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Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2730 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
 | Sujet: Woody Allen Mar 18 Juil - 14:59 | |
| Dans un restaurant new yorkais, quatre amis dînent en parlant théâtre. Il y a parmi eux deux auteurs, l’un tragique, l’autre comique, et ils ne sont pas d’accord sur la question : l’essence de la vie est-elle comique ou tragique ? Lorsqu’un des convives raconte l’histoire qui est arrivée à une jeune femme que connaissent des amis à lui, ils se saisissent tous les deux de ce sujet et le réinterprètent selon leur sensibilité. Ce sont ces deux réinterprétations croisées que présente le film, dans une mise en abyme agréable.
La jeune femme en question s’appelle Melinda (Radha Mitchell). Dans la version tragique, Melinda débarque, complètement perdue, chez un couple d’amis, Laurel (Chloë Sevigny) et son mari Lee (Jonny Lee Miller), acteur sans emploi, qui sont en train de recevoir à dîner (et d’essayer d’impressionner) un producteur qui pourrait engager Lee. Melinda vient de vivre des moments difficiles : fatiguée de jouer les femmes de médecin et les mères idéales dans le Midwest, elle s’est engagée dans une aventure avec un autre homme, mais ça s’est mal terminé. Son mari a exigé le divorce et a obtenu la garde des enfants. Melinda se retrouve abandonnée de tous et sombre dans la dépression. C’est là qu’elle a l’idée d’aller chez son amie d’enfance Laurel, et, donc, qu’elle fait irruption en plein milieu du dîner. Laurel et une autre amie d’enfance, Cassie (Brooke Smith), se mettent en tête de trouver un autre homme à Melinda pour lui changer les idées. Mais celle-ci ne tombe pas amoureuse de celui qui lui conviendrait…
Melinda version comique est aussi à la recherche de l’homme de ses rêves, mais cette fois elle n’a pas de mari ni d’enfants. Elle vit dans le même immeuble que Susan (Amanda Peet), une cinéaste indépendante, et Hobie (Will Ferrell), son mari acteur qui a du mal à trouver des rôles corrects. Melinda interrompt cette fois encore un dîner, et perturbe les espoirs des hôtes qui reçoivent là aussi un producteur (mais pour Susan) ; mais, loin de se laisser dériver et de céder au désespoir comme son alter ego tragique, c’est un personnage léger même dans des moments difficiles et elle fait rire le spectateur même quand elle ne va pas bien. Comme dans toute comédie sentimentale qui se respecte, il y a des chassés-croisés amoureux, les personnages cherchent à séduire celui ou celle qu’ils croient aimer et non pas celui ou celle qu’ils aiment vraiment, mais tout finit par rentrer dans l’ordre… Un autre grand ressort comique exploité ici aussi est le fait que le spectateur se rend compte avant les personnages de ce qui se passe derrière leur dos.
Les deux histoires sont intercalées, ce qui évite une impression de manichéisme tranché qui gâcherait le film, et lui donne même un certain relief. Les dialogues sont bien écrits, émouvants ou drôles selon la perspective dans laquelle ils s’inscrivent, et les personnages sont crédibles, notamment Radha Mitchell, magnifique dans les deux rôles, qui réussit une performance remarquable.
C'était la deuxième fois que je voyais ce film, mais j'ai passé un excellent moment sans impression pénible de déjà-vu. Si vous cherchez un film profond vous serez probablement déçu, car Woody Allen reste beaucoup dans les conventions des genres qu'il traite et ne creuse pas énormément ses personnages, mais en tant que tragi-comédie qui divertit et émeut le spectateur sans qu'il ne se pose trop de questions, c'est à conseiller.
