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Michael Collins.

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Thomas
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 11:05

gemini a écrit:
Ca fait longtemps que je veux lire cet auteur. "Les profanateurs" a intégré ma PAL.


Malgré l'avis plus que mitigé de MDV ? scratch
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 11:29

En fait j'en avais par ailleurs entendu dire beaucoup de bien, alors ça titille ma curiosité, je veux voir de mes yeux !
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Thomas
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 13:14

Ah bah oui, ça se comprend tout à fait, tu as bien raison ! lol!
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 15:27

Tous ces "Franck" ! ... confused affraid Dans un film, ce serait encore pire !
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 23 Mai - 15:35

Masques de Venise a écrit:
Tous ces "Franck" ! ... confused affraid Dans un film, ce serait encore pire !


Ca t'a marquée, dis-moi...
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MessageSujet: La Vie Secrète de E. Robert Pendleton   Ven 23 Mai - 16:52

Ah ! ça, tu l'as dit ! ...

Bon, voici pour "Pendleton" - et un message de plus, un !



Death of a Writer
Traduction : Jean Guiloineau


A ce jour, c'est pour moi le meilleur roman de Michael Collins. Il faut dire que je n'en ai lu que trois : "Les Ames Perdues" (correct, sans plus), "Les Profanateurs" (j'ai détesté) et donc cette "Vie Secrète ..."

L'action se situe dans une petite université américaine (Michael Collins est irlandais mais vit aux Etats-Unis), Bannockburn, où végète, depuis des années, E. Robert Pendleton, professeur de littérature et de composition littéraire qui a rêvé, en son temps, d'être un auteur reconnu. Mais d'autres, plus chanceux ou plus opportunistes, l'ont dépassé sur cette route glorieuse mais semée d'embûches, notamment Allen Horowitz, qui fut jadis son condisciple et que l'université s'apprête à recevoir aujourd'hui même pour un symposium.

Chargé de recevoir l'homme qui caracole sur la liste des best-sellers, Pendleton se rend à l'aéroport avec le photographe du campus, Henry James Wright, un ancien élève avec lequel il ne s'est jamais entendu, et Adi Wiltshire, une "éternelle étudiante" qui doit cependant se presser pour achever sa thèse de doctorat si elle ne veut pas voir disparaître les aides qu'elle perçoit de l'université.

C'est sur la route du retour vers Bannockburn, au volant de son automobile, que Pendleton prend la décision de mettre fin à ses jours ...

Mais l'intervention d'Adi, à laquelle il a d'ailleurs légué son fonds personnel de documents et sa bibliothèque, le sauve ''in extremis''. Il s'en tire - si l'on peut dire - avec de graves séquelles qui nécessitent une présence permanente à son chevet. Adi se dévoue et c'est ainsi qu'elle découvre, dans la cave de Pendleton, une caisse de livres intacts, les multiples exemplaires d'un roman de Pendleton inconnu du public parce qu'édité en tirage confidentiel, et intitulé : "Le Cri."

"Le Cri" est un roman formidable, probablement le meilleur de son auteur, celui en tous cas qui prouve que, malgré tous ses échecs, malgré l'incompréhension littéraire qui l'a suivi toute sa vie, Pendleton était un authentique écrivain. Son intrigue met en scène un professeur d'université hanté par l'idée du Surhomme nietzschéen et qui s'autorise le viol et le meurtre gratuits d'une adolescente de treize ans.

Mais là où rien ne va plus pour Adi, c'est quand elle réalise les liens entre la fiction imaginée par Pendleton et l'assassinat, dans des circonstances identiques, de la jeune Amber Jewel, disparue dix ans plus tôt. Le pire, c'est que le roman a été édité - la facture de l'imprimeur le prouve - avant que le cadavre n'ait été découvert ...

Ca se lit à la fois comme un polar et comme une réflexion troublante sur l'écriture, la création, les livres et la connaissance. C'est aussi une critique acerbe sur la vie universitaire américaine et sur la médiocrité à laquelle elle peut condamner certains de ses meilleurs éléments sous prétexte qu'ils refusent les étiquettes. Le style est simple et assuré, et les personnages crédibles.

Si vous n'avez jamais lu Michael Collins, c'est par "La Vie Secrète de E. Robert Pendleton" que je vous conseille de l'approcher pour la première fois.
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Sam 31 Mai - 12:42

