage, soit mais c'est aussi le cas pour le poème dit classique (la forme ne suffit pas à faire un poème ; en revanche, il est vrai que la forme témoigne clairement de l'intention d'écrire un poème - encore, que l'on peut détourner les formes mais je ne vais pas glisser dans les cas particuliers, d'autant plus que je n'ai aucun exemple précis en tête !).

Autre remarque qui me vient en lisant ces informations, si le pouvoir poétique se situe au-delà du langage (il peut donc y avoir poésie sans langage, mais d'une certaine façon, c'est une évidence), pour le poème écrit (pas sonore ou pictural) c'est tout de même par le langage qu'est saisi et transmis le pouvoir poétique, non ?
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Mar 3 Nov - 19:16

Voir la citation de Shelley, posté par mile21 dans pensees-citations-autres-maximes.

Je déconseille malgré tout de s'ajouter ceci avant d'aller se coucher mais, vous faites ce que vous voulez ! Wink
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MessageSujet: Re: Poème en prose   Mer 4 Nov - 10:07

La réponse à la première question est, me semble-t-il, contenue dans la citation : " les moyens sont extraordinairement divers". Wink

Evidemment, cette réponse n'est pas satisfaisante. Suzanne Bernard y consacre une thèse d'environ huit cents grandes pages, en définissant ces moyens, auteur par auteur, passant par Louis Bertrand, Baudelaire, Mallarmé, Rimbaud, Lautréamont, Saint John Perse, Max Jacob, Paul Eluard, etc...etc Il me parait difficile de développer dans cette rubrique. En gros, on peut dire que le poète cherche à créer un monde autonome par" tous les moyens : fulgurante illumination, récit plus ou moins chargé de symboles, récit de rêve, humour noir ou non, créations fantastiques". Par exemple, dans "Gaspard de la Nuit", Aloysius Bertrand décrit un rêve de Gaspard qui se rend, de nuit, à l'Eglise Notre Dame où il voit le Jacquemart et sa compagne Jacqueline (automates qui sonnent l'heure sur le clocher ) allumer des flambeaux ( je passe sur de nombreux détails ). Ce rêve représente la recherche du Soi décrit par C. JUNG dans "Psychologie et alchimie" ( Soi : centre du conscient et de l'inconscient ), sorte de plongée dans l'obscurité qui débouche sur la lumière symbolisant la Pierre philosophale. Bertrand passe donc par le truchement d'un rêve fantastique pour montrer le processus de réalisation du Grand Oeuvre. ( résumé vraiment très grossier : il y a des pages et des pages écrites sur le sujet ). Il a su allier le fantastique, l'alchimique, l'historique, etc.. dans une nouvelle prose travaillée consciemment, c'est à dire en sachant qu'il travaillait à une nouvelle sorte de prose. C'est pourquoi il est un créateur.

La musique, autre langage, peut permettre les mêmes descriptions ; à preuve "Ondine", "Le gibet" ou "Scarbo" de Maurice Ravel, inspirés de l'oeuvre d'Aloysius Bertrand, que l'on peut écouter sur "Youtube".

En l'occurrence, pour répondre à la question, le langage est le matériau de la forme d'art spécifique nommée "poésie", à ne pas confondre avec la catégorie esthétique beaucoup plus vaste.( Un paysage peut être poétique mais il n'est pas un poème )
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