Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Localisation: Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs: Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription: 06/05/2005
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Sujet: Jorge Amado Sam 9 Aoû - 22:37 |
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10 août 1912, Ferradas (province de Bahia) : naissance de Jorge Amado, nouvelliste & romancier.
Ses parents lui offrent des études chez les Jésuites que cet enfant brillant et intelligent séduit en un premier temps. Mais à treize ans, cet anticonformiste-né se proclame athée et bolchevique et s'enfuit de l'institution. La légende veut que les Jésuites en aient fait facilement leur deuil et qu'ils aient même dit une messe d'action de grâces pour remercier le Seigneur de les avoir débarrassés de cet encombrant élève ... A quinze ans, il est pigiste dans un journal. A sa majorité, il décide de faire son Droit mais le journalisme l'attire toujours. Le journalisme et l'écriture. En 1931, il publie son premier roman : "Le Pays du Carnaval", qu'il refusera longtemps de voir traduit à l'étranger en raison du caractère, selon lui trop sceptique et cynique, qu'il avait alors choisi pour son héros. Le dictateur Getulio Vargas ayant interdit le Parti communiste brésilien, Jorge décide bien évidemment de courir s'encarter et de militer haut et fort. Ce qui le force à fuir, et fuir encore avec de nombreux passages par la case "Prison" - une douzaine de fois - le bûcher pour ses livres, deux exils (l'un en 1941, en Argentine, le second en France, en 1948), une interdiction de séjour dans notre pays pendant seize ans et pas mal d'autres péripéties. Ses premiers livres ("Cacao" - "Suor") sont, de fait, extrêmement militants et, par là-même, ne sont pas les meilleurs de sa production. Car l'homme de plume Jorge Amado, très différent du militant communiste du même nom, est dévoré par un style d'une ampleur magnifique, tout grouillant de poésie et de couleurs, et par ce souffle unique qui n'appartient qu'aux grands romanciers et qui touche ceux-ci sans se soucier de leurs idées politiques.
Ce style, aisément reconnaissable, s'impose dès "Bahia de tous les saints" en 1935 et il le ne va cesser de le polir d'oeuvre en oeuvre.
En 1954, Amado, conscient que la politique est l'ennemie de l'écriture, s'éloigne du Parti pour écrire "Gabriela, girofle et cannelle." Il ne fera plus marche arrière. Il se veut poète, trouvère magnifique et chantre du candomblé, médium des mots et hérault d'un peuple qui à donné ses lettres de noblesse au métissage.
Cette légende vivante de la littérature brésilienne s'est éteinte en 2001, quelques jours avant son quatre-vingt-neuvième anniversaire. Mais, comme il l'a dit lui-même, oubliant l'athéisme de sa jeunesse : "Je ne pars pas, je vais de l'avant, j'ai encore tant de choses à découvrir, je continue !"
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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