Les Profanateurs

Frank et Honey ont un petit côté Sailor et Lula, couple au trait fort, un peu improbable et délicieusement décalé.
« En quatre ans d’anglais, j’ai tout lu, Honey. Je suis sans doute le connard le plus cultivé qui ait jamais fait cuire un hamburger. »
Accompagnés de leurs deux gosses non moins pittoresques, entre Robert Lee l’ado provocateur et Ernie l’enfant dans son monde de dinosaures, ils prennent la route pour changer de vie en ce début de roman.
C’est d’ailleurs un des thèmes, le changement, ce qui a existé et n’est plus, ce qui nous construit et nous détruit.
Autour de ça gravite la mémoire, élément important dans le cas du héros dont on ne sait jamais s’il est schizophrène ou amnésique. Son problème, savoir ce qui s’est vraiment passé autour de ses parents morts dans un incendie quand il était enfant. Ce qui implique toute la famille, oncle, cousin, leurs liens et les non-dits.
Il est question de choix, de la société américaine et de la diversité qui la compose avec une préférence pour ses paumés, à l’image de Baxter l’agent de surveillance de l’université.
Je pense à ce fabuleux passage où Frank kidnappe un type dans un bar en pointant son doigt comme un flingue dans le bas des reins et lui fait croire qu’il est Dieu.
J’ai trouvé l’ensemble profondément sensible, très fort pour créer une ambiance, comme dans ce motel avec les odeurs de chlore de la piscine, sur la route avec tous les éléments qui la composent, ou encore dans la pension de famille avec cette vieille femme qui vit dans le passé.

« Il était gros et fatigué comme des flics de films. Quand il s’est assis, ses cuisses se sont étalées comme deux énormes poires. »

Au travers d’une quête de vérité, un monde défile, de la petite Amérique et ses petites gens, avec beaucoup de tendresse pour eux.
La vérité, simple et pragmatique quand on l’a supposée parfois fantastique, se dévoile tout à la fin, alors qu’une autre famille s’est décidée pour le départ et le changement. La boucle est bouclée.

Bref, j'ai beaucoup aimé ce livre.


Dernière édition par gemini le Dim 1 Juin - 11:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Sam 31 Mai - 19:31

Tu parles des Profanateurs ?
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Le travail est la malédiction des classes buveuses. (Oscar Wilde)

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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Dim 1 Juin - 11:57

Hum oui, merci Julie, je corrige !
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 27 Juin - 17:51

Les âmes perdues

En lisant Les âmes perdues, des bouts d’ambiance du film Copland de James Mangold et du roman De beaux lendemains de Russell Banks me sont revenus en tête. Les salauds ordinaires de chez Jim Thompson aussi, tout comme le maire pourri des Dents de la mer qui veut préserver la bonne image de sa ville à tout prix. « Un rêve américain où l’honnêteté et le dur labeur sont récompensés. » On retrouve tout ça dans l’histoire que plante Michael Collins autour de la mort d’une petite fille de trois ans, retrouvée sur le trottoir dans un tas de feuilles, écrasée par une voiture.

Les évènements qui vont s’enchaîner dans cette petite bourgade américaine, à l’ombre de la grande ville Chicago, vont mettre en avant les failles et les contradictions d’une société moderne, tout comme les faiblesses des individus. Par leur lâcheté et leur compromission, le maire, le commissaire et le flic chargé de l’enquête vont faire entrer la tragédie dans le doux rêve américain. « Nous ne recherchions pas la vérité mais le mythe. » On suppose une terrible mais non moins banale magouille qui va engloutir beaucoup de monde, avant que Michael Collins ne nous retourne comme une crêpe à la fin du bouquin.

Portrait de l’Amérique, avec Halloween, Jane Fonda et ses cassettes de gym, les grosses bagnoles et l’industrie qui a abandonné les villes en laissant son cortège de misère. Portrait d’individus désillusionnés qui se raccrochent à la religion, à un championnat de base-ball pour rêver, et comblent leurs manques par une malbouffe croissante, chacun se dépatouillant avec sa vie, son divorce, ses rêves avortés.

Je rejoins MDV sur l'écriture qui n'a rien de transcendante (problème de traduction ? d'emploi du passé composé ? - ça ne n'y avais pas pensé et c'est bien possible), mais grâce à l'histoire et au point de vue, l'ensemble fonctionne.
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MessageSujet: Re: Michael Collins.   Ven 27 Mar - 20:22

Les profanateurs

Frank et Honey ont un petit côté Sailor et Lula, couple au trait fort, un peu improbable et délicieusement décalé.
« En quatre ans d’anglais, j’ai tout lu, Honey. Je suis sans doute le connard le plus cultivé qui ait jamais fait cuire un hamburger. »
Accompagnés de leurs deux gosses non moins pittoresques, entre Robert Lee l’ado provocateur et Ernie l’enfant dans son monde de dinosaures, ils prennent la route pour changer de vie en ce début de roman.
C’est d’ailleurs un des thèmes, le changement, ce qui a existé et n’est plus, ce qui nous construit et nous détruit.
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Je pense à ce fabuleux passage où Frank kidnappe un type dans un bar en pointant son doigt comme un flingue dans le bas des reins et lui fait croire qu’il est Dieu.
J’ai trouvé l’ensemble profondément sensible, très fort pour créer une ambiance, comme dans ce motel avec les odeurs de chlore de la piscine, sur la route avec tous les éléments qui la composent, ou encore dans la pension de famille avec cette vieille femme qui vit dans le passé.

« Il était gros et fatigué comme des flics de films. Quand il s’est assis, ses cuisses se sont étalées comme deux énormes poires. »

Au travers d’une quête de vérité, un monde défile, de la petite Amérique et ses petites gens, avec beaucoup de tendresse pour eux.
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