Séraphine
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Sujet: C. L. Harness - La rose Mar 24 Juin - 11:12 |
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Quand on fait des recherches sur Harness, on tombe invariablement sur la même information : c’est un génie méconnu.
Encore un !
Je ne le nie pas, mais j’ai eu du mal à finir son ouvrage phare « La rose ».
C’est une forme d’essai romancé, qui ne manque certes pas de lyrisme et de psychologie, mais reste abstrus. Trop d’idées tuent la forme. Autant écrire directement de la philo !
Nous suivons les conversations d’un trio détonnant : une psychiatre, un artiste et sa femme qui est scientifique.
Ces profils, différents dans leurs convictions, s’affrontent pour savoir si la science prime l’art ou l’inverse.
L’art est-il absurde, inutile ou au contraire une géniale intuition menant à la connaissance ?
La science est-elle seule maîtresse du savoir, grâce à sa faculté d’analyse et de raisonnement ?
La psychiatre est également mélomane. Elle écrit un ballet, dont le décor se situe dans un jardin de rose blanches. Dedans, il y a un étudiant qui souhaiterait voir une rose rouge, et un rossignol, réceptif à sa complainte, s’empale sur une épine pour maculer de quelques gouttes de sang une des roses. Cet acte signera la réalisation d’un vœu intime, mais aussi le sacrifice de l’oiseau...
Allégorie complexe, lisible sur plusieurs niveaux. (Tellement d’ailleurs, que même Freud y aurait perdu son binocle !).
La psychiatre n’arrive pas à terminer son œuvre et à écrire le chant final, le chant du rossignol, qui est le chant de la mort.
L’artiste, Jacques, est un personnage mystérieux, quasi immatériel, affligé de difformités physiques mais à la présence forte et décalée.
Il déteste son épouse, ce qui est bien réciproque. Cette femme n’est qu’une machine à idées. Glaciale, mécanique, brillante, virtuose, mais effrayante et totalement déshumanisée.
La savante butée s’oppose évidemment à la psychiatre et à son mari.
Ces deux derniers flottent aux frontières mentales de toutes les possibilités...
La psychiatre tombe naturellement amoureuse de l’artiste. Je vous passe les détails de ce huis clos d’échanges plus intellectuels que sentimentaux.
La psyché, la création, l’onirisme et même la télépathie sont omniprésentes.
C’est une œuvre qui débat.
L’auteur ayant une formation pluridisciplinaire, on suit (subit ?) ses réflexions, ses tâtonnements et sa quête pour appréhender le monde.
Sa conclusion est que l’art n’est pas irréconciliable avec la science. Le style est ampoulé, concis, dense. On relit parfois deux fois le même paragraphe qui contient quatre idées.
Le texte est érudit, bourré de références mathématiques et picturales.
Il faut digérer.
C’est un chef d’œuvre.
Certes.
(Mais qui m’a quand même bien gonflée !)
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Carla
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Sujet: Re: C. L. Harness - La rose Mar 24 Juin - 17:43 |
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| Séraphine a écrit: | C’est un chef d’œuvre.
Certes.
(Mais qui m’a quand même bien gonflée !)
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Ouf ! en voilà un que je ne lirais pas ! Tant pis pour le chef d'oeuvre !
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