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Reinaldo Arenas

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Masques de Venise
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MessageSujet: Reinaldo Arenas   Jeu 16 Juil - 20:44

16 juillet 1943, Holguín (Cuba) : naissance de Reinaldo Arenas, poète, nouvelliste & romancier.

Abandonnée par son époux, la mère du futur écrivain se réfugie chez ses parents. C'est là, dans cette famille de paysans pauvres, qu'elle élève son fils qui ne connaîtra jamais son père. A treize ans, l'adolescent montre déjà quelque talent d'écriture, notamment en poésie.

Comme tant d'autres à l'époque, Reinaldo s'engage dans les troupes castristes pour combattre la dictature de Batista puis, la République cubaine ayant pris son essor, il s'inscrit à l'université de La Havane. Il rêve de travailler à la Bibliothèque nationale José Martí mais il a également des ambitions littéraires. De fait, son premier roman, "Celestino antes de alba" ("Les chants du Puits" en français), est remarqué au concours national d'écriture organisé par les autorités.

A l'époque, Arenas n'a pas à se plaindre du régime castriste qui laisse au peuple beaucoup de libertés, notamment sur le plan sexuel. L'homosexualité n'est pas encore traquée dans les rues comme elle le sera quelque temps plus tard.

Mais bientôt, les homosexuels deviennent des déviants, indignes de la nationalité cubaine. De même, le pouvoir sermonne les écrivains et leur impose une censure qui heurte nombre d'intellectuels. Pour Arenas, il devient impossible de continuer à publier à Cuba. Mais il ne se décourage pas, ne change rien à son style ni à ses thèmes et fait passer ses textes à l'étranger afin qu'ils puissent trouver un éditeur.

Le peintre José Camacho, ami d'Arenas et qui a déjà pris le chemin de l'exil, l'aide tout particulièrement à faire connaître son oeuvre en Europe.

A Cuba, Arenas fait le dur apprentissage des camps de réhabilitation par le travail, ce qui ne l'empêche pas de continuer à écrire. Ses textes, il les fait passer de toutes les façons possibles et imaginables, utilisant des méthodes pratiquées par le marquis de Sade en son temps, c'est-à-dire roulant ses feuillets dans une mince cartouche que ses visiteurs s'insèrent dans le rectum avant de quitter le camp.

Enfin, en 1980, entre le 5 avril et le 31 octobre, Arenas prend à son tour le chemin de l'exil et embarque au port de Mariel, direction les USA, noyé dans une foule de cent-trente-mille hommes et femmes devenus indésirables et qu'expulse le régime.

Il gagne la colonie cubaine de New-York et reprend la plume pour célébrer la libération de Cuba à laquelle il veut croire et s'opposer de plus belle au régime de Castro.

Le 7 décembre 1990, après trois ans de lutte contre le SIDA, Reinaldo Arenas prend la décision de mettre fin à ses jours en absorbant alcool et barbituriques.

La même année, était sorti son oeuvre-phare : "Avant la Nuit" ("Antes que anozchesca"), récit dans lequel il retraçait son existence, depuis son enfance de paysan pauvre jusqu'à sa fuite aux Etats-Unis. Le titre fait référence à l'époque où, traqué par les autorités cubaines, l'écrivain vivait dans la clandestinité et attendait le passage de la police pour dormir dans les parcs publics. Là, avant que ne tombât la nuit, il prenait son stylo et se mettait à écrire.

Parmi tous ses livres, on retiendra "Encore une fois la mer" et "La Couleur de l'Eté ou Nouveau" ou bien encore "L'Assaut", trois réflexions touffues, à la fois amères et sarcastiques, sur le principe du totalitarisme.

Un grand écrivain, ne passez pas à côté de lui sans le lire.


Reinaldo Arenas sur Nota Bene.
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MessageSujet: Re: Reinaldo Arenas   Jeu 16 Juil - 20:50


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