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Louis BERTHAUD

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mile21
Littérophage Aloysiusbertranophile
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MessageSujet: Louis BERTHAUD   Mar 13 Oct - 5:09

Louis BERTHAUD, né le 23 janvier 1810 à CHAROLLES (71), autodidacte et vitrier, fondateur, avec Jean-Pierre VEYRAT, de "L'homme Rouge", journal de combat" (qui lui vaudra la Cour d'Assises du Rhône où il se défendra en vers ), venu à PARIS avec les encouragements d'Alexandre Dumas, se heurtera à l'indifférence générale.Il est mort le 17 juillet 1844 à Chaillot.

Le Sénateur Pierre JOIGNEAUX lui a consacré un article biographique à lire sur : www.1851.fr/hommes/joigneaux/tome_1_5.htm.


LES MENDIANTS
(extraits)


"On voyait autrefois à Fontenay-le-Comte
Arriver à jour dit, et par tous les sentiers,
Des mendiants, alors appelés Argotiers,
Si nombreux, que jamais on en a su le compte.
Ils y venaient tenir leur Etats généraux,
Elire leur monarque et nommer leurs bourreaux ;
Car ils vivaient entre eux en pure monarchie.
Ils se donnaient des lois que la masse observait ;
Et comme dans nos temps d'ordre et de hiérarchie,
On punissait chez eux les fauteurs d'anarchie.
Nous autres qui savons comment cela se fait,
Plaignons, ô mes amis ! ceux que l'on graciait.
Il en venait des monts, il en venait des plaines ;
Un air alcoolique arrivait avec eux :
Ils désséchaient les fleurs à leurs chaudes haleines,
Et les prés jaunissaient sous leurs talons rugueux.
Pendant les claires nuits, d'étoiles toutes pleines,
Les bois verts abritaient moins d'oiseaux que de gueux.

.../...

Paris en avait tant un jour dans les entrailles,
Qu'il se prit en pitié fort sérieusement.
En s'y frottant le dos ils souillaient ses murailles ;
Ils faisaient sur les ponts toujours encombrement.
Le long de tous les murs, aux pieds de tous ses arbres
On en voyait partout, pâles comme des marbres.

.../...

Passons donc ! Tout se fit selon la loi fatale.
On nettoya Paris jusqu'en ses fondements,
On déblaya ses ponts, ses quais, ses monuments,
Et pendant quelques jours, la grande capitale
Toute pleine de joie et de calme apparent
Ne roula pas un gueux dans son vaste courant.

On en avait tant pris, qu'une épouvante affreuse
Retenait dans leurs trous ceux qui restaient encor
Ils te fuyaient, soleil ! bel astre aux baisers d'or !
Proscrits, ils n'habitaient que la nuit ténébreuse !
Affamés, en silence, ils se mangeaient les doigts !...
Mais la faim tôt ou tard chasse les loups du bois.

La faim donc les chassa de leur sombre tanière.
Cette fois, chacun d'eux, pour éluder la loi,
En apparence au moins se vêtit d'un emploi ;
Chacun d'eux se raidit sous sa fauve crinière,
Rajusta ses lambeaux, lava ses pieds meurtris
Et tous, la larme à l'oeil, rentrèrent dans Paris."
_________________
Pour l'idéaliste, l'existence n'est pas nécessaire à la vérité qu'il conçoit - Albert Thibaudet

http://aloysiusbertrand.blogspot.com
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Louis BERTHAUD

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