Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Sujet: John Berryman Dim 25 Oct - 15:08 |
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25 octobre 1914, McAlester - Oklahoma (USA) : naissance de John Smith, dit John Berryman, poète.
Le petit John avait tout juste dix ans lorsque son père, un banquier de Floride, se suicida. L'enfant fut le premier à découvrir le corps disloqué - Mr Smith s'était défenestré. Cette expérience atroce le marquera à vie et sera probablement à l'origine de son alcoolisme, qui ira croissant, et de sa dépression chronique.
L'image du suicide et le dialogue avec le Père sont une constante de son oeuvre. Celle-ci débute alors qu'il a vingt-huit ans, en pleine Seconde guerre mondiale, par la parution de son premier recueil, tout simplement intitulé "Poems." Suit, en 1948, "Dispossessed" mais il faudra attendre "Homage to Mistress Bradstreet", en 1956, pour que son nom commence à être connu.
A partir de 1964, Berryman ouvre sa série des "Dream Songs" avec "77 Dream Songs" qui lui permet de remporer le Pulitzer de la Poésie. La suite, "His Toy, His Dream, His Rest", paraît quatre ans plus tard et, à la même époque, les critiques, qui ont accueilli l'ensemble avec autant d'enthousiasme que le public, commencent à donner un nom au courant littéraire qu'ils croient déceler en Berryman - mais dont celui-ci ne se prévaudra jamais : il s'agit du confessionnalisme.
Berryman en sera pourtant l'une des figures-phares, avec Sylvia Plath, qui se suicida en 1963 et Anne Sexton qui, elle, mettra fin à ses jours en 1974, soit deux ans après Berryman lui-même.
Le confessionnalisme se caractérise par une grande maîtrise de la versification et une inspiration en prise directe sur le vécu des auteurs. La dépression, la folie et le suicide sont, chez ces derniers, des thèmes récurrents. Il est hors de doute que les Confessionnalistes ont inspiré nombre de poètes de la Beat Generation et, notamment, Allen Ginsberg. On notera encore que, de nos jours, le terme est utilisé dans un sens péjoratif et ne désigne plus que des auteurs au style négligé et ressassant des expériences personnelles qui ne sont pas toutes aussi tragiques que le vécu de gens comme Plath ou Berryman.
A la fin de sa vie, Berryman, handicapé par l'alcool et les médicaments, perdait complètement pied et ne parvenait plus à écrire correctement. Nul doute que cette dépossession ultime de ce qu'il était ne l'ait largement incité à se jeter dans le vide du haut de la Washington Avenue, à Minneapolis, le 7 janvier 1972.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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