Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Sujet: Sherwood Anderson Sam 13 Sep - 21:22 |
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13 septembre 1876, Camden (Ohio) : naissance de Sherwood Anderson, nouvelliste et romancier.
Les ennuis financiers qui accablèrent son père, Erwin, condamnèrent le jeune Sherwood à une enfance d'abord ballotée de ville en ville, puis empoisonnée par l'alcoolisme. Il avait dix-neuf ans lorsque son père mourut de ses excès, en 1895. Cela faisait déjà cinq ans que, pour sa part, il avait abandonné l'école afin de faire des petits boulots - il se surnommait lui-même "Jobby" - qui l'aidaient à soutenir financièrement sa famille.
Après le décès du père, Sherwood rejoignit son frère, Karl, à Chicago et travailla de ses mains jusqu'à ce qu'il décide de rejoindre l'armée au début du XXème siècle. Il participa à la guerre hispano-américaine dont l'enjeu était Cuba puis, rendu à la vie civile, il entama des études à l'université de Springfield.
Il se maria en 1904 et devait avoir trois enfants. Mais il les abandonna en 1912 pour se consacrer entièrement à l'écriture, activité qu'il jugeait incompatible avec la vie familiale. Il faut ajouter à sa décharge qu'il sortait d'une première dépression nerveuse qui a pu influencer son attitude.
On le retrouve à Chicago où il entre dans une maison d'édition. En 1916, année de son divorce et de son remariage, il publie son premier roman, "Le fils de Windy McPherson", qui sera suivi de "Marching Men" en 1919. Il est cependant mieux connu du public pour ses nouvelles aux personnages récurrents, dont l'action se situe dans la petite ville de Winesburg, dans l'Ohio : le premier de ces textes paraît lui aussi en 1919.
Bien que ses nouvelles connaissent un très grand succès, il éprouve le désir d'écrire des romans. Ainsi, il donne "Pauvre Blanc", "Many Marriages" et "Circle of Death" - que Scott Fitzgerald considérait comme le meilleur de sa production.
On citera encore, dans les années trente, "Death in the woods", l'essai "Puzzled America" et "Kit Brandon."
Sherwood Anderson eut une mort curieuse : il décéda à l'âge de 64 ans, d'une péritonite qui s'était déclenchée lorsqu'il avait avalé un bout de cure-dents tombé dans son martini. Sur sa tombe, à Marion, en Virginie, il est écrit : "La Vie, et non la Mort, voilà qui est la Grande Aventure."
Malheureusement, beaucoup de ses oeuvres n'ont pas été traduites dans notre langue. C'est d'autant plus regrettable que Sherwood Anderson a largement influencé Hemingway, Thomas Wolfe, John Steinbeck et Erskine Caldwell. Il est brillant, incisif, cruel et surtout, déjà, il critique la fièvre de réussir qui fait courir ses contemporains et compatriotes.
En lisant Sherwood Anderson, on découvre en lui un témoin sans indulgence des travers de son époque et l'on sent les inquiétudes qui sont les siennes devant ces villes tentaculaires qui progressent peu à peu, dans le Middle West de son enfance. Du coup, on se demande ce qu'il penserait des excès actuels des USA ...
Un auteur à découvrir, en même temps par exemple que Theodore Dreiser, qui fut l'un de ses amis.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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Dernière édition par Masques de Venise le Sam 13 Sep - 21:35, édité 1 fois
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