Masques de Venise
Mécréante Suprême




Nombre de messages: 26437
Age: 49
Localisation: Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs: Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription: 06/05/2005
|
Sujet: Jean de La Bruyère Sam 10 Mai - 12:15 |
|
|
10 mai 1696, Versailles : décès de Jean de La Bruyère, moraliste & homme de lettres.
On l'a longtemps cru né à Dourdan mais c'est en fait à Paris qu'il vit le jour, le 16 août 1645, dans une famille qui avait fidèlement servi la Ligue au temps de sa puissance.
Après d'excellentes études à l'Oratoire, La Bruyère se tourna vers le Droit et obtint ses diplômes à l'université d'Orléans. Il acheta ensuite une charge de Trésorier général de France pour la Normandie mais, une fois les formalités accomplies, il revint très vite à Paris.
Bossuet lui avait procuré un poste de précepteur chez les Condé, princes du sang qui arrivaient deuxième après Monsieur, frère de Louis XIV.
Très exactement, La Bruyère enseigna au petit-fils du héros de Rocroy, le duc de Bourbon, qui devait épouser Melle de Nantes, fille aînée de Louis XIV et de Mme de Montespan.
Bien qu'il y fût certainement supérieurement payé et qu'il pût s'y consacrer en paix à la littérature, cette place coûta énormément à La Bruyère en matière de dignité et de patience. Les Condé en effet, et tout particulièrement son élève et le père de celui-ci, étaient réputés pour leur morgue et leur cruauté.
C'est sans doute chez eux que La Bruyère enregistra l'essentiel des portraits de grands du royaume qu'il allait donner non pas dans la première édition de ses fameux "Caractères", sortie en 1688, mais dans celle de 1689, avec en effet un ajout de 350 portraits. Par la suite, jusqu'en 1693, il ne cessera d'enrichir cette partie de son oeuvre.
Déjà, l'édition de 1688 avait connu un très grand succès. Peut-être la position qu'on savait être celle de l'écrivain chez les Condé avait-elle alléché les lecteurs, très avides, à l'époque, de portraits à clefs, tels ceux que l'on peut trouver chez, par exemple, chez Bussy-Rabutin.
Pour nous, "Les Caractères" apparaissent surtout comme l'oeuvre d'un grand styliste qui, par sa concision, son sens aigu et incisif du trait qui tue, son ironie féroce également, annonce déjà le XVIIIème siècle.
La Bruyère aime le phrasé cadencé, qu'il rompt abruptement d'une manière qui souligne le trait lancé. C'est, toutes proportions gardées, une écriture moderne. Cela se perçoit d'autant mieux qu'on lit "Les Caractères" à haute voix.
Sans ses "Réflexions sur le Quiétisme" - l'une des plus grandes querelles religieuses du sicèle - qui parurent après sa mort, "Les Caractères" constitueraient la seule oeuvre de La Bruyère. Mais elle lui a apporté une célébrité méritée.
Il mourut à Versailles, dans la nuit du 10 au 11 mai 1696. Les médecins du Roi et des grands, accourus au repas où il était tombé, incapable de parler, n'y purent rien. Apoplexie ? Empoisonnement ? Car on le suggéra à l'époque.
Le prince de Condé, en tous cas, parut sincèrement affligé de ce décès.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
http://notabene.forumactif.com/ http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
|
|
Masques de Venise
Mécréante Suprême




Nombre de messages: 26437
Age: 49
Localisation: Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs: Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription: 06/05/2005
|
|
Masques de Venise
Mécréante Suprême




Nombre de messages: 26437
Age: 49
Localisation: Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs: Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription: 06/05/2005
|
|
Masques de Venise
Mécréante Suprême




Nombre de messages: 26437
Age: 49
Localisation: Sous vos yeux mais vous ne me voyez pas ...
Loisirs: Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription: 06/05/2005
|
|