Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Date d'inscription: 06/05/2005
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Sujet: Lewis Carroll Lun 26 Jan - 22:30 |
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27 janvier 1832, Daresbury - Lancashire (Grande-Bretagne) : naissance de Charles Lutwidge Dodgson, dit Lewis Carroll, poète, romancier et ... mathématicien.
Fils de pasteur, il fut élevé au milieu de dix autres frères et soeurs, tous gauchers comme lui et tous affligés de bégaiement. Dans ce chaud et confortable cocon, son enfance fut heureuse jusqu'à ses premiers pas à l'école de Richmond où les ennuis commencèrent pour ce petit garçon brillant, doué mais timide et immanquablement différent de ses congénères. Les problèmes s'aggraveront en 1845, lorsqu'il intègrera Rugby School et sera livré aux brimades de ses camarades.
Pendant ses vacances, le jeune Charles s'amuse à éditer des revues locales, destinées aux seuls hôtes du presbytère paternel. "La Revue du Presbytère", "Le Bouton de Rose", "Le Parapluie du Presbytère", etc ... toutes en ceci en commun qu'elles ont une vie éphémère. Charles les illustre lui-même, en s'inspirant des dessinateurs et caricaturistes en vogue parmi lesquels, entre autres, Edward Lear. Quant aux textes, ils portent déjà la marque carrollienne, ce mélange de non sense et de drôlerie qui triomphera plus tard dans les oeuvres majeures.
Diplômé du Christ Church College d'Oxford, Charles Dodgson y devient professeur de mathématiques en 1855, à l'âge de vingt-sept ans. Mais il fréquente peu ses collègues et, en dehors de ses cours, s'absorbe de plus en plus dans son monde imaginaire. Il va cependant trouver à l'exprimer, ce monde, dès l'année suivante, avec sa collaboration au magazine "The Train." Edmund Yates, son rédacteur en chef, lui choisira d'ailleurs son pseudonyme de Lewis Carroll.
Cette même année, il achète son premier appareil photographique et en devient très rapidement un virtuose. Cette passion l'accompagnera jusqu'en 1880. Sur les trois mille clichés qu'il prit, les deux tiers ont disparu, soit que le temps leur ait fait injure, soit que Carroll lui-même les ait détruits.
S'il photographie en effet paysages et familiers, son sujet de prédilection demeure les petites filles. L'époque victorienne ne s'en émeut guère même si certaines mères, telle Mrs Liddell, la mère d'Alice, finissent par s'étonner de pareil intérêt.
Mais avant qu'elle n'en conçoive une certaine gêne, Mrs Liddell accueillera souvent Carroll chez elle et c'est lors d'une partie de canotage sur la rivière l'Isis, le 4 juillet 1862, avec Alice et ses deux soeurs, que l'écrivain invente ce qui deviendra "Alice aux Pays des Merveilles." La première version cependant, calligraphiée et illustrée par Carroll lui-même, s'appelle "Les Aventures d'Alice sous terre."
La version définitive, elle, sera illustrée par John Tenniel et paraîtra en juillet 1865 : le succès est immédiat.
Cinq ans plus tard, sort "De l'Autre Côté du Miroir" où l'on retrouve la petite Alice qui, cette fois-ci, au lieu de suivre le Lapin blanc sous terre se retrouve derrière la glace de son salon.
Evidemment, les aventures d'Alice tiennent du rêve. Mais entre l'instant où Alice s'endort et celui où elle se réveille, que de personnages étranges, que d'événements loufoques, absurdes, voire effrayants, en tous cas déstabilisateurs elle aura affrontés ! Conformiste dans sa vie de tous les jours, Lewis Carroll s'affirme dans l'écriture un rebelle de génie qui critique avec férocité le monde étouffant des adultes avec leurs conventions qui ne rassurent qu'eux-mêmes et leurs rituels somme toute plus absurdes que le thé offert par le Lièvre de Mars.
Outre les textes consacrés à Alice, on citera encore le long poème "La Chasse au Snark", paru en 1876 et qui, bien que marqué par un humour similaire, n'en conte pas moins une quête de mémoire et d'identité plus triste que réjouissante, et bien sûr "Sylvie & Bruno", dernière création de Carroll, qui n'a pas l'harmonie d'"Alice ..." mais laisse le lecteur s'interroger sur ce qu'aurait pu produire par la suite Lewis Carroll.
Carroll a également écrit des essais, dont beaucoup consacrés aux mathématiques. On sait qu'il a également rédigé, mais en préservant son anonymat, au moins sept pamphlets, parmi lesquels "Le Beffroi de Christ Church" en 1872, dans lesquels il ridiculise le mode de vie oxfordien.
Lewis Carroll et mort le 14 janvier 1898, dans le Surrey.
Son oeuvre, atypique tant par la forme que par le fond, dépasse les simples histoires pour enfants bien élevés. Jeux de mots, plaisanteries, nonsense, glorification de l'absurde, humour féroce et critique, fantaisie débridée et onirique, teintée certes de merveilleux mais non dépourvue d'un aspect fantastique qui peut très vite virer au cauchemar ... voilà ce que vous y trouverez toujours à disposition. Avec en prime des personnages inoubliables, comme le fabuleux Chat du Cheshire, le Chapelier, le Loir et le Lièvre de Mars, Humpty-Dumpty, le Cavalier Blanc, le Snark (mais qu'est-ce que le Snark ? ... ) sans oublier le mythique Jabberwock. Ne boudez pas votre plaisir : accueillez-les dans votre bibliothèque, ils y ont toute leur place.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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