[Petit bémol sans trop d'importance : j’ai eu du mal à entrer dans la scène du dîner chez Laurel et Lee ; vous allez me dire que c’est pour une très mauvaise raison, mais je ne me laisse pas entraîner lorsque je vois deux personnages désargentés (un acteur qui ne joue pas beaucoup et une prof de musique) vivre dans un énorme appartement lambrissé en plein New York… Pas très vraisemblable, mais enfin, ça donne de belles images…] _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
|  | | Dinou Ataraxique

   Age : 24 Inscrit le : 30 Oct 2005 Messages : 457 Localisation : Paris Emploi : Etudiante agrégative en philosophie Loisirs : Philosophie, littérature, cinéma
 | Sujet: Re: Woody Allen Lun 4 Sep - 15:19 | |
| Moi j'ai été très déçue par ce film. D'abors, c'est très court, et conséquemment, on n'a pas tout le temps de s'installer dans le rôle. Ensuite, le tragique comme le comique restent ternes. On se demande même parfois si l'un ne vient pas contaminer l'autre. Du coup, on n'aboutit pas vraiment à une tragédie ou à une comédie, mais plutôt à deux choses un peu tiède qui penche très légèrement en faveur de l'un ou de l'autre. Disons que l'un se termine bien et l'autre un peu moins.
Et puis bizarrement, je n'ai pas trouvé Melinda si exceptionnelle que cela. Je l'ai trouvé très agaçante cette actrice au final.
Alors oui, on est avec Woody Allen, et on passe un moment agréable, mais sans plus... Un peu faiblard à mon goût.
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   Age : 32 Inscrit le : 04 Avr 2006 Messages : 7114 Localisation : Paris Emploi : Passionnant mais indescriptible... Loisirs : Littérature, Cinéma, Photo, Cuisine
 | Sujet: Scoop - Woody Allen Jeu 9 Nov - 11:16 | |
| En vacances chez des amis anglais, Sondra Pransky, jeune américaine étudiante en journalisme, participe, lors d’une soirée de music-hall, au numéro du magicien Splendini. Alors qu’elle est enfermée dans la boîte qui doit la « dématérialiser », elle voit apparaître le spectre de Joe Strombel, célèbre journaliste d’investigation disparu depuis peu. Le fantôme lui annonce que, juste avant sa mort, il était sur la piste du « Tueur aux tarots », et qu’il a acquis la certitude qu’il s’agit de Peter Lyman le fils de Lord Lyman. Après s’être ouverte de sa rencontre à Splendini – dont le véritable nom est Sid Waterman – Sondra décide de prendre la suite de Strombel. Elle approche Lyman junior, prenant au passage le pseudonyme, plus glamour, de Jade Spence, et tente de collecter les indices qui lui permettront de le confondre. Petit problème : elle tombe bientôt amoureuse de sa cible…
Les ingrédients d’une jolie comédie policière, des acteurs - pour la plupart - à la hauteur, un réalisateur qui, pour ceux qui apprécient son style, a largement fait ses preuves : cela aurait pu donner un très bon film. Je m’y suis d’ailleurs laissé prendre et, si j’avais écrit à juste après la séance, ou encore le lendemain, j’aurais eu un ton enjoué, charmé ! Le problème est que, comme un vin court en bouche, l’impression se délite petit à petit, le plaisir lié à quelques moments véritablement savoureux du film laisse la place à un goût de « trop peu », au sentiment que seule la surface des choses a été touchée, que les personnages n’ont pas de profondeur, qu’on a affaire à un tableau à deux dimensions, sur lequel serait apposé un vernis constitué des blagues et allusions-fétiches de Woody Allen. Certains éléments, certes, rappellent des films intéressants du maître new-yorkais, notamment une photographie toujours impeccable et la faconde de l’acteur-réalisateur (un rien énervante cependant dans sa répétitivité). Scarlett Johansson continue à faire preuve de ses capacités à incarner des personnages divers, et cela fait du bien de voir Hugh Jackman débarrassé des favoris de Wolverine (X-Men), bien qu’il soit un peu trop lisse à mon goût (mais c’est peut-être, justement, lié au fait qu’il se soit rasé ? ). En résumé, j’espère que le prochain Woody Allen me convaincra un peu plus (comme, parmi ses derniers opus, il était parvenu à le faire dans Melinda & Melinda – je n’avais pas outre-mesure apprécié Match Point). |
|  | | Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2730 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
 | Sujet: Re: Woody Allen Jeu 9 Nov - 12:01 | |
| Un film qui fait pschit, comme dirait quelqu'un ?  _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
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