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Michael Collins.

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Masques de Venise
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MessageSujet: Michael Collins.   Lun 18 Juin - 16:39

Michael Collins est un lointain parent du célèbre autonomiste irlandais Michael Collins qui mourut assassiné par balle en 1922 à l'âge de 31 ans.

Pour le reste, la biographie dont nous avons eue connaissance est plutôt maigre : il est né en Irlande, à Limerick, en 1964 et a reçu une bourse pour aller étudier dans l'Illinois.

Il a aussi travaillé pour Microsoft mais, actuellement, il se consacre au cross et à l'écriture.


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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Lun 18 Juin - 17:06



Les Ames Perdues
Lost Souls
Traduction : Jean Guiloineau


De ce roman, on peut dire qu'il se déroule dans une petite ville américaine, avec des personnages typiques des petites villes américaines et des situations typiques des petites villes américaines et pourtant ...

... pourtant, il règne là-dessus cette amosphère lourde de mélancolie qu'on retrouve dans bon nombre d'ouvrages écrits par des Irlandais ou traitant de l'Irlande.


Au début cependant, entrer dans l'univers des "Ames Perdues" ne fut pas évident parce que, peut-être en raison de la traduction, j'estimais tout cela bien lent et dépourvu de tout mordant. (Le passé composé dans un texte, franchement, ça me met mal à l'aise. Pas vous ?) Il faut dire également que le personnage principal de ce livre est un policier qui ne s'est pas remis de son divorce et qui fait de son mieux pour paraître apathique et presque amorphe. Qui pis est, il est aussi le narrateur et le moins que l'on puisse dire, c'est que son monde intérieur est loin d'être gai.

Au départ aussi, les faits sont simples. La nuit de Halloween, le flic découvre le cadavre d'une petite fille de trois ans caché sous des feuilles. Il semble qu'une voiture l'ait écrasée. Le shérif du coin - curieusement désigné ici sous le nom de "commissaire" - et le maire convoquent le malheureux pour le convaincre de les aider à étouffer l'affaire car il semble acquis que le meurtrier involontaire ne soit autre que Kyle Johnson, l'étoile montante du football au collège local.

Bien sûr, très vite, tout ça se complique et la chute devrait vous surprendre.


Mais ce roman vaut surtout par le portrait de cet homme solitaire et blessé qu'est le héros. Bien qu'il possède une situation stable, il est complètement à la dérive et jette par contrecoup sur tout ce qui l'entoure un regard à la fois perçant et désespéré.

En ce qui me concerne, je l'ai trouvé un peu trop mou, je l'avoue. Mais enfin, cela ne me dissuadera pas de prendre d'autres romans de Michael Collins. Wink

Ce qui retient aussi le lecteur, c'est la manière dont Collins dépeint la petite Hicksville. Il le fait en Européen qui connaît bien le milieu, non en Américain pure souche. C'est cela sans aucun doute qui confère au roman sa touche particulière de tristesse et de désillusion mais sans aucune amertume. Collins se contente d'appeler un chat un chat mais c'est tout : il constate, il ne part pas en campagne contre le mensonge américain.

Ce qui, tous comptes faits, dérange peut-être plus ...

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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mer 11 Juil - 15:18

Tu m'as donné envie de lire et je viens de l'acheter...merci donc (je remercie toujours les gens qui arrivent à me donner envie de lire).

merci merci merci.
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Julie
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mer 11 Juil - 19:30

Je viens de terminer La vie secrète de E. Robert Pendleton. Loin de la fin décevante qu'avaient annoncé plusieurs journalistes littéraires, je me suis régalée jusqu'à la dernière page de ce polar universitaraire et rural de haut vol. Il y a plusieurs surprises, et le fin mot de l'histoire vient tardivement. Ce n'est pas de la très grande littérature, mais c'est très très bien. Et on sent là aussi son regard d'Européen sur l'Amérique, qui donne une tonalité très spéciale au roman.
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Julie
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MessageSujet: La vie secrète de E. Robert Pendleton   Lun 16 Juil - 17:09

Avec La vie secrète de E. Robert Pendleton, Michael Collins nous emmène sur un lieu visité à qui mieux mieux par les romanciers américains, avec plus ou moins d’originalité et de réussite : les campus, et plus exactement ceux de Nouvelle-Angleterre. Il en fait le cadre d’un véritable roman policier, avec tous les ingrédients de base : le meurtre, les suspects, la traque du meurtrier par le policier en pleine crise existentielle qui redouble d’ardeur au boulot alors que sa vie personnelle se délite peu à peu sous le poids des complications. Bof, me direz-vous, on a déjà lu ça. Certes. Mais connaissez-vous le roman de campus américain à la sauce irlandaise ? Non ? Alors ça vaut le coup d’essayer de goûter.



