mile21
Littérophage Aloysiusbertranophile




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Sujet: Nicolas BOILEAU Lun 28 Sep - 13:06 |
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Nicolas BOILEAU, dit DESPREAUX (1636-1711). Auteur de "Satires" qu'il savait particulièrement bien dire et présenter, il est surtout connu pour son "Art Poétique" qui mérite toujours d'être retenu. En voici l'extrait principal :
"(...) Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées ; Le jour de la raison ne le saurait percer. Avant donc que d'écrire apprenez à penser. Selon que notre idée est plus ou moins obscure, L'expression la suit, ou moins nette ou plus pure. Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. Surtout, qu'en vos écrits la langue révérée Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée. En vain vous me frappez d'un son mélodieux, Si le terme est impropre, ou le tour vicieux : Mon esprit n'admet point un pompeux barbarisme, Ni d'un vers ampoulé l'orgueilleux solécisme. Sans la langue, en un mot, l'auteur le plus divin Est toujours, quoi qu'il fasse, un méchant écrivain. Travaillez à loisir, quelque ordre qui vous presse ; Et ne vous piquez point d'une folle vitesse ; Un style si rapide, et qui court en rimant, Marque moins trop d'esprit que peu de jugement. J'aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène, Dans un pré plein de fleurs lentement se promène, Qu'un torrent débordé qui, d'un cours orageux, Roule, plein de gravier, sur un terrain fangeux. Hâtez vous lentement ; et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage : Polissez-le sans cesse et le repolissez ; Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent, Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent. Il faut que chaque chose y soit mise en son lieu, Que le début, la fin répondent au milieu ; Que d'un art délicat les pièces assorties N'y forment qu'un seul tout de diverses parties ; Que jamais du sujet le discours s'écartant N'aille chercher trop loin quelque mot éclatant. Craignez-vous pour vos vers la censure publique ? Soyez-vous à vous-même un sévère critique. L'ignorance toujours est prête à s'admirer. Faites-vous des amis prompts à vous censurer ; Qu'ils soient de vos écrits les confidents sincères, Et de tous vos défauts les zélés adversaires. Dépouillez devant eux l'arrogance d'auteur ; Mais sachez de l'ami discerner le flatteur : Tel vous semble applaudir, qui vous raille et vous joue. Aimez qu'on vous conseille, et non pas qu'on vous loue."
IMITEE DE CELLE DE MARTIAL, QUI COMMENCE PAR, "Nuper erat medicus", etc.
"Paul, ce grand Médecin, l'effroi de son quartier, Qui causa plus de maux que la Peste et la Guerre, Est Curé maintenant, et met les gens en terre; Il n'a point changé de métier."
_________________ Pour l'idéaliste, l'existence n'est pas nécessaire à la vérité qu'il conçoit - Albert Thibaudet
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