mile21
Littérophage Aloysiusbertranophile




Nombre de messages: 674
Age: 58
Localisation: Bourgogne
Emploi: neant
Loisirs: poesie, musique
Date d'inscription: 24/08/2009
|
Sujet: Si c'est un homme - Primo LEVI Jeu 5 Nov - 9:17 |
|
|
"SI C'EST UN HOMME"
Ce livre-document de Primo LEVI est à lire.
Bien sûr, le "Lager", "Auschwitz", mais aussi combien de croquis, de remarques sur l'homme aux prises à l'effroyable.
"Et justement, poussé par la soif, j'avise un beau glaçon sur l'appui extérieur d'une fenêtre. J'ouvre, et je n'ai pas plus tôt détaché le glaçon qu'un grand et gros gaillard qui faisait les cent pas dehors vient à moi et me l'arrache brutalement. "Warum ?" dis-je dans mon allemand hésitant. "Hier ist kein warum" ( Ici, il n'y a pas de pourquoi ), me répond-t-il en me repoussant rudement à l'intérieur."
"Hier ist kein warum " : quelle réplique terrifiante !
_________________ Pour l'idéaliste, l'existence n'est pas nécessaire à la vérité qu'il conçoit - Albert Thibaudet
http://aloysiusbertrand.blogspot.com
|
|
Lucile
Littérophage Notabéniste.



Nombre de messages: 114
Age: 43
Localisation: à l'Est
Emploi: gardienne
Loisirs: lecture, musique, jardinage, randonnées, voyages
Date d'inscription: 21/07/2009
|
Sujet: Re: Si c'est un homme - Primo LEVI Jeu 5 Nov - 13:33 |
|
|
Effectivement, ce texte de Primo Levi se distingue des autres témoignages sur les camps de concentration que j'ai lus en cela que Levi fait également un travail d'anthropologue. Il nous dit comment réagit l'être humain quand il lutte pour rester un être humain. J'ai beaucoup appris en lisant ce livre et contrairement à d'autres témoignages sur les camps de concentration, en lisant Si c'est un homme, le lecteur ne peut se faire voyeur : tout est dit avec des mots justes et simples, sobrement, sans qu'il soit nécessaire de s'appesantir sur l'horreur, sans description détaillée et presque complaisante de la souffrance.
Je mets un autre extrait. Il se situe dans le chapitre intitulé "Le Voyage" :
| Citation: | | Une femme avait passé tout le voyage à mes côtés, pressée comme moi entre un corps et un autre corps. Nous nous connaissions de longue date, et le malheur nous avait frappés ensemble, mais nous ne savions pas grand-chose l'un de l'autre. Nous nous dîmes alors, en cette heure décisive, des choses qui ne se disent pas entre vivants. Nous nous dîmes adieu, et ce fut bref : chacun prit congé de la vie ne prenant congé de l'autre. Nous n'avions plus peur. |
|
|