Le Pendleton du titre est un prof de fac d’une cinquantaine d’années. Il travaille depuis un petit moment dans le département de littérature de l’université de Bannockburn, une petite fac située dans le berceau de ce qui se rapproche le plus de l’aristocratie aux Etats-Unis : la Nouvelle-Angleterre, terre des Pères fondateurs et de la très grande bourgeoisie qui a fleuri sur leurs principes. Bannockburn n’est pas Harvard, et Pendleton sait que sa carrière universitaire n’a rien de glorieux. Sa carrière littéraire non plus d’ailleurs : après avoir publié un roman il y a des dizaines d’années, il a sombré dans l’oubli et s’est fait à l’idée qu’il ne révolutionnerait pas la littérature de son pays. Il s’y est fait, mais il est dévasté jusqu’à la dépression nerveuse par ce constat d’échec et l’arrivée d’un ancien condisciple pour une tournée de conférences va agir chez lui comme un catalyseur. Allen Horowitz a suivi les mêmes études que lui, dans la même fac, il a débuté au même moment en publiant chez le même éditeur. Sauf que lui, il a réussi, et pas qu’un peu : classé dans les meilleures ventes à la sortie de chacun de ses livres, il a les honneurs des pages littéraires des grands journaux et est convié à toutes sortes de manifestations littéraires, dont la conférence que Pendleton l’a invité à prononcer à Bannockburn.



Pendleton se rend donc à l’aéroport avec une de ses étudiantes, Adi, éternelle thésarde dont le travail n’avance pas et qui s’est fait une réputation de quasi-prostituée puisqu’il paraît qu’elle couche avec le moindre auteur de passage à Bannockburn. Arrive Horowitz, fringant dans sa chemise hawaïenne et ses idées bien arrêtées sur la littérature et la marche du monde, et c’en est trop pour Pendleton. Revenu chez lui, il décide de mettre à exécution la décision qu’il a prise de plus en plus fermement au fur et à mesure que la journée avançait : il va se suicider. Mais Adi, poussée par un pressentiment, le retrouve inconscient. Il est envoyé à l’hôpital, dans un sale état mais pas encore mort. Adi se sent terriblement responsable : elle a eu avec lui, le jour même, une discussion serrée sur le roman et le recueil de nouvelles qu’il a publié, elle a tenté de le secouer un peu, puis elle l’a lâché pour boire les paroles de Horowitz. C’est pourquoi elle va s’installer chez Pendleton pour faire la garde-malade une fois qu’il sera sorti de l’hôpital. Et il en a bien besoin, car c’est la déchéance totale. Victime d’une attaque, il n’arrive presque plus à parler si ce n’est comme un enfant. Adi, poussée par son sentiment de culpabilité et son dévouement, commence à se demander si elle ne va pas orienter ses travaux universitaires vers l’œuvre de Pendleton. Et elle se lance dans des recherches dans la maison. Mais un jour, à la cave, elle tombe sur un mystérieux roman intitulé Cri, dont elle n’a jamais entendu parler. Pendleton en est l’auteur, et l’a publié chez un tout petit éditeur universitaire spécialisé dans la complaisance entre collègues. Adi dévore ce roman puissant, jusqu’au moment où elle tombe sur une scène de meurtre d’enfant décrite avec une précision troublante. Elle ne sait pas trop quoi faire parce qu’elle a entre les mains une œuvre à la fois géniale et terrifiante, et elle finit par en parler à Horowitz… Le roman ressort, et cette fois il fait grand bruit. Tellement que Ryder, un policier un peu à la dérive, fait le rapprochement avec une affaire criminelle jamais élucidée…



Si c’était un roman américain, ce serait déjà pas mal : l’histoire est très bonne et menée avec maîtrise. Mais le fait qu’il soit écrit par un Irlandais baigne le tout dans des teintes pas du tout américaines, comme l'avait noté MDV à propos des Ames perdues. Une sorte de brume flotte de bout en bout sur le roman, les personnages sont tous désemparés à un titre ou à un autre, et une mélancolie qu’on retrouve plus chez Joyce que chez Updike met ce « roman de campus » un peu à part dans sa catégorie. Une très belle découverte !





Michael Collins

La vie secrète de E. Robert Pendleton

Ed. Belfond


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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mar 17 Juil - 21:27

J'ai les Les Ames Perdues dans ma bibliothèque (un conseil de ma libraire !).
Quoiqu'il en soit je ne me souviens plus vraiment de grand chose si ce n'est que lorsque je l'avais lu ca ne corespondait pas du tout à ce que j'avais envi de lire à ce moment précis.

Je pense que je ne l'ai jamais fini.

Je devrais le réouvrire.
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mar 17 Juil - 21:47

Ah oui, c'est délicat ça, les histoires de moments, d'humeur, de préoccupations, et tutti quanti, qui font qu'on peut passer à côté d'un livre simplement parce qu'on n'a pas vraiment envie de lire ce qu'il raconte et qu'on préfèrerait autre chose... Ce qui est dramatique parfois, c'est qu'on peut être entouré de tonnes de livres et ne pas trouver celui qu'on voudrait lire à un moment donné... Heureusement, ça tourne vite ces choses-là !
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mer 18 Juil - 8:26

Julie a écrit:
Ce qui est dramatique parfois, c'est qu'on peut être entouré de tonnes de livres et ne pas trouver celui qu'on voudrait lire à un moment donné... Heureusement, ça tourne vite ces choses-là !


lol! et parfois ça se résoud très bien... par un nouvel achat ! Wink
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mer 18 Juil - 9:46

Oui, cette étrange sensation de flottement face à la montagne de livres qui conduit invariablement à acquérir une seconde montagne !!!!

