Masques de Venise
Mécréante Suprême




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Loisirs: Tout ce qui concerne les mots et les livres.
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Sujet: Mon Antonia - Willa Cather Ven 10 Juil - 21:13 |
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My Antonia Traduction : Blaise Allan
Personnages
Comme toujours chez Cather, le rapport avec la Nature est d'une intensité dont le lecteur se rend compte avec un émerveillement qui va croissant. Pourtant, l'écrivain ne renonce jamais à la cadence tranquille qu'elle affectionne et qui, sans en avoir l'air, avec une simplicité époustouflante, établit le lien entre l'homme, la Terre-Mère, l'Univers et enfin ce qu'il peut y avoir derrière cet Univers. Dans l'extrait suivant, le petit Jim Burden, qui vient de perdre ses parents et se retrouve chez ses grands-parents paternels, fait, avec l'apprentissage de la campagne, une autre découverte, encore plus enivrante :
| Citation: | | [...] ... Je m'assis au milieu du potager - les serpents n'auraient guère pu s'approcher sans être vus - et j'appuyai le dos contre un potiron jaune, que le soleil avait tiédi. Quelques coquerets, chargés de fruits, poussaient le long des sillons. J'écartai les gaines triangulaires qui protégeaient les fruits - on aurait dit des enveloppes de papier - et je mangeai quatre ou cinq baies. Tout autour de moi, des sauterelles géantes, deux fois plus grosses que les sauterelles de Virginie, faisaient de l'acrobatie parmi les feuillages desséchés. Les rats à bourse couraient sur le sol labouré. Dans le fond du vallon, le vent ne soufflait pas très fort, mais je l'entendais bourdonner sa chanson là-haut, sur la plaine où ondoyaient les hautes herbes. Sous mes jambes, la terre était chaude ; elle était chaude aussi quand je l'écrasais entre mes doigts. D'étranges petits insectes rouges apparurent et tournèrent autour de moi en escadrons flâneurs. Ils avaient le dos laqué de vermillon et semé de taches noires. Je restais aussi immobile que possible. Il ne se passa rien. D'ailleurs, je n'attendais aucun événement. Semblable à un potiron, j'étais simplement quelque chose qui gisait sous le soleil et recevait ses rayons, et je n'en demandais pas davantage. Je me sentais parfaitement heureux. Peut-être est-ce là ce qu'on éprouve quand on meurt et qu'on devient partie d'un grand tout, que ce soit l'air et le soleil, ou la bonté et la connaissance. Je ne sais pas, mais le bonheur, c'est ça : se dissoudre dans un grand tout. Et quand le bonheur nous vient, il nous vient aussi naturellement que le sommeil. ... [...] |
L'art avec lequel l'écrivain passe de l'enfant sur le sol à l'enfant se confondant peu à peu avec lui et, de là, avec l'univers, le cosmos, le Grand Tout ... est à couper le souffle.
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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Dernière édition par Masques de Venise le Dim 12 Juil - 16:22, édité 1 fois
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Sujet: Mon Antonia : Ambrosch Ven 10 Juil - 21:34 |
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L'un des personnages les moins sympathiques de "Mon Antonia" n'est autre que le frère aîné de l'héroïne, Ambrosch. Courageux et dur au travail, il est aussi très près de ses sous et il émane de lui quelque chose de faux, et ceci quoi qu'il fasse. Il est en outre l'enfant préféré de Mrs Shimerda et l'écart se creuse encore lorsque Mr Shimerda, quelques mois après leur arrivée au Nébraska, se suicide (ou est assassiné, les choses ne sont jamais clairement établies). Le père en effet adorait sa fille et voulait à tout prix qu'elle fît des études.
Les choses ne se dérouleront pas comme il l'avait prévu mais au moins, grâce à l'appui des Burden, Antonia parviendra à échapper à l'exploitation familiale et à obtenir une bonne place à la ville. Mais ce ne sera pas sans peine :
| Citation: | | [...] ... Mrs Harling et Frances [épouse et fille d'un riche notable de Black Hawk, ville où la famille Burden s'installe dans la seconde partie du livre] avaient eu une longue discussion avec Ambrosch au sujet de l'allocation qu'Antonia recevrait pour ses vêtements et son argent de poche. Selon l'idée d'Ambrosch, c'était à lui que les gages de sa soeur devaient être payés chaque mois, payés jusqu'au dernier centime, et c'était lui qui achèterait à Antonia les vêtements qu'il estimerait nécessaires. Lorsque Mrs Harling déclara fermement qu'elle réserverait cinquante dollars par an pour l'usage personnel d'Antonia, il prétendit qu'on attirait sa soeur en ville avec l'intention de l'habiller comme une dame et d'en faire une mijaurée. Mrs Harling nous fit une description colorée du manège d'Ambrosch pendant l'entrevue ; il bondissait à chaque instant et enfonçait sa casquette sur la tête, comme s'il mettait un point final à toute l'affaire ; sa mère le tirait alors par la veste et lui donnait des conseils en tchèque. Au bout du compte, Mrs Harling consentit à payer trois dollars par semaine les services d'Antonia - de bons gages à l'époque - et à lui fournir les chaussures. Ces chaussures d'ailleurs avaient donné lieu à une vive discussion ; Mrs Shimerda était arrivée à convaincre Mrs Harling en promettant de lui envoyer chaque année trois oies grasses, pour "être quitte." ... [...] |
_________________ Ecrasons les Infâmes ! - D'après (et avec la bénédiction posthume de) Voltaire
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