Julie Grande Prêtresse du Livre


   Age : 27 Inscrit le : 31 Mar 2006 Messages : 2659 Localisation : Paris, hélas Emploi : Libraire Loisirs : Lecture, cinéma, musique et découvertes en général
| Sujet: Chronique d'un scandale - Richard Eyre Lun 26 Mar - 20:06 | |
| Sheba Hart (Cate Blanchett) arrive dans un collège anglais dans une zone difficile pour officier en tant que prof de dessin. Testée par les gamins totalement indisciplinés, elle ne sait pas trop comment faire face et se retrouve plongée dans le désarroi. Une de ses collègues, Barbara Covett, qui est une prof « à l’ancienne » respectée mais aussi une vieille fille qui a des a priori plutôt négatifs sur cette belle jeune femme à l’air idéaliste et un peu irréaliste aussi (il faut entendre les extraits impitoyables et ironiques de son journal intime lus en voix off), se lie avec elle, par curiosité. Les deux femmes s’entendent bien, et de fil en aiguille, de discussions avant les cours en repas pris ensemble à midi, deviennent amies. Sheba invite Barbara chez elle, dans son intérieur "bobo", et lui présente son mari bien plus âgé qu’elle, son fils trisomique et sa fille en pleine crise d’adolescence. Elle l’emmène aussi dans son atelier, au fond du jardin, son refuge loin de la vie familiale agitée – « une chambre à soi », se dit Barbara citant Woolf. Les notes dans le journal de Barbara deviennent plus amicales, voire enthousiastes. Voire exaltées.
Un jour, sans être vue, elle surprend Sheba avec un de ses élèves dans une situation qui laisse planer peu de doutes puisqu’ils sont en train de se caresser en se déshabillant fébrilement. Elle lui laisse entendre, plus tard, qu’elle l’a vue avec lui, et qu’il faut cesser tout de suite ce jeu dangereux. Désespérée, Sheba lui fait promettre de ne rien dire aux autorités scolaires. Mais c’est sans compter avec la perversité d’une vieille fille aigrie et les sentiments qu’elle lui porte et qui vont bien au-delà de l’amitié… Barbara sent qu’elle a le pouvoir, et elle compte bien en profiter…
Un très bon film, servi par des interprètes remarquables. Judi Dench nue dans sa baignoire pendant quelques secondes nous fait sentir toute la frustration affective et sexuelle de son personnage, et nous montre combien la solitude lui pèse, et qu’il s’agit d’une solitude bien plus profonde que celle de quelqu’un qui supporte mal le célibat. Cate Blanchett en jeune femme un peu rêveuse qui se rend compte qu’elle est prise au piège est totalement convaincante. Son pétage de plombs devant les journalistes assoiffés de scandale est impressionnant. A voir ! _________________ Ecrire de la fiction, c'est comme se souvenir de quelque chose qui ne s'est jamais passé. (Siri Hustvedt)
Work is the curse of the drinking classes. (Oscar Wilde) |
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