Méthode Séraphine également !!

Dites-moi : sommes-nous de grands malades ???? Wink Wink


(Si je ne m'abuse, certaines femmes font face aux mêmes angoisses face à leur armoire d'habits, archi bombée. "Chéri, je n'ai rien à me mettre...")
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mer 18 Juil - 13:05

Ca marche avec ma réserve de chocolat aussi
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mer 18 Juil - 14:02

Very Happy Very Happy Very Happy

Bienvenue au club des chocolatomanes, Fabien !!

D'ailleurs, au moment où j'écris je m'apprête à déguster un bon gateau meringue - chocolat... (Je pense à vous... Laughing Laughing )

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MessageSujet: Les Profanateurs   Mar 6 Mai - 15:16



The Resurrections
Traduction : Jean Guiloineau


Ce roman, qualifié par la majorité des critiques de "chef-d'oeuvre", est une terrible déception. Nous parlions plus haut de l'ambiance, plus proche de l'Irlande et de ses brouillards, que de la cohue américaine, que sait faire régner Michael Collins. Eh ! bien, justement, dans "Les Profanateurs" - pourquoi ce titre, d'ailleurs, qui me semble aussi idiot que celui donné par la distribution française à un film-culte des années cinquante : "Body Snatchers" en anglo-américain, rebaptisé donc "L'Invasion des Profanateurs de Sépultures" (!!!!), j'avoue ne pas avoir compris - cette ambiance se signale par son absence. Tout, là-dedans, est à la sauce américaine puissance 1000 - et c'est affreux parce qu'on n'y croit pas une seconde.

L'Amérique profonde, la petite ville endormie, les hamburgers et la route, la route ... (un bon tiers du livre n'est que route, ponctuée par les états d'âme du narrateur-héros), des personnages stéréotypés ... une horreur, je vous dis !

Le pire, c'est le style. Le ton du héros, d'abord. Celui-ci parle un langage hyper-familier mais dans sa tête, il donne plutôt dans le langage soutenu : à croire qu'il est schizophrène. En tous cas, ça déconcerte bigrement le lecteur. De plus, pour des raisons obscures, vous ne pouvez pas lire, dans les dialogues, trois lignes de texte apostrophant ou s'adressant directement audit héros - je vous donne son nom : Franck Cassidy - sans que, immuablement, avec une régularité d'horloge obsédée, son interlocuteur ne lui assène : " ... Franck ... Franck ... Franck ..."

Au début, j'ai tenté de voir si cette habitude, qui était peut-être voulue comme un tic de langage appliqué à certains personnages issus d'un milieu populaire, disparaissait avec l'élévation dans le milieu social et intellectuel.

Mais non ! Le Pr Brown, universitaire et scientifique d'un excellent niveau, fait pareil : Franck par-ci, Franck par-là. C'est épouvantable et difficile à s'imaginer : à la fin du roman, il me semblait que ces "Franck" tambourinaient encore dans mes oreilles, cherchant à tous prix à squatter ma pauvre cervelle. Le pire, c'est que le léger agacement que j'avais ressenti au tout début du livre s'était mué en grande, en vraie colère.

L'intrigue ? ... Ah ! L'intrigue ... Entre tous ces Franck, difficile d'entendre sa voix d'anémique. Mais enfin, disons que Cassidy apprend par le journal que son oncle, Ward, qui l'avait élevé après la mort de ses parents dans un incendie mystérieux, a été assassiné. Du coup, il décide de retourner dans la petite ville où il est né. Il emmène toute sa famille avec lui et finit par dénicher un petit travail sur le campus. Le meurtre de son oncle ayant réveillé en lui un certain nombre de questions - qui était à l'origine de l'incendie ? pourquoi son oncle affirmait-il qu'il en était responsable ? pourquoi, au contraire, le Pr Brown, qui avait soigné le jeune Franck en utilisant l'hypnose, pensait-il le contraire ? ... etc ... etc ...

J'aimerais pouvoir vous dire que la fin des "Profanateurs" m'a au moins éclairée sur tout cela. Mais en fait, pas vraiment. Ce que je me suis dit, en refermant ce livre, ce fut : "Beaucoup de bruit pour rien ..."
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Mar 6 Mai - 15:26

Au moins t'aura-t-il fait penser à Shakespeare !
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 11:33

En tous cas, j'ai rempilé sur "La Vie Secrète de E. Robert Pendleton", sorti en poche ce mois-ci.

Et alors, là, j'ai a-do-ré ! J'ai retouvé Michael Collins, en somme. thumleft
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 11:37

Ca fait longtemps que je veux lire cet auteur. "Les profanateurs" a intégré ma PAL.
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Michael Collins.

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